dimanche 9 avril 2017

Longue marche 1





-1-

Puisque la nuit traîne en longueur désormais.
Puisque marcher ne peut-être que choc frontal avec le sol rafraîchis.
Puisque toujours, comme papillon aux lanternes pâles, m’en vais me cognant aux limites étroites de ce monde.
Il me faut ouvrir grande mes papilles pour déguster ce qui peut l’être, faire ventre de ces indices toujours un peu souterrains qui me prouvent la lente digestion des intempéries.

Alors, fenêtre ouverte sur les ultimes étoiles, tandis que la ville frémit encore d’être l’objet d’un culte momentané, j’ouvre de nouvelles pages, assises sur les anciennes.
Toujours tirer leçon, pour faire croire au naufrage.
Et puis taper du pied au fond, pour remonter chercher l’air pur.

Bon, bien d’accord que l’air pur, parfois…
Bien d’accord que respirer, alors…
Bien d’accord.

Mais peut-être à trop attendre que vienne on ne sait quelle étincelle, je pourrais me réveiller trop tard.

C’est tout le problème : le temps de prendre conscience, il est bien souvent trop tard.
Le réveil alors est amer. L’art est ne pas se laisser piéger par le mot.
Trop.

Toujours se remettre à marcher, pour ne jamais laisser le mot se refermer sur une culture du désespoir.
Morbide système qui construit tant de murs et ferme tant de portes sur qui, découragé, se lasse de marcher.


© Xavier Lainé 2016-2017, tous droits de reproduction réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire