mardi 25 juillet 2017

Douzième méditation d’après








Il en faut de la patience pour méditer encore.
Entre deux rayons ardents et l’avalanche des mauvaises nouvelles, la sérénité agonise.

Tout bouge et rien ne change.
Juste des visages, ou plutôt, des masques.
Ils cachent mal le malaise d’un peuple qui a cessé de vivre à genoux, ignorant encore tout des répressions à venir.

Bien sur les camisoles chimiques pleuvent : il est si difficile de survivre en territoire voué à la corbeille !
Alors on se drogue comme on peut.
On se lave le cerveau à la lessive médiatique.
On s’endort aux soporifiques discours.

Ici on parle pour ne rien dire.
Il faut subir ce flot roulant d’insanités.
Tenter en vain sérénité garder.

Un peu partout fleurissent les signes de révolte.
La pilule ne passe plus.
La vie a tant d’amertume qu’il serait vain d’en poursuivre le cours.

A trop vivre couché on finit avec des escarres.
Les plaies sont à vif où la pression s’accroit.
Rien ne vient compléter leur gouffre néant.

Ils s’acharnent à prédire notre ruine.
Ils s’acharnent à l’organiser sans un soupir d’empathie.

Que la vie ait goût amer ne les émeut jamais.

Ils roulent pour plus riches qu’eux, sont les valets des nouveaux seigneurs.


4 juillet 2017


© Xavier Lainé, juillet 2017 - Et demain sera, extrait, tous droits de reproduction réservé

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