jeudi 27 juillet 2017

Treizième méditation d’après








Tu y es…
La porte se referme.
Tu connais l’ampleur des impayés.
Tu sais ne pas pouvoir échapper aux dents qui se referment.

Tu as rêvé, un temps, relever tous les défis.
Tu croyais pouvoir vivre debout, avancer libre dans le petit matin frais.

Tu as rêvé…
Tu y es…

La mâchoire vorace te tient.
Impossible d’échapper à la morsure du fer et du fric.

Tu tente encore un peu de sérénité.
Elle ne durera pas longtemps.

Quelque chose est rompu.
Ta vie, d’échec en échec, te mène au rien qui fait rire les sinistres.

C’est risible, de vouloir jouer dans la cour des gens «normaux».
C’est risible, c’est loufoque.
Ta place n’est nulle part.
Alors tu rêves d’un moyen de tirer ta révérence.
En finir avec la honte de vivre sans jamais joindre les deux bouts.

Encore un peu et la douleur du collet sur ton esprit te fera taire.
Tu attends la suite.
Tu la connais.
Elle a l’odeur implacable de la misère.
Sa morsure ne te lâche jamais.

Demain tu rejoindras la cohorte des moins que rien.



5 juillet 2017



© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservé

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