vendredi 9 juin 2017

-Dit du 20 mai 2017-









Tu ne sais plus très bien S’il faut en rire ou en pleurer S’il te faut toujours te prétendre insoumis Si l’être ne serait pas une fois de plus te soumettre au discours vain de quelques uns
Tu ne sais plus très bien Tes mots demeurent dans le silence des pages Tu n’as même plus le désir de les donner à lire Tant vont en insipide rengaine les vaniteux et les fats
Tu ne sais plus très bien Tu avais rêvé un instant d’une libération de tous ces jougs posés sur nos frêles épaules Tu as cru un moment qu’enfin l’Homme allait surgir de l’homme Qu’il serait possible de fédérer des pensées et non de les attendre de meneurs
Tu ne sais plus très bien Tu hésites à poursuivre Tu ne sais plus Alors tu te tais Tu retournes à ton silence Tu n’es pas du sérail Ne sais plus même te revendiquer de ce monde Tu en regardes la ruine progressive Tu sais avoir parlé et écrit depuis des années pour pas grand chose


Que faire des mots délaissés
Les laisser en héritage
Un livre 
Tu ne sais 

Tu ne sais l’écrire
Tu ne sais le réduire 
À ce mince espace
Entre deux couvertures

Tu revendiques encore 
Ton droit de laisser errer tes doigts
De ne pas prévoir
De quoi la page sera faite
Si seulement elle pourrait apparaître

Dans l'aube sans âme d'un temps sans envergure


© Xavier Lainé, juin 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

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