mardi 5 janvier 2016

Etat chronique de poésie 2675





2675

Sur un air de Rilke
Une élégie passée
S'en vient la nuit
Puis le réveil
.
Au coton des nuées
Tes doigts voudraient savoir
Saisir petites fleurs de rosée
Pour en parsemer le jour
.
Mémoires glacées
S'en va l'effroi
Que fera-t-il demain
L'homme à la baguette de pain
Sous le bras du matin
.
L'aube est triste
En ce pays qui ne sait
A quel outrageant discours
Vouer son avenir
.
C'est l'heure de délivrer tes rêves
Puisqu'il en est encore temps
Que rien n'est encore joué
.
C'est l'heure de construire encore
Avant de prendre le maquis
Lorsque toute poésie sera vaine
Tuée dans l'oeuf des mensonges ambiants
.
Tu marches juste avant l'aube
Aux trottoirs vides de cette ville poisseuse
Engourdie en son silence sans histoire
Elle ne pourra qu'être surprise
Lorsque la bise froide des temps anciens
Viendra frapper à la porte des replis

*

J'voudrais te dire
Mon enfant perdu
Embarqué
Chahuté
Sur ce vieux rafiot
Que ce qui te vient en héritage
J'aurais bien voulu
Que ce soit beaucoup plus beau
.


26 septembre 2015

© Xavier Lainé, décembre 2015, tous droits réservés

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