mardi 1 août 2017

Dix-septième méditation d’après








Au fond, serions-nous arrivés quelque part un jour ?
Aurions-nous « acquis » le droit de vivre alors que nous laissons la lie de notre espèce se vautrer en somptueux profits ?
Profits engrangés sur nos cadavres encore fumants, voir même pas encore assassinés.
Profits sans commune mesure avec nos pauvres imaginations habituées à compter chaque sou pour ne pas sombrer.
Ne pas sombrer, se nourrir, se payer un toit, s’habiller encore, élever des enfants du mieux possible.
Des enfants pour que eux au moins, ne soient pas noyés à leur tour.
Des enfants qui pourraient bénéficier de nos « acquis ».

C’est une chose étrange, cette histoire.
Celles et ceux qui nous ont précédé, avaient l’intention de nous donner une vie meilleure.
Quel sens prend donc l’acharnement à détruire leur héritage ?
Quel sens pour les générations à venir ?
Nous sommes là à devoir combattre non pour qu’ils vivent mieux, mais pour qu’ils héritent à minima de ce que nos prédécesseurs nous ont légué.
Etrange mutation qui de recul en recul reviendra peut-être sous peu à réhabiliter l’esclavage (ce qui est déjà fait, ici ou là, en ce monde enragé).

Nos enfants, nous le savons, si rien ne change en cette inversion des valeurs humaines, vivront moins bien que nous.
S’ils survivent, puisque nous continuons à rendre notre vaisseau cosmique de moins en moins habitable.
Bien sur quelques beautés demeurent. 
Quel sens auront-elles si plus un regard humain ne s’y dépose ?
Le sens d’être pour ce qu’elles sont : une trajectoire de vie d’où tout esprit serait banni.


Nous sommes prisonniers d’une pathologie de la pensée.



11 juillet 2017




© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservé

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