mercredi 25 mai 2016

Etat chronique de poésie 2836





2836

Aurais-je encore à dire
Que les flots d'oppositions
Et d'intransigeance
M'emporteraient au diable
.
N'ai donc aucun point de vue
A délivrer de la gangue de silence
Qui fut mon refuge tant d'années

*

Au fond me voici en terre d'amnésie
Nul ne se souvient de ce qui fut enduré
.
Il en est ainsi
Lorsque les coups sont trop forts
Le torturé oublie ses blessures
Et embrasse son bourreau
.
Sauf que les plaies ne cessent
De saigner sans jamais trouver cicatrice

*

Que dire donc
De ces humains fuyant le désastre
Capables de toiser la mort
Pour chercher refuge
N'importe où
N'importe comment
Du moment qu'ils n'entendent plus
La rumeur de nos bombes
.
En quelles plaies universelles
Trouveront-ils chemin
Qui construise réconciliation
Lorsque tout se dérobe
Sous leurs pieds fatigués
.
Ils sont ce que nous sommes tous
Des êtres marchant d'un continent
Vers un autre imaginaire
Imaginé
Qui ne ressemble en rien
A celui quitté
.
Qui ne ressemblera en rien
A celui rêvé
Mais rêvé quand même
.


18 avril 2016

© Xavier Lainé, avril 2016, tous droits réservés

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