jeudi 21 juillet 2016

Etat chronique de poésie 2879





2879

Tu t'en vas en petits écoeurements matinaux
Transi sur la rive du jour
Où se lèvent les désespérantes nouvelles
Sans doute se sont-ils approprié
Ce qui justifiait encore
Ta bonne humeur quotidienne
.
A tout s'accaparer vont les fossoyeurs
De vies écorchées où s'effondrent
Les pauvres hères d'un temps barbare

*

Te voilà dans la file d'attente
A la pompe les rêves sont épuisés
Alors tu reprends la route
Hésitant sur la direction à prendre
.
Lorsqu'ils auront tout détruit
Massacré le dernier des vivants
Rendu esclave l'ultime humain
Que leur faudra-t-il encore
.
Ils ne savent
Ils vont la bave aux lèvres
Les yeux plissés de plaisir
A l'idée du pactole à engranger
Tandis qu'autour d'eux
Tombent comme mouches
Les plus miséreux
.
Te voilà dans la file d'attente
Ils t'ont confié le numéro gagnant
Qui te donne droit à tes chaines rénovées

*

Esclave d'un nouveau genre
Tu négocies encore
Le prix de ton boulet
Le fer de tes chaînes
.
Ici commence le nouveau monde
Construit sur modèle identique
Aux antiques colonies
.
Ne manquent que les cales
Où pleurer sur ton servage
Aux pieds de tes nouveaux maîtres
.


2-3 juin 2016

© Xavier Lainé, juin 2016, tous droits réservés

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