vendredi 5 mai 2017

-Dit du 25 avril 2017-









Je vous ai vus entrer, si timides d’avoir franchi la porte.
Vous ne vous connaissiez aucun pouvoir, mais, là, avec votre enveloppe dans vos mains usées par le travail, vous voilà tout à coup, détenteur d’un autre visa.
Vous rentrez dans l’isoloir, jetez rageusement quelques papiers dans la corbeille, et sortez, petit sourire en coin, ravi d’accomplir un acte qui vous échappe ensuite.

Je ne vous ai pas parlé
Je vous ai regardé
Je vous ai admiré

Emu
Terriblement
De n’être rien 
De recueillir votre petit papier
Avec votre sourire lointain

Si peu vous est donné
Contre votre labeur

Vous avancez usés
La corde menace toujours
De se rompre 
Précipitant vos vies
Au précipice des misères

Nous partageons si peu
Ce monde nous pose tant de barrières
Je vis si loin de vous
Que vous observant si frêle et peu certains
Mes bras auraient aimé s’ouvrir
 Vous offrir un maigre réconfort

J’aurais aimé vous offrir une victoire


© Xavier Lainé, mai 2017 - Où que tu tombes, extrait, tous droits de reproduction réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire