dimanche 16 juillet 2017

Huitième méditation d’après








Démarrer le jour par un hymne à l’amour.
Toujours perdu et sans cesse retrouvé, il fuit sous les travers du siècle.
Il se blottit dans l’ombre, transi de froid, de soif, de faim.
Il en est même qui ne lui tendent jamais la main.
Ceux-là ont la tête comme des miradors, un coeur qui tire sur tout ce qui bouge et s’émeut.

Pleuvent mauvaises nouvelles sous un soleil de plomb.
Ce monde broie, digère, sécrète sans vergogne le pire.
Les plumes seront orphelines dans ce désert.
Les mots perdent leur sens lorsqu’est enclenchée la marche arrière.

Les mots parfois prennent sens giratoires, ils tournent tels derviches à la recherche d’eux mêmes.
Si souvent pris pour d’autres, ils se perdent en nov’langue.
Orwell ne savait si bien écrire.

Il me reste le silence.
Sauriez-vous faire livre de pages silencieuses, de mots feutrés, d’écrits marchant sur la pointe des pieds pour ne pas se faire remarquer ?
J’accumule les pages.
Elles envahissent mon espace vital.
Un jour elles finiront par m’étouffer dans mon sommeil.

Nul ne viendra pleurer.
Et sur les nuages je voudrais voir apparaître : « il n’avait pas le mode d’emploi ».
Sur les nuées une fois parti en poussière…

Car pas trop de place ici.
C’est un problème pour respirer.

C’est dur de vivre dans un monde qui vous étouffe.


27 juin 2017



© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservé

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