mercredi 20 juillet 2016

Etat chronique de poésie 2878





2878

Je reste avec mes larmes
Déchiré et hagard
.
Ici venaient les mots forts
Ceux qu'on prononce à l'aube
Lorsque le cœur n'en peut plus
D'être ce qu'il est
.
Voici que d'un caprice
L'horreur informatique
A défait mon constat de défaite

*

Pas à ta place
Tu n'es pas à ta place
.
Porte murée sur tes rêves
Tu croyais un instant avoir franchi
Les portes du sérail
.
Elles se sont refermées
Dans la brutalité d'une censure

*

Tu n'es pas à ta place
Depuis toujours
.
Les yeux de la mort
Vus de si près reviennent
Ils te regardent
T'appellent
.
Tu sais la pente si vite descendue
Le naufrage toujours possible
Puisque tes mots ne trouvent
Aucun réceptacle en ce monde
Sinon par effraction

*

Tu n'es pas
Tu ne sera jamais
Tu le sais désormais
Que l'âge te permet
De dire sur quels récifs
Toujours tu ouvres la coque
D'une vie sans envergure
Sinon parfois
En vaines illusions
.


2 juin 2016

© Xavier Lainé, juin 2016, tous droits réservés

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