mardi 26 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2733





2733

Me vint un profond sanglot
Devant tes yeux émerveillés
Enfant du hasard
Né quelque part
Naufragé immédiat
Déposé sur cette rive
De paupières baissées
.
Me vint un profond sanglot
Ton petit doigt pointé
Vers les flammes allumées
Dans la chaleur d'un foyer
Qui n'est pas tien
Mais c'est tout comme
.
Me vient si souvent
Profond sanglot
Lorsque d'un petit bras tendre
Tu viens me prendre par le cou
Et dépose un baiser
Sur ma joue mal rasée
En guise de cadeau
.
Me vient profond sanglot
Puisque ce qui compte
Demeure invisible
A nos esprits engourdis
Sous le flot roulant
Des tentations mercantiles
.
Me vint profond sanglot
Sous un regard de pleine lune
Puisant en la main voisine
La douce complicité
De deux univers faisant fête
Ensemble pour deux raisons
Sans rapport avec les tiroir-caisses
.
Me vint profond sanglot
De cette déchéance programmée
Où notre humanité sombre
Lorsqu'elle ferme ses frontières
A la femme et l'enfant
Perdus d'avoir trop espéré
Devant les murs dressés
.


25 décembre 2015

© Xavier Lainé, janvier 2016, tous droits réservés

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