dimanche 6 mars 2016

Etat chronique de poésie 2768





2768

Ton refuge est de silence
Tu obtempères aux imprécations
T'absentes le plus souvent
De ces chemins trop usités
.
Ton refuge est de silence
Où s'élaborent les haines
Tu fuies sans te retourner
Vers d'autres heures apaisées
.
Ton refuge est de silence
Tandis que gronde au dehors
La folle injonction des bourreaux
Te met à l'oeuvre sans relâche
.
Ton refuge est de silence
Où le piège se referme
Tu façonnes les clefs
Rompt les digues violentes
.
Ton refuge est de silence
Observes l'art des anodins
A se fondre aux degrés de la mode
Puis regrettent leur vie fourvoyée

*

Tu élabores dans la lenteur
Ta part de rêves tendres
.
Que mains d'enfant s'agitent
En ce qui te reste de chevelure
Te voilà fermant les yeux
Sur l'instant volé à l'âpre désert

*

Si beau regard qui s'ouvre
Pour s'émerveiller aussitôt
D'être de ce monde perdu
.
Tu prends à pleins bras
La vie qui ne sait
De quoi sera ses lendemains
.
C'est ici devant le petit doigt levé
Qui montre l'horizon de nos chimères
Que tu sais devoir encore vivre
Pour le seul plaisir d'un moment
.


3 février 2016

© Xavier Lainé, février 2016, tous droits réservés

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