dimanche 9 juillet 2017

Première méditation d’après










Demain, c’est aujourd’hui.

Je sais l’ampleur des débâcles.
Je sais l’amplitude des déceptions.
Petits chagrins lentement distillés.

Si longtemps à espérer.
Comme je comprends la profondeur des solitudes.


Je n’enverrai pas la pierre.
Je ne vitupèrerai pas.

Je sais l’importance des plaies, inscrites au coeur.
Je sais les déficiences de l’esprit, lorsqu’il faut se lever matin, toujours avec amertume.

Quelque chose qui relève de la fracture irréductible.
Ces gens là ne parlent pas de nous.
Ces gens là se battent pour eux-mêmes.
Tandis que nous, dans la fange des jours, nous survivons.
Et c’est déjà miracle.

Alors se taire, comme ultime défense.
Même si l’embryon d’une espérance se présente.
Se taire.

Arme étrange que le silence.
Arme si peu compréhensible à qui sait parler.
Or voilà qu’à force de parole usurpée, les mots deviennent inabordables.


Je ne sais pas, je tente de comprendre.


19 juin 2017

© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservés

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