dimanche 17 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2687





2687

De quels mots saurais-je encore me munir
Qui soit gilet de sauvetage
Pour les morts d'une nuit
.
De quels mots pourrais-je accueillir le jour
Puisque le sang ruisselle devant ma porte
La guerre pire que la guerre
Aveugle camarde qui frappe
Où nul ne l'attend
.
De quels mots pourrais-je accompagner les âmes
Défuntes ou vivantes mais blessées à mort
Sinon tremper ma plume en l'encre de mes larmes
.
De quels mots encore se parer
Qui sachent dénoncer le crime
Sans perdre de vue ses sources
Qui sache de silence broder
Le linceul des simples gens
Morts de se croire en paix
Quand le monde est tant armé
.
Bien sûr les criminels
Assez fou pour tirer dans la foule
Mais aussi ceux qui leur fournissent les armes
Ceux qui d'échec en échec mènent les esprits
Au bord de ce gouffre où explosent les catastrophes
.
Plus que tout je voudrais
Savoir trouver les mots d'humanité
De ces mots de tendresse qu'on chuchote au matin
Et qui savent déchirer les brumes sanglantes
Lorsqu'humains entrent en leur hiver
.
J'irai en silence déposer
Petite lumière sur la margelle du temps
Pour que sa flamme vacillante
Nous guide au fond de nos faiblesses
.
Pitié pour les morts
Pitié pour les morts
Et de grâce un instant
Ne visez que les meurtriers
Mais tous les meurtriers
Et ceux qui les soutiennent
.


14 novembre 2015

© Xavier Lainé, décembre 2015, tous droits réservés

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