lundi 31 août 2015

Etat chronique de poésie 2579





2579

Corrette - Chamber Music (Nouveau Quatuor)
.


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On ne s'arrête pas où bruit se propage
On ne fait que passer vers d'autres cieux
.
Ce qui se nomme musique ici
Se démontre en décibels
.
Les biens-vus mais rien à dire
Les furieux du cachet
Occupent la place
.
Que solstice donc passe
Où se déchaînent sans vergogne
Les mêmes uniformes
En langue de Shakespeare
.
Rien contre
Rien pour non plus
.
D'autres soifs à abreuver
Voilà

*

Soif de vrai
Soif sensible
Seulement abreuvée
Aux sources apaisées
.
Nulle prise où brancher
Tes tonitruantes mélodies
Juste une voix et six cordes
Tendues sur l'âme de bois
.
Soif de vrai
Soif sensible
Seulement abreuvée
Aux sources apaisées
.
Ouvre donc les parois
Où sonne encore les coups
D'un cœur apitoyé
Penché sur triste sort
Et chante
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22 juin 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

dimanche 30 août 2015

Etat chronique de poésie 2578





2578

Ta P'tite Flamme- Amélie-Les-Crayons
.


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Ce qu'il faut de subtil
Aux crépuscules de tendresse
De petits mots lancés
Au revers du tableau
Lorsque s'en vient la nuit
Douces complicités lovées
Au revers des mots doux

*

Plonge
Plonge en l'oubli
De ces ondes
.
Monde
En quelles pensées encore
Te sacrifier l'amour
.
Puisque toujours broie
Ce qui est de vie
A l'unisson des tendresses

*

Lorsque nuées noires
S'amoncellent au crépuscule
Tu vas d'un pas somnambule
Ouvrir tes bras décharnés
.
Ne sont plus que fumée
Tes rêves d'égalité
Ne sont plus qu'ombre
Tes désirs de liberté
Ne sont plus que poussière
Tes folles attentes de justice

*

Lorsque nuées noires
Couvrent de leur voile impudique
Les heures somnolentes du soir
.
Tu tente un ultime rêve
Juste avant ton naufrage
Juste avant la noyade
Sur les récifs acérés
Des tumultueuses tyrannies
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21 juin 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

samedi 29 août 2015

Etat chronique de poésie 2577





2577

Jan Garbarek, Mari Boine, Evening Land
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De si loin
A l'écoute de la beauté
Oublier
.
Evadé
Tu arpentes
Les terres solitaires
Les cimes imaginaires
.
T'absentes
T'évapores
Aux aurores délicates
Où frais s'en vient
Poser sur ton front
Ephémère attention

*

Un matin tu te lèves
Dessine sur les nuées
Folles galaxies
Où cœurs vont se croisant
Dans une symphonie heureuse
.
Il t'en faut
De ces aurores
De ces délicates brumes
Posées sur des veilles d'été
.
Tu écris un printemps permanent
Où les mots ne seraient pas simples traces
Aussi vite oubliées que funestes paroles
.
Tu écris pour ouvrir un chemin
Lever les ultimes barrières
Eveiller les cœurs purs

*

Ici et là dansent quelques papillons
Dans la lumière hâtive
D'un crépuscule perdu
.
La foule au loin vocifère
Et toi tu restes coi
.


20 juin 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

vendredi 28 août 2015

Etat chronique de poésie 2576





2576

Alfred Schnittke: Agony (1974/1981)
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C'est long l'agonie d'un monde
Surtout lorsque tu y participes
Mais sans le savoir
.
C'est long l'agonie d'un monde
Surtout lorsque tu te contentes
De pleurer sur ton sort
Sans un geste
Pour te défendre
.
Tristes pantins qui gouvernent
Sombres trafiquants qui baignent
Au fleuve de juteuses finances
Honte à chaque heure
Etalée en une
Sombres corrompus
Discours trempés
Au lisier des idées toutes faites
C'est l'agonie d'un monde
Lorsque dépossédé
Tu ne fais pas un geste
Pour interrompre les souffrances
.
Que tu pleures et te lamentes
N'abrègera point l'agonie
Ils aiment te voir pleurer
Ils aiment te voir soumis
Les cyniques qui te trompent
.
Et tu ne trouves aucun bâillon
Aucune raison d'arrêter le naufrage
Programmé en de sinistres ateliers
Où corruption et mensonge
Se font mamelles odieuses
Nourrissant de leur lait rance
Les peuples aphones
.
C'est l'agonie d'un monde
Si tu ne lèves le petit doigt
Pour sauver celles et ceux
Qui se noient dans ton bain
.


19 juin 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

jeudi 27 août 2015

Etat chronique de poésie 2575





2575

Parfois te faut vivre au gourdin
Avancer comme un âne
Plié sous le fardeau
.
N'est aucun doux zéphyr
Pour soutenir ta démarche
Où s'épuisent tes rêves
.
La page reste blanche
Où ton haleine se fait rêche
Au détour des sentiers pierreux
.
Tu trébuches sous le poids
Baisse la tête et t'obstines
Parfois t'arrêtes d'un coup sec
.
Aucun fouet en cet instant
Ne saurait te faire avancer
Où la poussière te harcèle

*

Jamais un jour ne sait
Se mettre en œuvre légère
Toujours tu plies
Sous le poids de vivre
.
Il n'est aucun paradis
Qui sache éveiller ta plume
Où se déchire ta vie
Sur les récifs aigus
.
Tu sais le naufrage proche
Pose tes oeillères
Pour ne voir que l'étroit sentier
Où ton pas chancelle
.
Ô comme tes songes sont loin
Eux qui un temps te guidaient
Vers un monde avenant
Où tendresse se tenait
A la proue de ton avenir

*

Depuis tu veilles
Observes divines étoiles
En ton ciel sans envergure
L'horizon se fait noir
.


18 juin 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

mercredi 26 août 2015

Etat chronique de poésie 2574





2574

Ouvrir la page
Tant que force encore
Aux yeux lourds
Laissent mots pantois
.
A poings rageurs
Dents acérées
Voudrais bien
Briser tes chaînes
Toujours se resserrent
Sur tes chevilles entravées
.
Ainsi vas-tu
Sur les passages du temps
Rêvant toujours
De rêves bondissant
Hors d'eux-mêmes
Dansant au cœur des rues
Une sarabande de liberté
.
Toujours tu reviens
Le drapeau de tes pensées en berne
Poussant du pied la porte qui résiste
Où sombres huissiers ont posé les scellés

*

Nous sommes quatre-vingt dix neuf pour cent
Qu'ils disent
Rompant un instant le mur épais du silence
.
Puis retombe le couvercle
Où tu croyais pouvoir
Déployer tes ailes

*

Protestations étouffées
Vont les notables et les notaires
Poser leurs ventres repus
Aux tables garnies
En vols et recels
.
A chaque minute qui t'échappe
Tu ne sais de quel mot encore
Toiser les orages
.
Tes yeux livrent leur pluie
De larmes sur tes défaites
.


17 juin 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

mardi 25 août 2015

Etat chronique de poésie 2573





2573

Bercé d'illusions
Tu avances dans la vie
Sans rien voir de tes absurdes rêves
.
Toujours te cognes
Aux murs par toi-même dressés

*

Chaque jour qui passe
Tu navigues au jugé
Parfois même aux préjugés
.
Jamais ne mesures
Le tort et les blessures
Tu vas
.
Tu vas en aveugle
Si fier de tes bonnes raisons
Que rien ne viendrait contrarier
Le cours borgne de tes rêves sans fin

*

Où s'arrête ton innocence
En quels jeux sournois vacilles-tu
N'en sais rien et méprise
.
Que femme soit soumise
Au fond t'indiffère
Tu vas en ta dictature
Lui imposer ton chemin
.
Mais tiens tout autre discours

*

Tu soulignes d'un doigt rageur
Toutes les contradictions de ce temps
Jamais ne regardes
Ton propre grand écart
.
Ta raison
Serait dominante
Au pays pauvre
De tes rêves éblouis
.
Toujours tu remarques
Chez l'autre le travers
Jamais ne dis un mot
De tes propres entorses
.


16 juin 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

lundi 24 août 2015

Etat chronique de poésie 2572





2572

Oublions
Oublions la laideur froide
.
Dans l'étreinte sublime
Dans les folles caresses
.
Ha!
Connaître l'extase
Doigts aventurés sur peau de velours
.
Que douces collines et frais vallons
S'offrent à la lente exploration des désirs
.
Goûter au nectar d'un acte d'amour
Offert avec la complicité des étoiles
.
Viens
Oublions toutes violences
Dans l'instant doux
Dans l'absolue étreinte

*

Car il n'est plus qu'amour
A brandir comme étendard
Contre le flot impétueux
Des sinistres violences
.
Il te faut simplement
En rechercher la force
Que tout voudrait ensevelir
Sous les décombres de tes songes
.
Que de paroles dites
De nuit comme de jour
Que de poèmes jetés
Au puits des souffrances
.
Un instant te voici penché
Sur la belle endormie
Sur ses lèvres souriantes
Sur sa nue beauté étale
Dans un clair de lune heureux
.
Voici que les rafales s'arrêtent
Au seuil de l'ultime soupir
Où tu demeures sans voix
.


15 juin 2015 

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

dimanche 23 août 2015

Etat chronique de poésie 2571





2571

Toujours soleil au dessus des nuées
Pluies en dessous entre deux éclairs
.
Toujours peine au ras des pavés
Petites joies dans les pierres du chemin
.
Tu avances les yeux ouverts
Mais tu avances
Tu lis dans la partition du ciel
Le chant majeur des oiseaux
Reviens en silence
En la variation mineure
De tes heures de tourmente
.
Toujours soleil au dessus des nuées
Pluies en dessous entre deux éclairs
.
Toujours peine au ras des pavés
Petites joies dans les pierres du chemin
.
Aux grandes peines cherche issue
Aux profondes indifférences cherche éveil
Aux indignes prétentions cherche humilité
Puis dessine en lettres de feu
De plume trempée en la lave cordiale
La nécessité de bâtir
Sur ce champ de ruines
.
Toujours soleil au dessus des nuées
Pluies en dessous entre deux éclairs
.
Toujours peine au ras des pavés
Petites joies dans les pierres du chemin

*

Si tu savais
Sur la corde sensible du temps
Jouer de ces airs à danser
.
Juste pour ébranler ce monde
Juste pour un sourire
Un instant effleuré sur le mur effondré
.


14 juin 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés

samedi 22 août 2015

Etat chronique de poésie 2570





2570

Il fallait que soit grecque la fenêtre bleue

Ouverte sur un espoir tangible et palpable

.

Il fallait que soit grecque la fenêtre bleue


*


Dès lors je ne me contente point de soutenir

Je suis avec et je marche de ce même pas

Un pas de révolté

.

Parce que insupportable se trouve ce monde

Aux abjectes visées de dominations dogmatiques

Laissant derrière lui champ de ruines et de misère

.

Insupportable le rouleau d'une économie

Tuant un à un tous les symboles

Brisant comme les derniers barbares

Toute preuve d'une humanité possible

Au nom du fric et de l'absence d'esprit


*


Je ne me contente pas de soutenir

Je marche avec

.

Je ne marche pas contre

Je marche du même pas

Celui qui demain au Parthénon

Fera entendre voix renouvelée

D'une démocratie à réinventer

.

N'en déplaise aux seigneurs de la banque

Leur dieu minuscule ne me fait pas rêver

Tandis que l'homme et la Grèce oui


*

Il fallait que soit grecque la fenêtre bleue

Ouverte sur un espoir tangible et palpable

.

Il fallait que soit grecque la fenêtre bleue


Je n'aurai jamais assez de mots

Pour qu'elle demeure ouverte


*

Par la porte ouverte du cœur
Vient encore un rébétikes
Voix éraillée d'avoir trop chanté
Aux crépuscules des temps anciens
Ils ne veulent plus que muettes complaintes
Au parvis d'une acropole détruite
.


13 juin 2015

© Xavier Lainé, juillet 2015, tous droits réservés