lundi 31 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2950





2950

J'ai mis le silence entre parenthèses
J'ai rompu les digues
Pour que lave et vagues
Submergent les derniers remparts
.
J'ai regardé dans l'aurore
Le soupir d'une foule atone
Ai cru entendre son désir
D'un bonheur sans commune mesure
Avec le couvercle rivé à ses épaules

*

Des brumes du passé
Montent les souvenirs
Ils jaillissent sans prévenir
Au détour d'une rencontre
.
Me voici en ces temps
De naïve insouciance
Allant au sortir du métro
Entre deux cours
Prêter main forte
Aux sidérurgistes de Lorraine

*

C'était un temps doux
Un temps sans calcul
Ou du moins est-ce ainsi
Qu'il revient à la charge
.
Soudain il te laisse amer
Qu'as-tu donc pu bâtir
Sinon cet étroit enclos
Où s'amoncellent tes livres
Où s'empilent tes pages
Comme une œuvre posthume

*

Pas très doué
En fait
.
Mais peut-être
Au fond
Simplement pas l'envie
D'aller de ce même pas
Où vont les somnambules
.
Bien d'autres choses à apprendre
.


2-3-4 septembre 2016

© Xavier Lainé, octobre 2016, tous droits réservés

vendredi 28 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2949





2949

Ils t'attendent
Le gourdin de leurs chiffres
Tenu en main sale
.
Ils tapent
Ne cherchent pas à savoir
Il leur faut tes cris
De rage et de désespoir
.
Ils t'attendent
Le gourdin de leurs chiffres
Tenu en main sale
.
Ils se prétendent de conseil
Tu les paies
Ils se révèlent
Les agents dans l'ombre
D'autres qui gouvernent
.
Ils sont l'oeil
De la dictature du chiffre
Jamais ne trouvent grâce
A leurs yeux mercantiles
Le moindre mot
.
Ils posent les barreaux
De leur comptable pensée
Sur le déclin de tes jours

*

J'aurais pu croire
Arrivé en cet âge
Pouvoir vivre apaisé
.
Me suis battu pour ça
Ai si souvent été roué
Pour une idée
.
Me voilà devant la fin
Mes yeux contemplent
L'ampleur de nos déchéances
.
Où j'espérais de la joie
Ils offrent meurtres et suicides
Etalés à la une
De leur triste gouvernance
.


1er septembre 2016

© Xavier Lainé, octobre 2016, tous droits réservés

jeudi 27 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2948





2948

Matin un peu perdu
M'en vais en ces brumes
Affronter grand chaud
.
Petites nuées
Au ciel de mes pensées
Avance amer
Sur l'océan des désirs
.
Toujours en berne
Les désirs
Toujours renoncés
Toujours
.
Mais qui suis-je
A rêver d'un autre monde
A imaginer d'autres relations
Qui suis-je
.
Du haut de ce lieu
Où les pages dorment
D'un demi-sommeil
Vont les mots
.
Puis prennent leur envol
Dans l'étrange clarté
D'un matin sans
Sans conviction
.
Elles furent assassinées
Sacrifiées sur l'autel
Des abondantes fortunes
Qui te laissent sans voix

*

Puis-je encore avancer
En ces pénombres lascives
Où s'ébauchent les peurs
.
Puis-je encore suggérer
Les salutaires colères
Les ferventes révoltes
.
Puis-je encore ouvrir
Portes et fenêtres
Au vent des sacrifiés
.


29 août 2016

© Xavier Lainé, octobre 2016, tous droits réservés

mercredi 26 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2947





2947

Laisser filer
L'ardeur estivale
.
Penché dans l'ombre
Tu regardes le temps
Qui file son train d'enfer

*

Puis te retourne un instant
Histoire de mesurer
Le chemin parcouru
Depuis tes derniers mots
.
Toujours un peu étonné
De voir jaillir encore
Le verbe de cette source
Que tu imagines à chaque instant
Aussi sèche que le ru
Qui traverse ta ville

*

J'écrirai les funestes paroles
Celles qui méritent
Cinq lignes
Quelques clés
.
J'écrirai les funestes paroles
Elles iront
En mode mineur
Entre les lèvres
.
J'écrirai les funestes paroles
Celles qu'on glisse
Aux oreilles amoureuses
Lorsque nuit s'en vient
Beaucoup trop tôt
Ensevelir nos rêves

*

Je serai
Perché en quelque finistère
Phare allumé
Sur la page des vagues
.
Un soupçon d'amertume
Eclairé de lune
Viendra effleurer
La ligne de nos mélodies
.


26-27 Août 2016

© Xavier Lainé, octobre 2016, tous droits réservés

lundi 24 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2946





2946

Alors tu vois
Je cherche les points de convergence
.
Que m'importent nos désaccords
Je sais que quelque part
Nous pourrions nous rencontrer
Débattre en toute sérénité
Sans chercher à nous convaincre
Pour le seul plaisir
De nous voir peu à peu
Nous croiser
.
En attendant
Croisons langues et verbe
Croisons idées et pensées
Croisons le fer de nos amitiés

*

Où nous mène le labyrinthe
Sinon au monstre des apparences
Tapis dans l'ombre de nos conformités
.
La folie de la norme
S'est emparée de nos désirs
Leur faisant puissant sédatif
.
Rien ne semble pouvoir
Réveiller les morts-vivant
Endormis sur leur lauriers
En des antres de consommation

*

Ce serait comme un chant du cygne
Un hymne final juste avant le point
.
J'ai chanté pourtant
Mais puisque rien ne vient
Qui permette de poursuivre
A quoi bon
.
Ce fut un beau stade terminal
Des années pour rien
Car ici s'ouvre le désert
.
N'est d'espace ouvert
Qu'à ceux qui savent
Chanter leur propre gloire
.


25 août 2016

© Xavier Lainé, octobre 2016, tous droits réservés

dimanche 23 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2945





2945

Pas trace de poésie
En terre d'inégal traitement
Selon que vous serez pauvre
Ou riche
Pas de poésie
.
Pas de poésie
Au crépuscule des sans voix
Au requiem des idées généreuses
Toujours naufragées
Pas de poésie
.
Pas de poésie
Sinon en terre adulée
Où les profits sont rois
Le vers de mirliton
Pas de poésie

*

La page demeurée vierge
Pas un mot pour en salir
La blancheur
.
Peut-être est-ce signe
Que désormais
Tu iras en lent glissement
Vers le silence définitif

*

Un jour va venir
Ou tu poseras ton point final
.
A mots éteints
Tu poursuivra tes sentiers
.
Ils ne te mèneront nulle part

*

Tu aurais voulu
Pourtant savoir cueillir
Les mots doux et tendre
.
Te voilà à l'agonie
Ne trouvant plus le verbe
Qui sache dire ton désarroi
.
Au soir de tes fatigues
Le poème se fait rare
.


24 août 2016

© Xavier Lainé, octobre 2016, tous droits réservés

samedi 22 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2944





2944

Revient à grands pas
Temps de pécunier soucis
Perdre sa vie à la gagner
.
Déjà écrit
Mille fois

*

En petite aurore
Douce
Fraîche
Et sèche
Tu contemples
Page demeurée vide
.
Parfois te dis
Que vents
Vont en dessécher
La trace

*

Peu à peu tu glisses
Un livre à la main
Pourrait demeurer
Heures et jours
Loin
Très loin
Des sombres agitations
Où vont les mercantiles
Esclaves de leurs pulsions
.
Puis t'observes dans la glace
Te vois tout pareil
Avec pour seule différence
La conscience de tes chaînes

*

Sur les routes sinueuses du soir
Tu allais à roues déployées
Les bras chargés de livres
Tes yeux regardaient les cimes
.
Nuées d'orage en soulignaient
Les subtiles beautés
.
Tu rêvais
D'un lieu solitaire
Où déposer tes songes
.


22 août 2016

© Xavier Lainé, octobre 2016, tous droits réservés