lundi 8 février 2016

Etat chronique de poésie 2746






2746

Plus qu'à te taire
Ecouter et ne rien dire
Langue rentrée
Lèvres serrées
Pour ne plus rien proférer
Qui puisse attirer
Vulgaire attention
.
Le poème meurt étouffé
En ta gorge nouée
Les mots seraient-ils
De ce monde apeuré
Qu'ils ne sauraient
Ouvrir un chemin
.
Tu n'es rien
Tu ne cherches rien
Ne trouves rien
Tentes simplement
De survivre à chaque jour
Etonné au crépuscule
Qu'il ne soit pas le dernier
.
Qu'importe ce que ta plume
Rageuse d'être encore là
Façonne au secret
De ton âme déçue
De ton avenir déchu
Les mots n'ont pas d'importance
Au pays qui ne tient parole

*

Ici tombe la pluie
Dans l'ombre tu saignes
Larmes rentrées
Tu comptes les heures
Puis les jours
Parfois en vient à souhaiter
Que le chemin s'abrège
.
Trop avalé de couleuvres
Trop lutté pour ne pas reculer
Et choir du haut de tes espérances
.
La falaise de tes rêves
Est un mur difficile à gravir
.


7 janvier 2016

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

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