dimanche 31 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2738





2738

Dans le petit jour
Qui tarde
Tu secoues la tête
Ebroues tes pensées
.
Peut-on tomber
Plus bas
Que ces fausses réponses
Ces hypocrisies constantes
Assénées d'un menton hautain
Sur les chaines
Médiatiques débridées
.
Regarde
On te façonne l'esprit
Comme on fait sa lessive
Ils te veulent couché
Au lisier de leurs calculs
Iras-tu où ils dirigent tes pas
.
Regarde
Ils n'ont soif que de pouvoir
Attendent ta bénédiction
Mais avant font le ménage
Te dressant contre l'autre
Ce voisin qui parle haut
Ce potentiel étranger
A tes replis frileux
.
Regarde
Mais regarde donc
L'horizon sans limites
Oublie leur doigt
Qui te montre barbelés
Et miradors
Où la terre t'offre
Sentiers de liberté
.
Regarde
Et vois
Puisqu'il est encore temps
De vivre debout

*

Au bout tout au bout
Tu veilles
.


30 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

samedi 30 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2737





2737

Mais peut-être vivre « hors »
Reprendre le fil migratoire
Détricoter les frontières
Abattre les murs
.

Peut-être

.

Suivre les chemins creux

Bourdonnant de vies souterraines

De vies

Souveraines

.

Peut-être

.

Peut-être laisser passer

Le souffle nauséabond

D'une année qui expire

En mauvaise empreinte

.

Peut-être

.

Ouvrir tes fenêtres

Puisque Noël est au balcon

Par la force invisible des vents

Contraires
.

Peut-être
.

Ouvrir aussi ta porte

A ce qui vient 

A ce qui passe
Pour bricoler un peu
Autre chose que tristes nouvelles
.

Peut-être

*

En filigranes
L'encre trace ses sillons
Ce que tu dis s'envole
Ce que tu écris demeure
.
Nul ne sait en quelle tessiture
Tu écris d'une plume rageuse
.
Ce qui est te dépasse
Et te poursuit
.


29 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

vendredi 29 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2736





2736

Elles avancent
Les colonnes
Blindées de chiffres
A t'en donner le vertige
.
Vacance
Devrait être
Vacance
.
Mais
.
Ils avancent
Les ouvrages
A faire
Et défaire
A t'en étourdir
.
Vacance
Devrait être
Vacance
.
Mais
.
Point assez d'heures
Demain reprendre
Avec vague sentiment
D'avoir failli trouver
Le repos qui toujours
S'échappe en riant

*

Ce à quoi tu tiens
Toujours s'échappe
.
Ce à quoi tu te tiens
Sans cesse se dérobe
.
Nulle part où poser tes pieds
Où t'accrocher
Puisque monde vacille

*

Vous allez donc
Muets sur votre sort
Désormais verrez bien
A quoi tient vie
Si nul ne s'en occupe
.

28 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

jeudi 28 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2735





2735

C'est fil si ténu
Qui te relie
Qui t'ensorcelle
Qui te tient chaque jour en haleine
Qu'à chaque instant
Tu crains qu'il se brise
Dans la tension
Maintenue
.
C'est fil unique
Qui coud
Ton seul vêtement 
Déposé en chaque aube
Sur la page d'un jour nouveau
.
Tu ne sais rien
De ce qui vient
Ne peut qu'à distance
Regarder ces hommes
Si petits mais si fiers
Tenant en leurs mains
Le pouvoir de te soumettre
De te démettre de ce fil
.
Qu'un mot les fâche
Les voici remontant la trace
Te filant aux empreintes
Croyants imbéciles
Au mirage des mauvaises intentions
.
C'est fil ténu
Qui te relie encore
A ce monde
Des hommes tordus
Ignorants superbes
Dont la foi ne tient
Qu'à une balle
.
De quoi allez-vous donc
Déchoir celles et ceux
Qui d'ici et d'ailleurs
Jettent le trouble
Et leurs pierres
Sur qui ne leur ressemble pas
.


27 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

mercredi 27 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2734





2734

Si tu savais
De quoi tiendrait ton chemin
Cela vaudrait-il
De te lever matin
J'en doute
J'en doute
.
Si tu savais
De quoi ta vie serait tissée
Cela vaudrait-il
De naître un jour
J'en doute
J'en doute
.
Si tu savais
De quel chant alimenter tes heures
Cela vaudrait-il la peine
De t'assoir au coin du feu
J'en doute
J'en doute
.
Si tu ne savais
En chaque seconde
Que rabâcher les mêmes mots
Sans jamais rien inventer
Que ce qui est déjà
Cela vaudrait-il tant de peine
A vivre chaque jour
Chaque heure
Chaque seconde
.
J'en doute
J'en doute

*

Chaque heure est à déguster
Chaque jour est un miracle
Puisque vivant te sais
.
Dès lors marche
Sens l'air frais
Sur tes épaules usées
.
Contemples le défilement
Des heures et des jours
N'ai crainte du lendemain
.

26 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

mardi 26 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2733





2733

Me vint un profond sanglot
Devant tes yeux émerveillés
Enfant du hasard
Né quelque part
Naufragé immédiat
Déposé sur cette rive
De paupières baissées
.
Me vint un profond sanglot
Ton petit doigt pointé
Vers les flammes allumées
Dans la chaleur d'un foyer
Qui n'est pas tien
Mais c'est tout comme
.
Me vient si souvent
Profond sanglot
Lorsque d'un petit bras tendre
Tu viens me prendre par le cou
Et dépose un baiser
Sur ma joue mal rasée
En guise de cadeau
.
Me vient profond sanglot
Puisque ce qui compte
Demeure invisible
A nos esprits engourdis
Sous le flot roulant
Des tentations mercantiles
.
Me vint profond sanglot
Sous un regard de pleine lune
Puisant en la main voisine
La douce complicité
De deux univers faisant fête
Ensemble pour deux raisons
Sans rapport avec les tiroir-caisses
.
Me vint profond sanglot
De cette déchéance programmée
Où notre humanité sombre
Lorsqu'elle ferme ses frontières
A la femme et l'enfant
Perdus d'avoir trop espéré
Devant les murs dressés
.


25 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

lundi 25 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2732





2732

J'aurais tant voulu
Rallumer les lumières
Mais ils soufflent
Les diables
Et leur haleine fétide
Vient gâcher le goût
De mes treize desserts
.
J'aurais tant voulu
Au pieds de vos sapins
Déposer autre chose
Que cette folie commerciale
Cachant mal
La désertion des âmes
Et des esprits
.
J'aurais tant voulu
Sur la table lumineuse
De nos chaudes humanités
Déposer un breuvage
Aux vertus d'ouverture
Un geste solidaire
En la courtoisie
D'un autre avenir
.
J'aurais tant voulu
.
M'en vais tenter encore
D'allumer les fragiles luminaires
En la page où les mots demeurent
Inflexibles sentinelles
De nos impassibles rêves
.
M'en vais tenter encore
De laisser quelques douceurs
Sur la nappe colorée
De nos enfances tendres
Pour le juste sourire
D'un enfant sauvé du naufrage
.
M'en vais vous ouvrir ma porte
Tandis qu'ici et là on nous invite
A nous cloîtrer en nos solitudes borgnes

*

Briser les murs et rallumer les étoiles
.


24 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés