mercredi 30 avril 2014

Etat chronique de poésie 2192



2192

Je mettrai sur la table
La somme de ce qui se dit
Ecrit et fait
.
La somme des faits
Et de tes gestes
Ferait une aubade
Puisque de ta musique
Fut seul porteur
M’en ferait colporteur
.
Ne sais très bien
Ce que naissance implique
En ces siècles prédestinés

*

Je t’écoute et regarde
Penché sous la lueur vacillante
.
Un flambeau brille
Dans la nuit viennoise
Tu as laissé perruque poudrée
Sur la table des cartes
.
Je t’écoute et regarde
Penché sous la lueur vacillante
.
Ta main griffonne
S’énerve et rature
Puis revient
Et froisse
.
Je t’écoute et regarde
Penché sous la lueur vacillante

*

Je suis le voyageur d’un temps
Qui ne t’aurait pas reconnu
Tant occupé qu’il est
A d’autres pacotilles
.
Dès lors il détourne
L’œuvre et l’esprit
Pour en faire son commerce
Te voilà proie enterrée
Soumise à la dictature de la monnaie
.


6 avril 2014

© Xavier Lainé, avril 2014, tous droits réservés

mardi 29 avril 2014

Etat chronique de poésie 2191



2191

N’es jamais où devrait être
Toujours en un ailleurs
Dans le sillage de tes rêves
.
Arpentes solitaire
Les trottoirs indéfinissables
Où se couche la lie
Fiel répandu sous les pas nantis
.
J’irai en indicible guerre
Porter paroles pacifiques
Aux secrètes âmes
Pleurant sur le sort honteux
Qu’hommes savent infliger
A celles et ceux
Qui ne leur ressemblent pas

*

Je suis de mots couverts
Tricotés à même la peau
De mes rêves informulés
.
Vous m’invitiez
A partager la mémoire
J’ai tant tourné
Cherchant place
Que désespéré me suis enfui
Petite blessure au ventre
De n’avoir pas su tenir

*

Ainsi vais-je
Si semblable à tant d’autres
Qu’en invectives
Je conspue
Pour tantôt rentrer
En mes pénates de confort
Tandis qu’ailleurs
L’âge au front
Vous ruminez
Ce que l’histoire nous apporte
Que nous ne savons cultiver
.
Ainsi vais-je
Si semblable en mes déficiences
Que ma parole reste vaine
.


5 avril 2014

© Xavier Lainé, avril 2014, tous droits réservés

lundi 28 avril 2014

Etat chronique de poésie 2190



2190

D’inquiétude tu avances
Mais te demandes chaque jour
Vers quel naufrage t’emmène
.
Dès lors tente de contenter
L’heure avec oubli de ce qui suit
Amnésie de ce qui précéda
Le cataclysme d’une vie

*

J’ai traversé l’espace
Où se déclinaient
Intimes souffrances
Petits heurs ou malheurs
Tressés en nœuds serrés
Dans l’empreinte de vos mouvements
.
Je chausse mes lunettes
Avec doigté cherche et explore
Ne sais jamais quoi trouver
Mais voilà que profonde vérité
S’offre aux regards incrédules

*


J’aurais du prendre le temps
Mais il ne s’est pas laissé faire
.
Alors de dépit suis rentré
Sans même émettre un mot
Aux débats estimés nécessaires
.
Je suis rentré un peu meurtri
Douze vous fûtes
Douze en plaintes
Ou discrètes reconnaissances
.
Douze qui me laissèrent
A l’orée du crépuscule
Amer et hésitant
.
Quel est ce plat de résistance
Qui jamais ne se déguste
Et te laisse pantois
Sinon service d’amertume
De ne pouvoir écrire plus
Sur le front d’un jour blême
.


4 avril 2014

© Xavier Lainé, avril 2014, tous droits réservés

dimanche 27 avril 2014

Etat chronique de poésie 2189



2189

Puis t’en retournes
A petites habitudes
Faute de mieux
Ou de plus fort
.
Faute de mieux
Ou de plus fort
Te contente du pire
Et parfois vote pour lui
Au risque d’enfoncer
Un peu plus
Dans la fange
Dans la tourbe
Dans le lisier

*

Te voilà devant la page
On te dit inutile engeance
A quoi bon l’art
S’il ne dit rien
Sinon graviter
Autour de toi
.
Tu ne sais rien de l’art
Te contente de faire
Ce que bon te semble
Méprisant même
D’y gagner moindre sou

*

Ecrire
Ecrire encore
Jusqu’à l’ivresse totale
.
Aimer
Aimer jusqu’à la chute
Aux précipices de désir
Où d’autres se retiennent
.
Toi
Tu plonges avec allégresse
Suis les ondes maléfiques
Où te conduisent tes pensées
Hors sol
Hors sujet
Tu es de ce bois sec
.


3 avril 2014

© Xavier Lainé, avril 2014, tous droits réservés