vendredi 31 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2318





2318

Dès lors tu t'avances
Et le jour te rattrape
.
En quels cieux encore
Décliner le mot espoir
Puisque ton horizon
Chaque instant rétrécit
.
Dès lors tu t'avances
Et le jour te rattrape
.
Tu ne sais à quel saint
Vouer chaque heure qui passe
Chaque rêve est proie
Sous le joug de ton passé
.
Dès lors tu t'avances
Et le jour te rattrape
.
Du néant de ta vie
Tu tires encore substance
Mots pour mots te tient dit
En la longue mélopée
.
Dès lors tu t'avances
Et le jour te rattrape
.
Ils sont la traîne et le sillage
Que nul ne viendra prendre
Yeux bandés sur les plaies
Que nulle main ne panse
.
Dès lors tu t'avances
Et le jour te rattrape
.
Tu déclines à l'infini de tes pages
Les soupirs et les larmes
Tu traînes sur tes trottoirs
L'insupportable cohorte des sans abris
.
Dès lors tu t'avances
Et le jour te rattrape
.
En vains soupirs tu ouvres
Les portes du désespoir
.


4 octobre 2014

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

jeudi 30 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2317





2317

C'est matin de juste colère
Lorsqu'à sens solidaire
S'opposent tristes égoïsme
.
Tu cherches la mise en acte
Vivre comme tu penses
Ne pas en rester aux discours
.
A la vigilance de tes actions
S'oppose la logique implacable
Des rentes insatisfaites
Des appétits grossiers
Des petites misères alignées
Sur l'étagère étroite
Des vies en suspends

*

Quelque chose est mort
Sur cette terre
Et c'est l'homme en l'homme
Ce dernier avatar
D'une vie qui ne l'attendait pas
.
Quelque chose est mort
Assassiné
Couteau financier dans le cœur
Où l'homme compte sa monnaie
En large corruptions d'âme
.
Quelque chose est mort
Il te faut l'admettre
Puisque rien ne vient changer
Le rapport d'argent
La facture implacable
Qu'oppose l'un à l'autre
En petites guerres sans fin
.
Quelque chose est mort
Qui ne se rattrapera jamais
Puisque c'est l'homme en l'homme
Qui se suicide au petit feu
De ses grossiers appétits

*

Ici s'élève ton cri
De colère il va
Et son pas rêve encore
.


3 octobre 2014 

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

mercredi 29 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2316





2316

Au marché des noms d'oiseaux
J'ai fait le plein
Ils m'en ont donné
Toute une cargaison
Pour me chauffer l'hiver
.
N'ayant rien pour payer
Que monnaie de singe
Leur ai laissé ma dépouille
A titre de caution
.
D'un monde à crédit
Me voilà à l'unisson
Pris au lasso des jours
Où soif toujours s'étend
.
Vivre ici n'a pas d'autre but
Que de rembourser la dette croissante
Par un travail toujours moins payé
Logique implacable d'énarques sans vergogne
Nourris au biberon de nos impôts déchus

*

Bleu du ciel par la vitre entrevue
Avec petits sommets de feuilles
Demeurées en nostalgies d'été
.
Tu cours après les heures perdues
En vaines recherches de sommeil
Rien ne te rattache
A ce monde essoufflé
.
Tant y retiennent leur soupirs
Tant y laissent couler lave de larmes
Tu attends

*

Vois
Vois par la fenêtre de tes rêves
Une autre source foisonnante
Où se baignent tendres naïades
Petites fées virevoltantes
A leurs épaules de lait
.
Sais-tu ce qui commence
Où la page des vertiges s'ouvre
Sous tes pas d'amertume
.


2 octobre 2014

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

mardi 28 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2315





2315

Au bord de l'abîme
Ta demeure
.
Dessus ciel de brume
Et d'eau 

*


Nuit attardée
Sur les semelles de l'aube
.
Pensées évanouies
Sur pages sans avenir
.
Tu cueilles ultimes fleurs
Partages parcimonieux bouquet
Juste avant effacement

*

Tant qui vont
En narcissiques cortèges
Se montrent et s'admirent
Louent leur propre prose
Si fiers d'eux qu'ils en suent
Suffisance

*

Point de cet univers
Toi qui navigue au secret
Ton île ne dit rien
Elle t'accueille sans un mot
.
Blotti en son antre
Tes yeux fermés
Ne savent se détacher
De la cohorte des cadavres
Voguant sur Mare Nostrum
.
Tu te caches pour pleurer
Voudrait savoir être fier
De tes mots invisibles
A détruire une fois la boite ouverte

*

Ephémère vision d'autres frontières
Ton voyage se poursuit
Quand tu n'aurais point voulu
Pousser si loin en l'âge
.
C'est miracle d'écrire encore
.


1er octobre 2014

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

lundi 27 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2314





2314

Tu vois ce qui vient
Non tu ne vois rien
Tu te contentes de regarder
Et de penser comme on te le dit
.
Ton regard ne sait plus vivre
Sans la permanence
De sons et d'images
Déversés par tombereaux
Sur la table de ta cuisine
.
Tu manges et bois
Dors et baises
Devant l'écran
Plus rien n'a de valeur
Sinon images et sons
Cacophonie du monde

*

Désespérément cherche
Petite oasis de douceur
Pour pensées émiettées
.
Ne sais comment t'y prendre
Perdu le mode d'emploi
Vogue et va
En grands avis de tempêtes
Sur l'océan impitoyable
Où dérivent tes mots

*

Quelque chose s'est brisé
Tu as cassé tes jouets
Fermé derrière toi les ultimes portes
Laissé champ de larmes
En te réclamant de l'amour
.
Rien qui sache te rassasier
Rien qui puisse te désaltérer
Aucune source
Aucun pain amoureusement pétri
.
Tu arpentes les sentiers de chaque jour
Gravi des sommets d'espérances vaines
Toujours ton cœur saigne
Les trottoirs pleurent
Sous des roues de chagrins
.


29-30 septembre 2014

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

dimanche 26 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2313





2313

Je serai là
Mon bouquet de mots à la main
Un peu perdu
Un peu transi
.
J'attendrai que l'aube passe
Que les nuits s'en aillent
Me laissant un peu hagard
Sur la rive insensée
Où l'écriture se fait reine
.
Mes mots en guirlande d'aurore
Se feraient collier
Sur la peau tendre de ton cou
Tu serais la reine de mes matins
.
Je resterai là
Mon bouquet de mots à la main
Un peu perdu
Un peu transi
.
J'attendrai un signe
Un murmure
Un petit souffle
Sur l'échine des rêves
.
Je vacille tu sais
Je tremble au bord des plaies ouvertes
Je rassemble mon troupeau de mots
Pour leur éviter la morsure

*

Je vogue entre deux vagues de doute
Parfois voudrait que s'arrête le tumulte
En mon crâne meurtri d'avoir trop rêvé
.
Je vogue sur cet océan sans rémission
L'horizon sans cesse me fuit
A fond de cale je lime une à une
Les chaînes pesant à mes chevilles
.
Je vogue sur un océan de perdition
Mon île demeure invisible
A mes yeux usés par les mots
Ils sont mes rames et mon gouvernail
Me manque encore le port
.


27 septembre 2014

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

samedi 25 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2312





2312

A n'en plus pouvoir
Tu fulmines
Cadavres encore chaud
Etendus sur l'écran
Images terribles
D'un monde en guerre
Sempiternelle
Jamais interrompue

*

Ils voulaient le choc
Le voilà servi
Visages masqués
Sans courage
.
Les traîtres vont toujours ainsi
Qu'ils ne tuent que dans l'ombre
Ne regardent jamais leurs victimes
S'imaginent soutenus
Par quelque dieu sans esprit

*

Dès lors m'arrête
Contemple la place
Mur de livres à son bout
Qui frémit des pluies de la veille
.
Un silence accompagne mon regard
Ne sais que dire qui sache
En franchir le mur
S'affranchir du déjà dit
Du déjà vu
Du jamais compris

*

Debout devant la porte
J'attendais en vain
Quelque âme bienveillante
Qui viendrait entendre
En quel sang se baigne l'époque
Si semblable à toutes les autres
.
Personne sinon la nuit
Quelques étoiles vacillantes
Au ciel de ma patience
.
Je suis d'une espèce perdue
Qui ne sait que rêver
.


26 septembre 2014 

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

vendredi 24 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2311





2311

Pluie sur mon âme
Pluie sur ton silence
Pluie sur nos mots étouffés
Pluie sur nos consciences endormies
Pluie
.
Pluie sur la page
Pluie sur le pavé
Pluie sur la lettre oubliée
Pluie sur l'espace envoûté
Pluie
.
Pluie sur les pensées
Pluie sur les joues
Pluie sur le chemin perdu
Pluie sur la pierre brisée
Pluie
.
Pluie sur l'amour
Pluie sur nos souvenirs
Pluie sur les brumes
Pluie sur la terre abreuvée
Pluie

*

Quand enfin le ciel s'éclaircit
C'est celui des hommes qui se plombe
.
Vision d'apocalypse
Etoiles éteintes
.
Ils viennent au devant de la scène
Arborent leurs haine blafarde
Cachée sous le masque de l'arrogance
.
Leur Dieu
Ils le tuent

*

Toi
Le jour d'après
Puisque guerre désormais
Tes yeux relisent
Mots lâchés comme meute
Dans le silence ouaté
D'un temps assourdi
Ton temps vacille
.


24-25 septembre 2014 

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés

jeudi 23 octobre 2014

Etat chronique de poésie 2310





2310

Etrange comme le mot paix
Est un mot terrifiant
Regardé avec suspicion
.
Tandis que guerre
Est si courante
Déversée sans limite
En tous points de la terre
.
Etrange comme le mot Paix
Est un mot terrifiant
Regardé avec suspicion
.
Que vous importe
Qu'à l'heure du soir
Vous soient servis
Sur table du salon
Sinistres combats
.
Etrange comme le mot Paix
Est un mot terrifiant
Regardé avec suspicion
.
Banales à votre table
Les têtes tranchées
A l'heure des informations
Ne vous coupent
Même pas l'appétit
.
Etrange comme le mot Paix
Est un mot terrifiant
Regardé avec suspicion
.
Mais voilà qu'à l'heure de dormir
Dans le noir de la chambre
Les petits corps tout chaud
D'enfants exécutés
Qui n'avaient rien demandé
Même pas un souffle de vie
.
Etrange comme le mot Paix
Est un mot terrifiant
Regardé avec suspicion
.
Si banale est la guerre
.


22 septembre 2014 

© Xavier Lainé, octobre 2014, tous droits réservés