mercredi 11 mai 2016

Etat chronique de poésie 2824





2824

J'aime les mots qui vous ébranlent
Qui vous placent devant le mur social
Où vous allez de votre allure de poète
Tandis que d'autres croupissent
Aux geôles d'oubli
Morts en pourcentage de perte
Sous l'uppercut de vos silences
.
J'aime les mots qui vous foutent
Un grand coup de poing dans la gueule
Qui vous déboussolent
Vous font tomber de votre perchoir
Qui ne vous laissent jamais tranquilles
Vous titillent la conscience
Vous ébranlent les certitudes
Vous laissent assoiffés et affamés
Proie du monde dont vous êtes complices
A force de n'être que vous-mêmes
De ne parler que pour vous
Tandis que dehors on crève

*

Jusqu'au ciel s'envolent les mots
Petite fille perdue dans ce décor banal
.
Jusqu'au ciel s'en vont tes rêves
Petite fille éperdue au bras d'un drôle de monde
.
Jusqu'au ciel montent tes rires
Petite fille rêveuse assise sur le seuil

*

Petite fille lasse
Pose ta tête fatiguée
A la croisée du crépuscule
.
Pose tes soupirs
Sous les persiennes entrouvertes
Glisse en la boite aux lettres
Tes rêves fous

*

Parvenus sur les rives du silence
Tes mots s'en vont
Singent un peu tes paroles d'avenir
Puis s'enferment pour la nuit
Petites proies de tes rêves en sursis
Même les étoiles savent pleurer
.


5 avril 2016

© Xavier Lainé, avril 2016, tous droits réservés

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