mardi 5 décembre 2017

A l'horizon des rêves 29









-29-

Tu iras coeur léger
Ouvrir tes portes au soleil

Tu aimerais qu’il reste là
Mais le voilà déjà parti
Il s’efface derrière ta vie

Il s’enfuit
Te laisse le goût brûlant
De ses baisers 

Tu ouvres tes portes 
À ton astre solaire

Il vient là
Puis s’en va
Te laissant à ton désastre

Ailes brûlées
D’avoir trop aimé
Tu ne sais
Tu danses d’un pied sur l’autre
Tes mains se tendent

Toujours il s’évapore
Sans un regard

Ton horizon alors se ferme
Tes rêves suivent l’astre éclatant
Il ne te reste que la longue attente



14 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 4 décembre 2017

A l'horizon des rêves 28








-28-

Nous aurons l'éternité
Pour déjouer les distances
Abolir le temps qui nous sépare
Franchir tous les garde-fous
Passer par dessus les parapets
Nous aurons l'éternité

Nous aurons l'éternité
Pour ne cesser de rajeunir
Histoire de ne pas aller
Du même pas que la plupart
Nous passerons au revers
Du miroir des lamentations
Où vont les fâcheux
Si certains de leur raison
Nous aurons l'éternité

De cette éternité
Nous tirerons la force d'aimer
A l'endroit comme à l'envers
Sans jamais nous arrêter
Aux péages obligatoires
Aux frontières absolues
Aux normes établies
Nous aurons l'éternité
Nous en ferons bon usage

Il serait bon de t’arrêter un peu
De respirer un grand coup
Sur ce chemin d’éternité



12 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

dimanche 3 décembre 2017

A l'horizon des rêves 27









-27-

Peut-être un jour
Nul ne prenant garde à ton épuisement
Tu t’éteindras
Comme s’éteignent les flammes
Vacillantes sous les vents
D’un monde sans attention

Peut-être un jour
Du même coup
Ta voix se taira
Mais nul ne s’en rendra compte
Dans le tohu-bohu
D’un monde sans attention

Peut-être un jour
Arrivé sur le seuil
D’où nul ne revient jamais
Tu te retourneras
Et te diras qu’au fond
Tu n’étais qu’une poussière
Dans un monde sans attention

Tournant le dos à l’horizon promis
D’où personne ne retourne
Tu contempleras alors ta vie
Tu te diras que rien n’avait
La moindre importance
Sinon d’avoir aimé
D’avoir été aimé
Hors ce monde sans attention



11 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

vendredi 1 décembre 2017

A l'horizon des rêves 26









-26-

Ceci n’est pas un poème
Ou
Ceci est tout un poème

Mais en fait de poème
Tu voudrais que ta vie
En soit

En soi rien de sorcier
Juste une bonne dose d’amour
À infuser chaque matin à jeun
Juste avant qu’aube ne se lève

Elle se lève nue
T’emporte en ses bras de tendresse
Elle passe ses doigts partout 
Dépose ses baisers de rosée
Sur tes paupières fatiguées

Elle te réveille 
Aube
Elle t’emporte
Sur des chemins que tu n’espérais plus

Elle se lève comme le soleil
Distille en ton âme
La chaleur de tous les désirs
De vivre et d’aimer

Elle est ton horizon


9 novembre 2017


© Xavier Lainé, décembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

jeudi 30 novembre 2017

A l'horizon des rêves 25








-25-

D’où vient ce chant
Amie
Amour
Et que dit-il dans la nuit

Voici qu’un phare s’éclaire 
Nous indiquant un chemin
À nul autre pareil
Nous allons de notre pas
Évitant les écueils
Que les envieux dressent toujours
Sur les sentiers de l’amour

D’où vient ce chant
Amour
Amie
Et que dit-il dans le jour

Le voici qui monte
De la plaine et des sommets
Se perpétue depuis toujours
Par-delà les ruines
Qu’un monde s’écroule
Il nous restera cette chose si simple

Voyez donc
Vous autres
Les murs sans cesse relevés
Qui obstruent votre vision
Vous détournent du chant



7 novembre 2017


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mercredi 29 novembre 2017

A l'horizon des rêves 24









-24-

De quel poème serais-tu capable
Coupable
Lorsque les heures s’égrènent en un silence assourdissant

Tu râles bien sûr contre cette dépendance
À des outils si fragiles
Tu râles

Mais quand tout s’arrête
Que le silence met une distance
Avec ce monde que tu rejettes
Tu marches avec un sentiment d’abandon

Amour est là
Mais la brume en cache les traits

Tu avances sous la pluie froide
Si seul aux heures matinales
Passants en leurs véhicules
Te regardent d’un drôle d’air

Ici on a vite peur de fondre
Lorsque le temps se défait

Amour est quelque part
Dans le brouillard dense
Les nuées lourdes
La nuit qui s’étire
Mais désormais 
Ne te restent que quelques heures



6 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mardi 28 novembre 2017

A l'horizon des rêves 23








-23-

Tu vis à l’envers du monde
Prends à revers toutes ses habitudes
Renverses les valeurs

Quel amour serait de commerce équitable
Et de ressource durable
Tu ne sais

Dès lors tu vas comme papillons
Butinant ici ou là sans t’arrêter vraiment
Jusqu’au jour où

Jusqu’au jour où te vient la lumière
La force évidente d’un signe
Alors tu t’arrêtes
Tu ne sais plus de quoi est fait encore
Ton coeur qui bat à n’en plus finir
Tu plonges avec délice au nectar des baisers
Quelque chose se passe à l’envers du décor

Tu es de cette mauvaise herbe
Qui pousse comme elle veut à travers le bitume
Envahit tout espace dès lors que l’homme s’absente

Alors tu accueilles ce qui vient
Ne te plies à aucune règle
Puisque chacune ne connaît que contrainte
Tu ne pourrais vivre ainsi
Barreaux à toutes tes fenêtres
Portes cadenassées sans espoir



5 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 27 novembre 2017

A l'horizon des rêves 22







-22-

Puis le silence vient
Encore plus dense et plus profond
Et avec lui le sentiment de solitude absolue

Seuls les esprits peuvent s’affranchir 
De cette distance insondable
Que la nuit installe

Pas d’autre moyen de communiquer
Que la lettre et les étoiles
Et le serrement des coeurs 
Qui se savent séparés

Voici ce qu’est ce monde
Un avatar de la vie
Soumis aux caprices de la technique
Lorsque tout s’éteint par la force des orages
Il ne te reste plus qu’à voyager 
Dans l’antre de tes souvenirs
Voir les visages aimés
Les approcher par la voie ignorée
Où s’épanchent les coeurs 

Te voilà devant le jour pluvieux
Muré dans ce silence sans bornes
Qui dure et dure sans pitié
Tu vas quand même te rendre sous les larmes
Jusqu’au sommet de tes délices
Méditer sur les pieds d’argile
Qui s’effondrent aux premiers frimas



5 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

vendredi 24 novembre 2017

A l'horizon des rêves 21









-21-

Tu parviens toujours aux frontières de ton impatience
Et tu te cognes contre le mur 
Et tu te plains d’avoir mal

Jamais tu ne te laisses aller
À la légèreté d’aimer
Tu ne sais

Tu ne sais car on te dit que
On te dit qu’il faut
Qu’il ne faut pas
Que tu dois
Toujours tu dois

Revenant sur tes pas te rappelles
D’un temps béni où enfant
Tu ne calculais rien 
Te contentais de sentir
Et quel sentiment

Que te fallait-il alors
Juste la tendresse et l’amour

C’est ce qui finalement est enfouis
Sous les barrières des conventions
Des obligations et des devoirs
Alors tu fais comme
Te faut l’allure bien policée
De la bonne tradition bourgeoise
Qui ne te laisse aucune fantaisie



4 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

jeudi 23 novembre 2017

A l'horizon des rêves 20








-20-

Qui pourrait comprendre le déchirement d’un homme
Un homme qui pleure de livrer un enfant
Comme on livre un colis
Comme on se défait d’un paquet

Qui pourrait comprendre la douleur d’un homme
D’un homme qui ne comprends pas
Qui n’est pas le père mais l’enfant s’accroche
Alors l’homme pleure en dedans
Puis se cache pour pleurer au dehors

Pauvre enfant né sans père
Puis reconnu bien après
Mais sans mère depuis si longtemps
Pauvre enfant

Pauvre enfant pris
Pauvre enfant déposé ici
Déposé là
Pauvre enfant meurtri 
Dès les premières heures

Qui peut comprendre la douleur
Il paraît qu’il ne faut pas
Pas s’attacher
Pas se mêler
Pas s’emmêler

Qui pourra comprendre les larmes
D’un homme qui ne peut que pleurer



3 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

mercredi 22 novembre 2017

A l'horizon des rêves 19









-19-

C’est un doux murmure qui émerge de la terre
Il faut juste savoir l’écouter
Percevoir le discours des oiseaux
Lorsque l’aurore vient sonner le réveil

Une ombre avance sous le grand chêne
Ses branches font ombres chinoises
Dans l’aube écarlate

Des baisers germent un peu partout parmi les herbes
Des soupirs descendent des branches 
Une lente brume t’isole du monde

C’est un doux murmure que fredonne la terre
Il faut juste être assez amoureux
Pour en percevoir les minuscules variations

De l’autre côté du vallon
Un seul être se lève
Et regarde à sa fenêtre
La forme fantomatique
Qui s’assoit au sommet
Et demeure immobile

Que se disent les âmes pures
Aux petits matins couverts de rosée
Nul n’en sait rien
Mais elles se parlent
Elles sèment baisers tendres
Qui rebondissent au coeur même des sentiers



3 novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

lundi 20 novembre 2017

A l'horizon des rêves 18









-18-

Nous irons 
C’est sur nous irons

Parce que désormais rien n’est exclu
Une fois le processus de destruction engagé
Nous irons

Nous devrons chercher loin
Par dessus la ligne de l’horizon
Le possible et l’impossible

Il nous faudra du coeur
Pour brûler nos vieux mensonges
Avancer dans le petit jour

De quoi pouvons nous nourrir
L’espoir et la patience

D’un simple battement de coeur
D’un baiser échangé
À l’abri du désespoir

Nous irons
Sais-tu

Ouvrant les portes et les fenêtres
Faisant courant d’air
Pour emporter les vieilles rengaines
Parvenir enlacés aux aurores émerveillées
Nous ne perdrons jamais



1er novembre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé

dimanche 19 novembre 2017

A l'horizon des rêves 17









-17-

J'attendrai
J'attendrai qu'aurore
Pousse les ombres
Par de là les collines

J'attendrai
Sur un rocher de silence
Que s'ouvrent les paupières
Que volets soient repoussés

J'attendrai
J'attendrai aux premiers rayons
La montée des clameurs
L'ivresse des rencontres

J'attendrai
Tu seras là

*

Je serai là
Debout dans les cieux d’aurore
Attentif au vent
Dans les branches d’olivier

Je serai là
Sur mon rocher de méditation
Saisissant au hasard
Les pensées qui voyagent
Tu seras là aussi



31 octobre 2017


© Xavier Lainé, novembre 2017 - A l'horizon des rêves, extrait, tous droits de reproduction réservé