vendredi 21 juillet 2017

Onzième méditation d’après








Sur quoi méditer lorsque problèmes et nuées sombres s’accumulent ?
De quelle liberté de penser serais-je encore capable lorsque, le nez sur les nécessités vitales, il est impossible de trouver moindre parcelle de repos ?

Vous irez disant que peuple est ignare, qu’il ne sait s’offrir le luxe de vos pensées complexes.
Mais savez-vous de quoi il souffre sinon de faim, de soif et de fatigue ?

Alors comme d’autres, attendre, sans illusion que mauvaise histoire s’efface.
Que lendemains désenchantés cèdent la place à petite parenthèses d’espérances.
Ainsi allons-nous, comptant les jours qui nous séparent de trépas, avec parfois l’envie que ça passe plus vite.

Une vague de colère m’envahit.
Ce n’est d’ailleurs plus une vague, c’est un tsunami.
Je regarde les pitoyables promesses, les couperets affutés qui demain viendront encore faire sombrer un peu plus nos vies à la dérive.
Jusqu’où descendre en criant toujours que demain il sera trop tard ?

Le joug qui se profile sera de plus en plus pesant et les épaules pour le porter de plus en plus lasses.
Faut-il le dire encore, tandis que certains s’empiffrent, d’autres crèvent.
C’est dans la logique du système : si tu es pauvre, c’est que tu ne sais pas y faire.
Autrement dit, tu ne dois t’en prendre qu’à toi-même.

Misérable aveuglement qui fait prendre pour neuf, un habit qui se transmet depuis des siècles.

Que parfois le joug soit secoué, ils pèsent de tout leur poids, mettent des années pour le verrouiller sur nos épaules, avec la complicité des soumis.


1er juillet 2017


© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservé

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