mercredi 2 mars 2016

Etat chronique de poésie 2765





2765

Puis rien
Sinon faire comme si
Comme si de rien n'était
Vivre en apesanteur
Que le monde autour s'écroule
Qu'importe
Masque au visage
Tu croules avec lui
.
Vivre comme si
Comme si l'argent entrait à flot
Comme s'il ne fallait pas
Travailler toujours plus dur
Pour gagner toujours moins
Et passer tes journées
A te regarder mourir
D'avoir voulu combler
Les déficits endémiques
D'une consommation sans frein
.
Puis rentré chez toi
Sans rien voir des misères répandues
Jouer sur ta tablette
Suivre des films américains
Où tout le monde est beau et gentil
Ou terroriste à faciès étranger
Brun de préférence
Et ne croyant pas comme toi

*

Que colère te soulève
En un haut le cœur morbide
De devoir tenir à bout de bras
L'improbable équilibre
Qui ne viendra jamais
Puisque rien n'y fait
Aucun mot d'arrête
La machine infernale
De la consommation continue
.
Qu'importe le tas de fringues
Trainant des mois
En attente du fer
On va
On achète
Puis on meurt sous la charge
.


30 janvier 2016

© Xavier Lainé, février 2016, tous droits réservés

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