mercredi 28 septembre 2016

Etat chronique de poésie 2923





2923

Faudrait pourtant
Que je dise quelque chose
Que je sorte de mon mutisme
Que je
Faudrait pourtant
Mais faudrait surtout
Que je n'oublie personne
.
Faudrait que je dise
Comment victimes et bourreaux
Qui ignorent qu'ils le sont
Puisqu'on leur dit
Acquérir ainsi l'immortalité
Et qu'ils y sont prêt
Depuis qu'ici
On les voue à l'oubli
.
Faudrait que je dise
Dans le désordre de mes pensées
Sans tomber dans le piège
Faudrait que je mette de l'ordre
Dans ce chaos
Dès que me viennent les sons glauques
D'un monde qui ne l'est pas moins
.
Faudrait que je pense
Que je verse mes larmes
Pour les vivants
Pour celles et ceux qui lentement
S'enfoncent dans cette peur
Que viendront piétiner
Les tristes sires d'un état sanglant
.
Faudrait que je dise
Le fruit pourri d'un monde
Qui ne connaît d'ascenseur
Que mu par cordons de bourses
Si serrées qu'en grand nombre
Vont les déchus
Les dépossédés
Les esclaves d'une modernité
Qui sent le passé à plein nez
.
Voilà que c'est encore mot de trop
.


27 juillet 2016

© Xavier Lainé, août 2016, tous droits réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire