lundi 15 février 2016

Etat chronique de poésie 2753





2753

J'ai laissé le jour montrer son nez
Dans l'entrebâillement des persiennes
.
J'ai laissé le vent
Insinuer son museau froid
Entre les tuiles enchantées
.
A côté courent les fièvres
Enfants brûlant sous la couette
Mots invisibles volètent
Entre rayons d'autres histoires

*

J'ai cherché dans la grammaire
L'art de composer avec les souvenirs
Au loin s'évanouissent les cimes
En la blanche limpidité de nos hivers
.
Nez rouge d'avoir trop reniflé
S'avance au secret de l'aube
L'enfant d'un monde perdu
.
Je puise au mystère de vivre
L'étonnante durée du poème
Livres écroulés sur la rive des rêves
Je puise à pleine mains
En ces puits de science et de pensées

*

J'articule en mon fort intérieur
Le rythme sans les rimes
Laissant courir mon troupeau
Dans la bise glaciale du temps
.
Saurais-tu t'arrêter un peu
Que très vite tu reprendrais tes valises
Poursuivant avec ardeur le voyage
Entre les pages inconnues
Où se lamentent tes déserts

*

Il me faudrait le pouvoir
De suspendre toute perturbation des heures
Demeurer devant le fruit
Pour en tirer le meilleur
.
Toujours minutes et secondes
S'enfuient à tire d'ailes
.

16 janvier 2016

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire