lundi 11 avril 2016

Etat chronique de poésie 2798





2798

Et vous acceptez ça ?

Ce triomphe de la novlangue qui n'appelle plus un chat,
qui ne nomme plus ce qu'il fait ou défait ?

Et vous acceptez, femmes que ce jour vous soit dédié
Quand il fut celui de vos luttes
Vous acceptez ?

Moi non
Je refuse
Non que vous ne méritiez que je me penche
Sur votre sort funeste sous la mâle domination
Mais non, je n'accepte pas
Que vos luttes soient passées sous silence
Qu'un jour un seul on pense à vous
Et que demain rien ne soit changé
Au cours hideux du monde façonné
De mains d'hommes tyranniques
Et de femmes qui ont oublié ce qu'elles sont
Pour prendre nos travers

Je refuse de cautionner cette déviation du langage
Cet art médiatique d'enfumer
Pour ne pas voir que rien n'a changé
Que rien ne changera sans bousculer l'ordre établi

Je refuse la journée des femmes
Je revendique la journée de vos combats

Car le monde a besoin de vous
De votre amour immense
De votre cœur sensible
Non de nos armes et de nos chants guerriers
De nos finances et de nos cravates
De nos costumes engoncés et de nos souliers vernis

Le monde a besoin de votre joie
De votre beauté
Non de la laideur kaki
De notre force démontrée
En longue cohorte d'affamés et de suppliciés
De migrants et d'assassinés

Je refuse et je dénonce l'art de vous faire prendre un mot pour un autre.



8 mars 2016

© Xavier Lainé, mars 2016, tous droits réservés

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