lundi 3 octobre 2016

Etat chronique de poésie 2928





2928

Au mépris des paupières
Lourdes de n'avoir pas assez
.
Au mépris de ton corps
Raide d'avoir trop
.
Au mépris de ton cœur
Battant de ne savoir comment
.
Au mépris de tes artères
Bouchées d'être assez
.
Au mépris de ton esprit
Gourd de trop avoir

*

Tu survis pourtant
Au mépris de toi-même
Surpris chaque jour
De vivre encore
Alors que trop
Vraiment trop
.
Tu ouvres un œil
Puis l'autre
Parfois de te lever
Fait tanguer le monde
Alors tu restes un moment
Pour qu'il arrête son manège
.
Tu met un pied au sol
Te hisses à grand peine
Au dessus de ce socle
Qui peine à se mettre
A la nécessité de vivre

*

Sur l'escalier du temps
Tu regrettes
.
Devant la porte qui se referme
Tu rêves un instant
.
Tu sais ne savoir rien
Rattraper de ce qui fut
.
Déjà tu n'es presque plus
.


4 août 2016

© Xavier Lainé, août 2016, tous droits réservés

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