jeudi 3 mars 2016

Etat chronique de poésie 2766





2766

Tu sais quoi
.
Il était beau le chemin de l'aube
Il gravissait la colline
Un vent furieux hurlait
Entre les branches nues
Des chênes blancs
Puis passait son mufle doux
Sur la marée d'argent
Des oliviers paisibles
.
Tu marchais
Nuées se disputaient le ciel
Puis filaient
Poussées sous le chuintement
Des feuilles répandues
De pierre en pierre

*

Alors je me suis tu
Car il convient de le faire
Lorsque les mots se font
Inaudibles au monde
.
Je me suis tu
C'était tempête en dedans
Pas rageur sur la pierre froide
Du sentier solitaire
.
Les collines hurlaient
De ne savoir en quel hiver
Confier leurs maux
Leurs bourgeons fragiles
.
Le noisetier perdu
Poussait déjà quelques feuilles
Ignorant que gelées
Puissent encore le brûler
.
J'allais donc
Rage en dedans
Contempler d'en haut
Les basses conséquences
.
Quelque chose est brisé
Qui invite au silence
.

31 janvier – 1er février 2016

© Xavier Lainé, février 2016, tous droits réservés

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