vendredi 29 décembre 2017

La porte fermée (mais entr'ouverte) 5









-5-

Nous irons
De baisers volés en baisers assumés
Jusqu’au seuil d’un jour sans entrave

Bien sûr se fermeront toujours des portes
Sur nos espérances gigantesques

Nous serons de ce bois
Qui jamais ne s’épuise
Traversant le monde
Sur des vaisseaux d’amour et de bonté

Regardez donc
Ce que vous faites de nos vies
Nous contraignant au mutisme
Qui nous ronge jusqu’à l’os

Nous garderons sous les mauvais coups
La candeur des coeurs purs
Ne laisserons rien nous dominer
Puisque nous savons avoir tout à construire

Nous irons donc
De baisers en baisers
De vies en vies
Jusqu’au bout de ces chemins
Si étroits qu’on en tombe aisément
Mais à chaque chute
En l’amour nous trouverons la force
De nous relever



27 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

jeudi 28 décembre 2017

La porte fermée (mais entr'ouverte) 4









-4-

Je m'en vais suivre les courants d'air, chercher les ombres, les apparitions tendres, dans les herbes folles et desséchées.
Je m'en vais goûter encore, aux lèvres de la beauté, histoire de conjurer les monstres, tapis en mon âme éruptive.
Je m'en vais parmi les pierres, entendre le pas léger d'un fantôme pas tout à fait évanoui, mais prisonnier.
Je m'en vais, par les rues vides du dimanche, libérer mes mots de la gangue brumeuse des mauvais états d'âme.
Je m'en vais, délivrer mes douleurs dans l'aube ensommeillée d'un automne qui s'attarde sur les épaules de l'hiver.
Je m'en vais crier d'amour, étreindre le tronc des arbres, me défaire des chaines soudées de tendresses oubliées.
Je m'en vais confier au grand vent, ma soif et mes désirs, me perdre entre d'autres voix, sur d'autres voies.
Je m'en vais douter en liberté de l'homme que je suis qui ne sait faire semblant ni se satisfaire des apparences.
Je m'en vais...
Je m'en vais...

Je m’en vais par le trou de la serrure, déposer des baisers sur ton front endormi.
Je ne sais désormais si tu seras au rendez-vous des pierres et des rochers.
Mais j’irai t’attendre.

J’irai épancher mes incertitudes sur les chemins où tu es apparue, où ton ombre demeure, derrière le frêle olivier, dans l’herbe qui garde intacte, la trace de tes pas.



26 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mercredi 27 décembre 2017

La porte fermée (mais entr'ouverte) 3








-3-

Puis la porte refermée
Tu auras
Consciencieusement
Fait l’amour

Dans tes rêves

Puis la porte refermée
Tu es resté les yeux grands ouverts
Sur l’abîme d’une vie
Passée à attendre

Mais quoi

Puis la porte refermée
Tu les as vus
Ils étaient si tendres
Si nus
Si beau dans leur effort

Il ne te restait rien
Que trois larmes posées
Sur l’oreiller de ton destin


25 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mardi 26 décembre 2017

La porte fermée (mais entr'ouverte) 2









-2-

Il te faut faire le noir
Fermer les yeux et les réouvrir
Pour mieux voir

Il te faut faire silence
Pour mieux entendre
Les voix rassurantes

Il te faut demeurer
Derrière la porte close
Pour évacuer les scories
D’un temps étrange et gris


Ouvrant les yeux
Toi qui cherchait une clé
Tu distingues un rai de lumière
Où tu te croyais emmuré

La porte n’était pas 
Tout à fait close
Ni tout à fait ouverte

Simplement tu ne sais
Dans le noir qui chavire
Quels obstacles sur ton chemin
Qui viendraient provoquer la chute



24 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 25 décembre 2017

La porte fermée (mais entr'ouverte) 1









-1-

Le porte refermée
Ne te restent que souvenirs
Si maigres
Si décharnés
Qu’ils passeraient par le trou de la serrure



23 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mardi 19 décembre 2017

A l'horizon des rêves 34









-34-

Alors
Je déclare avoir perdu
La ligne d’horizon
Et l’espoir de l’atteindre

Le bonheur est denrée si rare
Et dure si peu

Volatile vie
Qui s’accroche comme elle peut
Au mât pour ne rien entendre
Des sirènes de l’amour

Devenir sourd
Ou évanoui
Plutôt qu’épanoui

Lorsque ton âme brisée
Erre de matin en matin
De nuit en nuit
Ne sachant où déposer ses angoisses

Tu guettes encore
Dans la petite aube glacée
Un signe qui ne viendra pas

Une fois de plus te voilà trompé
Échoué sur ce rivage
Perdu à toute tendresse
L’amour enfuit à tire d’aile



22 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 18 décembre 2017

A l'horizon des rêves 33










-33-

Toujours le coeur en berne
Toujours l’insatisfaction d’être
Toujours les soupirs
Toujours les plaintes
Tu n’en sors pas
Tu espères
Mais tu ne t’en sors pas
Chaque jour te fais sentir 
Le poids d’un vie réduite
A survivre encore un jour

Tu écoutes presque avec envie
Les poètes ayant survécus
Aux atrocités de ce temps

Quelle grandeur d’âme
Alors que toi
Toi
Dans ton petit confort
Tu ne trouves jamais satisfaction

Tu écris sur des pages de silence
Laisse errer tes pensées
Certain qu’elles finiront comme d’autres
Aux poubelles de la petite histoire

Qu’on puisse vivre mal
Une fois les tragédies du monde passées
Et l’amour vacillant
Nul n’y prête attention


19 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

dimanche 17 décembre 2017

A l'horizon des rêves 32









-32-

Comment nais-tu
Comment nais-tu au monde
Si tu bouches tes oreilles
Si tu fermes les portes
Si jamais n’entre la lumière

Tu cherches en toi
La culpabilité
En est-il une
Tu ne sais

Tandis qu’à battre ta coulpe
Tu passes tes heures
Dehors grondent tant d’orages
Tant de morts s’alignent
Sur les listes non exhaustives
Des crimes sans cesse perpétrés

Tu voudrais seulement
Pouvoir avouer être aimé
Soutenu juste un peu

Ici s’étend étrange désert
On te regarde les yeux ronds
Lorsque tu reviens d’avoir écouté
Paroles poétiques
Ultimes verbes
Capables encore de nous redresser
Dans notre faillible humanité
Tu attends rêves et espères



19 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

vendredi 15 décembre 2017

A l'horizon des rêves 31









-31-

Tu recueilles l’eau claire
A la bouche aimable 
D’une autre joie de vivre

Elle te découvre à l’oeuvre
Contourne aimablement
Les outils épars
T’ouvre le coeur
Avec des doigts de fée

Te voilà liquéfié
Sur le carrelage froid
Souffle coupé dans son rire


A quoi pensais-tu
Lorsque tu fermais tes portes
A tout vent contraire
Au sens indiqué 
Par le courant majoritaire
A quoi donc pensais-tu

A rien d’autre que ne rien changer
À tes plis et replis acquis
En des temps pensés d’avance


Lorsqu’entre le soleil
Entre les paumes radieuses
Te voilà capable d’aimer



17 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mercredi 13 décembre 2017

A l'horizon des rêves 30









-30-

La trappe des rêves s’est refermée
Celle d’une lente agonie de l’horizon s’est ouverte

Au crépuscule tu ne savais plus
Vers où acheminer ton chant

De-ci de-là te parviennent
Bien étranges échos
Dès lors que férues sont
Les âmes en déroute
Sur ce qui sépare et corrompt


De quelle vie as-tu soif
A quelle source abreuver
Tes désirs tendres
Tes baisers de braise
Tu ne sais

Tu ne sais
Tant que d’autres prétendent
Savoir pour toi

Les laisserais-tu entrer
Qu’ils mettraient ton havre sans dessus dessous
Pour y trouver le moindre indice de ta chute

Si facile de tomber
Bien plus compliqué se relever
A chaque étape aimer et ne jamais blesser



16 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mardi 5 décembre 2017

A l'horizon des rêves 29









-29-

Tu iras coeur léger
Ouvrir tes portes au soleil

Tu aimerais qu’il reste là
Mais le voilà déjà parti
Il s’efface derrière ta vie

Il s’enfuit
Te laisse le goût brûlant
De ses baisers 

Tu ouvres tes portes 
À ton astre solaire

Il vient là
Puis s’en va
Te laissant à ton désastre

Ailes brûlées
D’avoir trop aimé
Tu ne sais
Tu danses d’un pied sur l’autre
Tes mains se tendent

Toujours il s’évapore
Sans un regard

Ton horizon alors se ferme
Tes rêves suivent l’astre éclatant
Il ne te reste que la longue attente



14 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 4 décembre 2017

A l'horizon des rêves 28








-28-

Nous aurons l'éternité
Pour déjouer les distances
Abolir le temps qui nous sépare
Franchir tous les garde-fous
Passer par dessus les parapets
Nous aurons l'éternité

Nous aurons l'éternité
Pour ne cesser de rajeunir
Histoire de ne pas aller
Du même pas que la plupart
Nous passerons au revers
Du miroir des lamentations
Où vont les fâcheux
Si certains de leur raison
Nous aurons l'éternité

De cette éternité
Nous tirerons la force d'aimer
A l'endroit comme à l'envers
Sans jamais nous arrêter
Aux péages obligatoires
Aux frontières absolues
Aux normes établies
Nous aurons l'éternité
Nous en ferons bon usage

Il serait bon de t’arrêter un peu
De respirer un grand coup
Sur ce chemin d’éternité



12 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

dimanche 3 décembre 2017

A l'horizon des rêves 27









-27-

Peut-être un jour
Nul ne prenant garde à ton épuisement
Tu t’éteindras
Comme s’éteignent les flammes
Vacillantes sous les vents
D’un monde sans attention

Peut-être un jour
Du même coup
Ta voix se taira
Mais nul ne s’en rendra compte
Dans le tohu-bohu
D’un monde sans attention

Peut-être un jour
Arrivé sur le seuil
D’où nul ne revient jamais
Tu te retourneras
Et te diras qu’au fond
Tu n’étais qu’une poussière
Dans un monde sans attention

Tournant le dos à l’horizon promis
D’où personne ne retourne
Tu contempleras alors ta vie
Tu te diras que rien n’avait
La moindre importance
Sinon d’avoir aimé
D’avoir été aimé
Hors ce monde sans attention



11 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

vendredi 1 décembre 2017

A l'horizon des rêves 26









-26-

Ceci n’est pas un poème
Ou
Ceci est tout un poème

Mais en fait de poème
Tu voudrais que ta vie
En soit

En soi rien de sorcier
Juste une bonne dose d’amour
À infuser chaque matin à jeun
Juste avant qu’aube ne se lève

Elle se lève nue
T’emporte en ses bras de tendresse
Elle passe ses doigts partout 
Dépose ses baisers de rosée
Sur tes paupières fatiguées

Elle te réveille 
Aube
Elle t’emporte
Sur des chemins que tu n’espérais plus

Elle se lève comme le soleil
Distille en ton âme
La chaleur de tous les désirs
De vivre et d’aimer

Elle est ton horizon


9 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé