mardi 23 février 2016

Etat chronique de poésie 2759





2759

Ma maison devenait de carton
Couverture de pages blanches
Sur les murs de papier
Ma plume allait bon train
.
Par les fenêtres ouvertes
Les mots jaillissaient
Frêles esquifs
A l'assaut d'un temps gris

*

Vous me voyez
Je suis tapis dans l'ombre
Perdu dans ce mille-feuille délicieux
Où se répandent les pensées
.
Ici s'inventent des mondes
Au carrefour des idées
Prennent le train des rêves
En partance pour nulle part
.
Vous me voyez
Voyageur silencieux
Je vais de mon pas de plume
Dévorer page à page
.
Ma faim est insatiable
Ma soif est immense
Mon seul désespoir
Ne venir jamais au terme du voyage
.
Chaque jour dépose son obole
Dans le silence feutré
Entre mes murs de papier
Où se parlent tant d'amis
.
Ils franchissent l'horizon des siècles
Se bousculent au rayon
Parfois se font pitreries
Lorsque les mots ont bien bu
.
Ivres de ce séjour
Je les sais d'un naturel discret
Ils viennent cependant
En cet hiver perdu
Me tirer par les pieds
.


23 janvier 2016

© Xavier Lainé, février 2016, tous droits réservés

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