samedi 29 juillet 2017

Quinzième méditation d’après








Vivre pourtant, même si c’est très compliqué.
Vivre pour ne pas simplement survivre.
Vivre dans la pleine conscience des effondrements.

Construire.
Au moins poser les fondations, puisque tout s’écroule.
Qu’à choisir, majorité a pris option, par acquiescement ou omission, pour la lente déliquescence des choses.

Garder les yeux ouverts, frémir encore de honte devant la liste qui ne cesse de s’allonger des noyés, des perdus, des exclus.

Vivre au bord.
Vivre pour ne pas sombrer.
Ou dans l’attente de…

Toujours sur un fil, en équilibre instable au-dessus du vide.
Parfois les discours semblent vains.
Devant la masse des indifférences, des certitudes établies d’être dans le vrai, le droit chemin…

Juste avant de tomber saisir le balancier des mots.
Ne pas déraper, ne pas glisser hors.
Il serait si dur de remonter.
Je sais, j’en ai fait déjà l’expérience.
N’en suis jamais vraiment revenu, de cette petite mort, au fond des crevasses d’un temps sans état d’âme.

Il me faut semer, les quelques cailloux de beauté, demeurés au fond de mes poches.

Il me faut ouvrir les bras, toujours, embrasser tes joues tendres, soupirer lorsque tes mains se posent. 


7 juillet 2017



© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservé

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