mardi 25 avril 2017

Longue marche 2






-2-

J’ai marché pourtant, je vous assure.
J’ai très souvent demandé le droit de penser, même.
Sans trop savoir à quoi, d’ailleurs.

Il fut même un temps où j’aurais bien volontiers croisé le fer pour prendre la place de.
C’était pour mordre la poussière.
On ne s’improvise pas tricheur, copain-copain avec l’ivraie.
On ne s’improvise pas homme de pouvoir.

On ne souhaite pas, c’est tout…
On revient au seul qui demeure : celui des mots.

J’y reviens sans cesse.
Mis si longtemps à voir que là était le fil !
Que rien ne pouvait être hors mots jetés, sans savoir quel courant les emporte.

Parfois, on plonge sec, on se noie, on ne sait plus à quelle planche attacher son salut.
J’ai appris qu’il ne fallait surtout rien attendre et que l’humain, ça n’existait qu’avec parcimonie.

Alors j’ai saisi à deux mains mon bâton et suis reparti.
Le sentier est si étroit qui te mène de presque trépas à lente survie.
La vie n’est qu’un horizon à atteindre, avec la boussole des pensées dans le havre-sac, pour les jours de défaite.

Parfois ils sont si nombreux que tu te demandes à quoi bon.
Puis d’un soupir quand même tu reprends la marche.


Tu fais un peu semblant de vivre, tu plies sous le poids des chaines, tu meurs de petite mort certaine. Puis reviens à toi, sans trop savoir pourquoi.



© Xavier Lainé 2016-2017, tous droits de reproduction réservés

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