mardi 19 juillet 2016

Etat chronique de poésie 2877





2877

Tu sais voir défiler les jours
Avec un petit sourire de connivence
.
Tu sais voir défiler les dettes
Les factures les injonctions de payer
.
Tu sais peu à peu
Le revenu qui s'amenuise
Le rien qui s'approche
Où tu devras tout vendre
Et partir en quelque exil
Tenter ta survie
De poète maudit
De rêveur interdit

*

Tu sais prendre la parole
Tu sais attirer attention
Sur la dérive et le naufrage
Prévisible lorsque rien ne vient
Endiguer les déraisons
Que commerce adore
.
Tu cries pourtant
Mais ton cri tombe
Comme pluie matinale
Sur le sol sec
Des impossibles oreilles

*

Tu démarres le jour
Petite larme au coin de l'oeil
Etrangement étranger désormais
Au sort qui attend
Le quotidien laborieusement
Construit au jour le jour
Sans pleurer ta peine
.
Que leur importe le soucis
Ils vont acheter
Acheter acheter
Vendre leur avenir
Aux boutiques obscures
Où dérivent leurs sentiments
.
Que leur importe ton cri
Ils te regardent l'oeil vitreux
.


1er juin 2016

© Xavier Lainé, juin 2016, tous droits réservés

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