lundi 17 juillet 2017

Neuvième méditation d’après








Je regarde les mots ressuscités du passé.
Ils me narguent, me lacèrent de leurs reliquats de plumes.
D’où viennent-ils, les mots ?

Je regarde les maux tellement ancrés au quotidien.
Ils m’obsèdent, me cuisinent, me laissent épuisés sur le seuil du crépuscule.
Mes mains douloureuses cherchent savantes issues.
Que dit un corps qui souffre sinon l’impossible à dire ?

Je regarde, je contemple.
Si longtemps ai rêvé de vivre avec aisance.
N’en reste que l’os à ronger, les chairs putrides à évacuer.
Un rêve demeure un rêve.
Il ne te dit rien de la vie
Elle te prend par la main et ne te lâche plus.

Fut temps d’absence volontaire, de brève escapade dans un au-delà indescriptible.
Fut un moment de choix : ne rien quitter, revenir…

Parfois me demande ce qui domine en ce terme.
N’ai pas toujours choisi d’être, faute de connaissance.
Ne suis rien au fond qu’âme errante.

Je sais que rien ne sera possible, tant que domineront nos maîtres.
Je sais rien de possible en territoire de mâles dominations.
De guerres larvées, de prisons obscènes, de barrières et de frontières fermées.
Trop de mur sur nos chemins, trop d’ornières qui organisent nos chutes.

Faute de chausser les bonnes lunettes, je suis dans cette mal-voyance.

Je ne distingue que halo où votre enthousiasme ne regardent rien.


28 juin 2017



© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservé

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