lundi 6 février 2017

II/III - Montant dans un train




II/III


Montant dans un train, tu t’interroges.
Y aurait-il vraiment deux versants du monde ?

Un versant nord, rutilant de propreté, affairé, vivant, fourmillant d’activités ;
Un versant sud, poussiéreux, désertique, vibrant de contrastes entre paumés et affairistes, ostensiblement dominateurs.
Y aurait-il deux versants d’un unique monde ?

Montant dans un train, traversant l’Europe.
Tu t’interroges sur ces deux preuves palpables.
Deux versants si visibles, lisibles !

Un versant gris et fortuné, rigoureux et brillant,
Un versant du soleil, lumineux de clarté, envahi de poussière et de pauvreté.

Ainsi de nous-mêmes : versant triste, versant gai…
Nous voici, dis-tu, dans notre nudité même, tenus d’assumer nos laideurs, nos insuffisances, au même titre que nos beautés, nos aisances.

Montant dans un train, te voici… 
Te voici quoi ou qui ? 

Ce qui te frappe du quotidien laisse une trace dans ton vocabulaire ;
Versant riche, versant pauvre, de quel côté vis-tu ?

De ce monde, la fracture saigne, rien ne vient compenser la douleur ;

Sinon l’usage que tu fais de toi-même, pour exister, sur les deux versants.

© Xavier Lainé 2017 - Pronoms indéfinis, recueil inédit II - Tu

Octobre 2002 – Décembre 2005
Manosque - Aix - Paris - Liège - Forcalquier - Tourtour - Chaumont-Gistoux – Volstroff – L’échalp – Abriès – Saint Saturnin les Avignon

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