vendredi 8 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2678





2678

Je m'en vais gagner du temps
Ou du moins ne plus en perdre
.
Les herbes s'inclinent sur mon passage
Les cimes me saluent entre deux nuées
L'hiver tremble derrière la porte
.
Dans les cœurs vient grand froid
Je n'ai pas les mots qui soient flammes
Lorsque vous fermez vos pensées
.
Je m'en vais gagner du temps
Noircir des pages dans le silence
Ne plus me laisser gagner par la gangrène
D'une célébrité surfaite et sans âme

*

Déserter qu'ils disent
Peut-on déserter de la parole
Sans faillir à notre humanité
.
Tant de bruit pour rien
Tant d'invectives inutiles
De stupides signaux lancés
Qui ne font qu'ajouter fiel
A l'ivraie déjà germée
.
Plongeant aux racines du silence
J'ouvre les vannes des pensées
Quelques feuillets d'Hypnos plus loin
Le Capitaine Alexandre ouvre sa porte
.
Les souterrains sont favorables
A la préservation des libertés
Lorsqu'à la surface
Ne sont plus que sombres bruits de bottes

*

C'est affolé que tu reviens sur tes pas
Pensées se font girouettes
Petites proies de ces vents contraires
Qui agitent le bocal des mensonges
.
Chacun y va de son couplet
Toi tu te regardes dans la glace
Te demandes chaque jour de quels mots affubler
Le cauchemar en cours dont nul ne semble vouloir arrêter la course
.


29 septembre 2015

© Xavier Lainé, décembre 2015, tous droits réservés

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