vendredi 29 avril 2016

Etat chronique de poésie 2814





2814

Entre deux étoiles
Tu lis la continuité d'une histoire
.
Tu voudrais savoir
Chanter jusqu'à la fin des temps
Crier mots charrues
Pour ouvrir le sillon d'autres encore
Semer paroles d'entente
Où tant de barbelés et de murs
Demeurent

*

Tu descends solitaire
Ouvre dans le petit jour
Tes fenêtres à la douce clarté
.
Printemps entre et se répand
Offre sa légèreté
Dans le fumet d'un café
.
Tu restes coi
Tournant ta cuiller
Dans le bol de tes amertumes
.
Si loin et si proche
Le crime se poursuit
En longue litanie
.
Paris
Bruxelles
Beyrouth
Bagdad
Tunis
Et j'en oublie
.
A chaque bombe humaine
Ton cœur chavire
.
Tu poursuis ta marche
Chancelant et hagard
.
Tu sais que toit n'est que récolte
D'une ivraie semée
De grossières mains
Tu chancelles
Tu pleures
.


26 mars 2016

© Xavier Lainé, avril 2016, tous droits réservés

jeudi 28 avril 2016

Etat chronique de poésie 2813





2813

M'en vais lisant
Embarqué dans cette traversée
D'aube en crépuscule
Chaque jour recommencée
.
Jamais n'épuise ma soif

*

Parfois vais
En état de veille
A défaut d'éveil
Guette dans le jour frais
La douce apparition
Le tendre regard
.
Parfois demeure là
Attentif et tendu
Dans l'espérance
D'une main tendre
De lèvres à embrasser
Sous la caresse
D'un doux printemps

*

Tant boirais
A cette corolle tienne
Qu'à y perdre l'âme
M'en irais

*

Le soir s'en vient
Grand vent dehors
Chasse les scories
D'un jour identique
.
Toujours identiques
Vont qui jamais
Ne voient rien changer

*

Tu guettes encore un peu
Tirant sur la corde des fatigues
.
Un petit œil s'allume et s'éteint
Ne laissant aucun temps
Entre deux clignement
.
T'en vas alors entre des bras de lune
Chercher ultime refuge
.


25 mars 2016

© Xavier Lainé, avril 2016, tous droits réservés

mercredi 27 avril 2016

Etat chronique de poésie 2812





2812

Voilà
Sur un plateau
Tout ce que vous voulez
.
Soumission et peur
Assaisonnent les heures
Vains replis
Des fois que

*

Sang ne sèchera jamais
Qui fut versé pour rien
Qui fut versé pour
Qui fut versé contre
.
A l'impiété du geste
Au discours écrit
A l'encre glauque
Des absurdités
.
J'oppose la calme distance
Le tranquille discernement

*

Parfois le calme n'est qu'un masque
Qui cache les tempêtes intérieures
.
Vilain paravent
Des troubles et vaines attentes

*

Au crépuscule des colères
Tu vas glanant entre les étoiles
Les messages subliminaux
Jetés comme bouteilles à la mer
.
En dedans souffle
Un grand vent de tempête
Tu ne sais où tes rêves
Trouveront mer calme
.
Tu effleures de tes mots
Les récifs acérés
Puisque désormais
Jamais ne sourient
Les ports
.
Tu accostes au quai du silence
.


24 Mars 2016

© Xavier Lainé, avril 2016, tous droits réservés

mardi 26 avril 2016

Etat chronique de poésie 2811





2811

Les mots du printemps demeurent hésitants
Tant l'hiver des coeurs dure
...
Tu cherches dans les draps de l'aube
Un petit mots léger
Qui sache se faire aiguillon

*

Le drap était sanglant
Et cachait bien mal
Sous l'espérance d'un printemps
La somme des crimes commis
.
Le sang appelle le sang
L'injustice l'injustice
Ici commence la mèche
Qu'un rien allume
Sans que nul n'y voit
.
Chacun s'étonne
Nul ne comprend rien
Fumées montent
Où le crime est commis
Le mobile incertain
Ne relève que de haine
.
Chacun s'étonne
D'être une cible potentielle
Les regards détournés
Ne voient pas la main
Qui alluma la mèche

*

A demeurer le nez collé
A la triste vitre blafarde
Où défilent à l'infini
Sornettes et contre-vérités
Tu perdrais ton âme
.
Ils gravissent sans amertume
Les pentes vertigineuses
De l'abjection

*

Alors tu prends refuge
Au creux de tes pages meurtries
Appelles d'un souffle l'amour
A la rescousse de tes mots
.


23 mars 2016

© Xavier Lainé, avril 2016, tous droits réservés

lundi 25 avril 2016

Etat chronique de poésie 2810





2810

Il me fallait veiller
Passer le jour
Compter les heures
Regarder dehors
Petit vent chassant nuées
Ouvrir les yeux
Sur le temps tel qu'il est
Les refermer
Voir tout au fond
D'autres rêves
D'autres désirs
Poursuivre le voyage
.
Le sentier est étroit
Qui passe
D'une saison l'autre
Dans les taillis
Où s'évanouissent
Les rêves

*

J'ai attendu en vain
Qu'aube répare
Les plaies d'un hiver sans
Sans qualité
Sans le frisson
Sans le feu en l'âtre
Pour tant qui demain
Trouveront encore
Porte close
.
J'ai patienté
A la frontière
Sous les barbelés
Une femme pleurait
Son pays perdu
Lorsque printemps
Fut étouffé
Sous voiles et crimes
.
Savez-vous
Même si je demeure
Invisible
En quels états d'âme
Vont mes mots
Déchirés
.


21 mars 2016

© Xavier Lainé, avril 2016, tous droits réservés

dimanche 24 avril 2016

Etat chronique de poésie 2809





2809

Ha
!
Si tu savais
!
Tu parlerais du printemps
Et des oiseaux en leurs fols amours
,
Tes poèmes trouveraient livres
Où dormir de leur juste sommeil
,
Une fois la jolie saison close
.
Or
,
Voilà que tu ne manges pas de ce pain là
Et aucun de tes écrits ne fera jamais salon

*

Tu écris pour rien
En fait
Juste parce que ne sais
Rien faire d'autre
.
Alors tu alignes
Mots et pages
En imprime chaque jour
La teneur inutile
Réunis les pages
En volumes par trimestres
.
L'aventure s'éternise
Dure ce que durent les mots
Le temps d'un souffle
Ou d'un soupir

*

Tu agites ton mouchoir
Sur le quai de nulle part
Ombre parmi d'autres
Tu sais si fragile
L'instant de vie
L'instinct de survie
.
Tu respires
A l'unisson des pleurs
D'un temps plus obscur
Chaque jour
.


19 mars 2016

© Xavier Lainé, mars 2016, tous droits réservés

vendredi 22 avril 2016

Etat chronique de poésie 2808





2808

A prendre de la distance
Trouve étrange luminosité
Dans le foisonnement des mots

*

A vous rendre inaccessible
Pour les uns
Et
Devant
A ne point regarder
Pour les autres
La coque trouée du navire commun
Finira bien par toucher le fond

*

Et puis
Tu sais quoi
 ?
Marre de ce temps obscur
Marre des discours creux
Marre d'une vie
Qui en voit flancher
Tant et tant
Que la liste des crimes
En est infinie
.
Et puis
Tu sais quoi
?
Soif comme jamais
D'un instant d'amour volé
D'un baiser à faire chavirer le monde
D'un acte insensé
Pacifique au possible
Qui soit comme un gaz
Invitant tous et chacun
Au sublime

*

Dans la pénombre
Mes doigts cherchent
La rondeur
La douceur
Le flux infini
Des désirs enfouis
.
J'irai
Sur des voies crépusculaires
.


18 mars 2016

© Xavier Lainé, mars 2016, tous droits réservés