mardi 11 juillet 2017

Troisième méditation d’après










Me voici accablé, pas seulement de chaud
Accablé de tout.

Me voici atterré : tant qui souffrent et vous crachez sur la poignée qui prend leur défense.
Indignité de l’esprit, pauvreté des propos.
Me voici atterré.

Mais,

C’est si difficile de penser, de se penser non seul mais parmi tous, non au-dessus mais au milieu.
Exercice périlleux pour qui ne vit pas vraiment dans le besoin : avoir l’humilité de se tourner vers ses dissemblables.
Exercice délicat que de ne jamais fermer sa porte.

Longtemps me suis dit devoir me taire, ne pas prendre la parole, usurper le droit de dire quand tant ne peuvent que se taire.
Longtemps ait vécu dans la honte de savoir manier un peu, un tout petit peu les mots quand j’en croise tant qui ne peuvent rien, ne comprennent pas, deviennent à ce titre jouets entre les griffes des puissants.
Longtemps n’ai pas voulu participer de cette dépossession commune qui lentement s’insinue jusqu’à rendre les plus faibles inaudibles.

Me voilà désormais en devoir de dire, d’écrire, de soutenir les devoirs d’insoumission lorsque pouvoirs aveuglés brisent menu des années de luttes, sans un regard pour qui mordra encore la poussière.

C’est un impératif de résister puisque vous voilà si nombreux à ne savoir comment vous faire entendre.

Ça l’est aussi non de prendre la parole en votre nom, mais dire  que ce qui vient n’a rien à voir avec la nouveauté, au contraire.


21 juin 2017



© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservés

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