lundi 30 novembre 2015

Etat chronique de poésie 2641





2641

Un peu dans la brume
Tu n'es plus rien
Fondu dans le paysage
Tu accomplis ton ouvrage
Parvenu au soir
Personne ne t'attends
Alors tu dînes seul
Un peu vidé
Un peu amer

*

Puis vient le moment
Où dépité te retournes
Sur la beauté passée
D'un monde à l'abandon
.
Pleure
Pleure donc
Passant sans souci
Ignore
Ce que ton âme ne peut voir

*

Nuées enragées
Ont fait de la nuit
Cauchemar et naufrage
.
L'enfant revenu
Te tire par les cheveux
Hurle sa douleur
.
Peur de l'abandon
Peur
.
L'enfant s'assoit
Montre les nuages noirs
Décrit d'un doigt tremblant
La nuit sombre de ses rêves
.
Puis retombe
L'enfant
Au sommeil trop vite quitté

*

Vient l'heure et le jour
Tu notes en bas de page
La véhémence des tourments
Met entre parenthèse la splendeur évanouie
.


23 août 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

dimanche 29 novembre 2015

Etat chronique de poésie 2640





2640

Moi j'vous dis que ça
J'ai couru puis marché
Les fleurs s'inclinaient sur mon passage
Mais c'était sous le poids
D'un rosée de fraîcheur
.
L'automne point son nez
Fait rougir les feuillage
Sous la caresse d'un doux vent
Au loin les cimes se font plus noires
Dans les lumières du levant
.
C'est juste avant d'étinceler
Dans la blancheur d'un hiver à venir

*

J'ai donné des couleurs d'or
Au balcon des saisons
Où les mots avaient séché
.
Sous un ciel de tendresse
J'ai déposé petites pensées
Mauves et dorées
Elles clignaient des yeux
Frémissaient sous le vent du soir
.
Un crépuscule d'oubli
Vient à l'heure du dîner
.
Tu fermes la page
D'un soupir

*

Sous lourdes nuées
Tu observes le temps qui passe
Un moment
Puis un autre
.
Ici tu te plonges
Au délice d'agir
D'initier
Le mouvement juste
Celui que nul ne peut imiter
Puisqu'aucun n'est copie conforme
.
Chacun y va de son geste
Puis rentre chez lui


.
22 août 2015


© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

samedi 28 novembre 2015

Etat chronique de poésie 2639





2639

Il n'est rien resté
Qu'un pâle souvenir
Tu es reparti
Sans un mot
.
Le soleil brillait
Haut dans le ciel
En bas tu grelotais
A l'heure des explosions
.
Il fait si peur en ce monde
Les voici tous
Fermant les issues
Entravant ta fuite
Bâtissant des murs
Où tu ne demandais
Qu'à vivre en paix

*

J'ai si longtemps hésité sur le seuil d'une page, qu'à écrire j'ai perdu mon âme.
J'ai si longtemps tenté de fermer les yeux sur les mensonges proférés, que, perdu, m'en suis retourné suivant ton pas hésitant.

*

Dès lever tes yeux ne voient
Que sang et larmes déversés
A Ankara comme partout
.
Hommes ivres de leurs dieux
Les tuent ainsi que corps assassinés
.
Dès lever tes yeux ne voient
Que peuples massés
Derrière les barbelés de l'esprit
.
Hommes ivres de leurs dieux
Les tuent ainsi que corps assassinés
.
Dès lever tes yeux ne voient
Que main coupée au royaume d'Arabie
Fouets et cimeterres levés pour le crime
.
Hommes ivres de leurs dieux
Les tuent ainsi que corps assassinés

*

Tu voudrais que je parle d'amour
Or dès lever mes yeux voient


.
21 août 2015


© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

vendredi 27 novembre 2015

Au quai des doux soupirs



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Au quai des doux soupirs
Te regardais aborder
Voiles gonflées de rires


Enfant des sables
Coureur d'océan
Flibustier de l'instant
Tu vogues sur les heures
Embarques au navire de tes rêves


L'oriflamme flotte
Au mât de nos rengaines


Tu conjugues ton verbe
Aux côtes d'insoumission

Les flots se retirent
Au lointain paysage
Reviennent au galop
Poser leur mufle humide
Aux digues incomparables
Où tu attends
Pensive

Château d'Oléron, 21 avril 2011

Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, avril 2011, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015





jeudi 26 novembre 2015

En sens aléatoire




"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Dans l'éclat des senteurs
Le soleil s'infiltre
Entre deux frondaisons


Ton rire monte
A l'aplomb des futaies

Heureux
Tu es

Deux yeux bleus
Deux yeux sombres

Et l'ardeur de ton plaisir
Montant au fil des vagues
Sur le sable de ton bonheur


Tu suis le sens aléatoire
D'un jour sans destination

Tes voiles claquent
Dans un frimas de passage

Tu me regardes
L'air moqueur
Pupilles surprises
Devant les mots épars

(Le Douhet, 19 avril 2011)

Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, avril 2011, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015






mercredi 25 novembre 2015

Au silence des nuées




"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



C'est juste avant de virer de bord
Et d'amarrer ma barque
En d'autres rivages
Que pluie et froid sont venus


Nous marchions transis
On nous disait l'écriture perdue
Rien ne ressemblant plus à rien


Ma plume poursuivait son chemin
Au silence des nuées
Qui pleuraient le poème défunt


Ici je vous accorde
Le bénéfice de mes doutes
Ce qui s'écrit ne ressemble à rien
Et je m'en moque éperdument


Nul n'écrit pour sa propre gloire
Mais seulement pour dire
Et dire ni ne rapporte
Ni n'accumule louanges
Sauf à survivre à son propre départ



Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015





mardi 24 novembre 2015

Etrange silence




"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Seule et de dos
Devoir accompli



Etrange silence
Qu'en cette ville assoupie
Nous offre le petit jour


Ardent
Je prête ma plume
Au vent de la révolte

Mes yeux suivent
Une beauté
D'éphémère passage

Puis m'en retourne
L'esprit libre
Le corps léger

Une fraîche clameur
Tombe des frondaisons nouvelles
Temps d'hiver révolu


En longues psalmodies de printemps
Se déclinent les heures muettes
Lèvres serrées d'avoir trop bu de tyrannies


Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015





lundi 23 novembre 2015

Evanoui



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Evanoui
Tu t'es

Evanoui dans le soleil matinal


Tu n'as pas émis un regret


Ton sac lourd sur le dos
Tu as repris
Ta route tissée d'improbable




Sous le pont roman, le torrent roulait ses eaux claires, enrichi d'un printemps trop vite réchauffé.
A l'ouest, un village que tu connaissais dressait sa silhouette altière, entre deux collines obscures.
Regardant les vieux murs, il te vint le souvenir d'autres fous amours qui te menèrent les pieds au bord du gouffre où la vie disparaissait dans une tragique colère.



Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015






dimanche 22 novembre 2015

Miel et âme




"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Alors je t'ai tout donné
Pétales et grands rires
Dans un ciel bleu d'azur


De mes doigts j'ai délié
Les liens qui nous bridaient
En robes et vêtements


De mes yeux j'ai regardé
Ta peau qui brillait
Caressée d'ombres fugaces

De ma bouche j'ai embrassé
Tes lèvres d'amarante
Tes seins de vanille durcie

Dans un silence engourdi
Nous avons roulé dans les herbes
Oubliant du jour toutes nos misères


Ce que nous avons fait
Nul jamais n'en dira rien
Tant nos paroles s'éreintent
En vains chants
Au fond des mémoires perdues


Revenus sur la terre
Tout avait disparu
Miel et âme


Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015





samedi 21 novembre 2015

Ne rien savoir



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Alors j'eus besoin de ta parole
Et de tes yeux

Et de laisser mes mains errer
Au gré de pensées éphémères


Ce que tu attendais


Je vivais dans le doute
Constant
De savoir y répondre


C'était le fond de mon inquiétude
Le gouffre abyssal où je plongeais
Car plus j'avançais dans la lumière
Reflétée des visages qui m'attendaient
Et plus l'ombre en moi me gagnait
De ne rien savoir


A dire vrai
Ne rien savoir


Je n'avais donc comme bouée
Que cette errance solitaire
L'intuition d'un dire au delà du dire
Que mes mains devaient atteindre



Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015






vendredi 20 novembre 2015

Un peuple survit


"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés


Mon pas s'aventure
Aux frontières rêvées

Ne laisse nulle trace
Aux places lumineuses

Un peuple survit
Absent à la folle course
Tient à ce qu'il est
Jamais ne transige


C'est fierté au cœur
Qu'en glaciales cérémonies
Ils dressent rennes
Pour l'aventure

Ici en myriades glacées
Viennent mes plus doux rêves


Je vais devoir
Là bas
Revenir



Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre-octobre-novembre 2015