mardi 29 mars 2016

Etat chronique de poésie 2787





2787

Les chenilles tissent leur toile
Cocons brillants dans le clair matin
Nul ne s'en soucie
Nul ne s'en soucie
.
L'eau monte comme jamais
Noie et ronge lentement la terre
Nul ne s'en soucie
Nul ne s'en soucie

*

Il te faut un bon coup de poing
Pour réagir à l'agression
Mais qu'en silence se tisse
La toile des évidents mensonges
Tu n'en dis rien
Tu n'en dis rien
.
Qu'on te vole ta télévision
Qu'on te pique ton portefeuille
Te voici en émoi
Te voici en émoi
.
Qu'on liquide ta vie
Qu'on te condamne
A l'éternel esclavage
Tu ne dis mot
Tu ne dis mot

*

Un silence poisseux
Se pose sur la marée
Etouffant les salves
Tirées à bout portant
Sur tes raisons de vivre
.
Tu consultes et te plains
Bouffe avec respect
Ta prescription d'anxiolytiques
Pour oublier la poix
Pour chasser le couvercle
De plomb posé
Sur tes épaules graciles

*

L'amour et l'amitié
Le lit qui les sépare
Seraient un baume
.


24 février 2016

© Xavier Lainé, mars 2016, tous droits réservés

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