jeudi 17 mars 2016

Etat chronique de poésie 2776





2776

Te dire ce qui bouillonne en dedans
Cette colère devant tes incompréhensions
.
On ne peut donc rien écrire en ce vil pays
Sans que mot soit pris pour argent comptant
Détourné de son axe
.
Ne comptez pas sur moi
Ne comptez pas
.
Je ne retirerai pas une virgule
J'assumerai même mes maladresses
Mais j'irai proclamer
Qu'un monde qui n'est solidaire
Qu'une fois l'âge de la retraite sonnée
Est un monde perdu
.
Je voudrais savoir prendre ce temps
Sans mettre en jeu le maigre équilibre
Laborieusement atteint
A l'âge où vous quittiez
La scène de vos labeurs
.
Ma scène sera infinie
Elle mourra sous mes pieds
A défaut d'avoir pris la ligne droite
Celle qui vous mène
De certitude en succès
Au bord du trou
Où tous se ressemblent
.
Je voudrais ne plus avoir à porter
La misère et les douleurs
N'avoir plus besoin d'accueillir
Les enfants perdus
De ce royaume des ombres
Donc aller avec vous
Débattre et me saouler
De toutes ces paroles qu'on dit
En des heures de révolte
.
Me voilà réduit
A claquer la porte
Des derniers engagements
Puisque vous ne comprenez pas
.


13 février 2016

© Xavier Lainé, février 2016, tous droits réservés

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