mercredi 30 septembre 2015

Khalil toujours debout




"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Khalil debout au sommet
Et toi à ses côtés qui chante


Que sais-je de la douleur
Sinon la fuite et l'exil
En tes propres terres


Qui suis-je qui t'adresse la parole
De cette quiétude confortable
Que nul conflit n'interrompt


Khalil debout au-dessus des brumes
Et toi à ses côtés avec tes larmes


Déchirure posée aux paupières
Plaie ouverte au côté
Sein sanglant d'avoir trop aimé


Pauvre de moi de n'être rien
De ce côté-ci d'une mer obscure
Serein et tourmenté de vivre


Mais


Khalil debout au plus loin des étoiles
Et toi qui brille à ses côtés


Extrait de "Gammes", carnets inédits
© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre 2015





mardi 29 septembre 2015

Ex oriente



"Gammes", carnet - Photographie de Xavier Lainé, tous droits de reproduction réservés



Ici tout de blanc vient un vent d'orient

Mais dépouillé de tout
Vidé de son charme
N'étant plus que technique
Déclinée en vains mots

Orient défait de tes attraits

Vaine philosophie éteinte
Sur le tapis de nos maux

Debout en ceintures colorés

Tu mesures le chemin
Qui te sépare du respect

Etre n'est rien d'autre qu'accepter

Parfois d'être mis au tapis
Sanglots avalés

Ex oriente lux

Tout se termine
dans un salut
De la lumière à l'ombre



Extrait de "Gammes", carnets inédits

© Xavier Lainé, juin-juillet-septembre-novembre 2013, janvier-février-avril-mai-juin-juillet-août 2014, septembre 2015





lundi 28 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2607





2607

Elle tourne tant
Qu'en infinis vertiges
Tu titubes sur les rives
Où tes mots s'embrouillent

*

« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
.
A quoi et comment pourrions-nous condamner celles et ceux qui, ignorants, en appellent à fermer portes et frontières, celles et ceux qui fomentent lois et décrets de reconduction aux frontières ?

*

« Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne »
.
A quoi et comment pourrions-nous condamner celles et ceux qui par leurs actes et leur silence, cautionnent toutes formes de dictatures, puis s'offusquent de voir des peuples entiers migrer au risque d'en mourir, mais ferment leurs frontières et en appellent au racisme et à la xénophobie pour encore vilipender les victimes de leurs actions ?

*

« Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »
.
A quoi et comment pourrions-nous condamner celles et ceux, oligarques et présidents de pays « démocratiques », qui ne disent mot ni n'interviennent pour faire cesser les actes de barbarie dont sont victimes nos frères et sœurs humains en tous points de cette terre, et y compris devant nos portes ?

*

« Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé »
.
A quoi et comment pourrions-nous condamner tous ces présidents, ministres ou députés qui par mensonge ou par omission, par leur silence et les lois qu'ils promulguent contreviennent à la liberté des plus pauvres en les enfonçant toujours plus dans leur pauvreté ?

*

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat »
.
Et vous voterez encore pour ceux qui s'assoient sur ce qu'ils ont signé, bannissent pauvres et exilés au nom d'une trouille infondée, pleutres gouvernementaux qui assassinent en silence par injustes mesures de précautions ?

*

« Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays »
.
Ainsi serez-vous complices par votre vote, de ce crime contre l'humanité qui fait de chaque migrant fuyant devant guerres et misères organisées un cadavre potentiel sur les plages de vos vacances sans âme ? A quoi donc pourrions-nous nous condamner pour chaque regard détourné, chaque silence sur les charniers, les têtes coupées, les viols et les pillages ?
.

20 juillet 2015


© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

dimanche 27 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2606





2606

Connaîtrais-tu un filet à mot
Qui puisse conserver ceux qui passent
Puis s'enfuient en volant
Au moment où s'ouvre la page
Que tu en ferais ton affaire
.
Mais comment peux-tu vivre
En cet infini désordre
Où te plongent tes soifs
De consommations éperdues
.
Tu accumules objets
Un vrai salon d'antiquaire
Puis ne sachant plus
Par quel bout prendre
L'ignoble foutoir
Demeure cervelle blanche
Devant le poste qui te houspille
D'en acheter encore
Et encore

*

A trop couper
Tu ne sais plus rien
De ce qui se trame
Au global des choses
.
Ici on sépare
On te pose des frontières
Sur tes paroles hésitantes
Tu ne sais plus
Tu ne sais rien
Pauvre papillon de nuit
Qui te cogne
Aux murs de béton
Où s'épanchent les certitudes
.
Plus tu avances
Moins tu sais
Tu l'écris et le réécris
Mais ton écriture demeure
En l'ombre néfaste
Des pouvoirs
Que tu ne détiens pas
.
Ta boussole tourne
.


19 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

samedi 26 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2605





2605

L'espoir et son point d'interrogation
Se cachent entre des mots d'aurore
L'espoir et son point d'interrogation
Parfois se font si petits et invisibles
Qu'à l'aube te demande et doute
.
L'espoir et son point d'interrogation
Ont une dette immense mais subtile
Auprès de celles et ceux sans compter
Qui se dressent parfois si solitaires
Devant le char des abus de pouvoirs
.
L'espoir et son point d'interrogation
Vont entre les fils de la trame
En couleurs passées et présentes
Tisser ce qui ne s'achète ni se vend
N'a ni langue ni monnaie mais se dit
.
L'espoir et son point d'interrogation
Vont depuis si longtemps d'un pas
Lié au hasard des rencontres dire
Ce que seules oreilles attentives
Savent entendre entre les lignes
.
L'espoir et son point d'interrogation
Traversent toutes les cultures
Gisent avec tous les poèmes
Victimes des autodafés de l'absurde
Et parfois se lèvent poing dressé

*

Puisque l'espoir est tout au bout de tes actes
Avance donc et brise tes chaînes
Ferme donc ce labeur qui t'emprisonne
Prends par la main ta voisine
Qui rêve appuyée à la rambarde
De son balcon d'ennui
Embrassez-vous et marchez
.


18 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

vendredi 25 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2604





2604

Nuria Rial - L'Arpeggiata - Catalan music from the Middle Ages till now
.


.

Partagerai dès l'aube
Le souffle frais
Les mots simples
L'espoir vaillant
.
Tu serais debout sur le quai
Dans l'attente d'un signe
D'un petit poème envolé
Qui vienne en douce brise
Se déposer sur ta fatigue
.
Partagerais dès l'aube
Le temps épuisé
Les vains soupirs
Les pertes de courage
.
Tu serais debout sur le quai
En muette patience
Ce qui vient ne laisse place
Aux rêves essoufflés
Brisés sur les rocs indifférents
.
Partagerais dès l'aube
La soif et la faim
Les intenses désirs
Les doux rêves épuisés

*

Tu ne peux vivre apaisé
En terres d'agitations permanentes
.
Tu ne peux atteindre l'éveil
Que si un jour seulement
Tu as connu l'engourdissement du sommeil

*

Il n'empêche que
Tu voudrais par instant
Savoir mordre
Pouvoir cogner
Sur toute ces petites gueules
Qui du haut de leur fortune
Te méprisent souverainement
.


17 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

jeudi 24 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2603





2603

Tu as tant soupiré
Penché sur tes bosquets
Dans l'espoir d'y trouver
Divine nymphe endormie
.
Que vie te paraît insipide
Lorsque la quête se fait
Sourde à tes profonds désirs

*

Mais voilà que bien sûr
Tu distingues le beau
Sous le voile pesant
De ce monde fermé
.
Tu écris
Mais c'est pour chercher
Ta délivrance
Lime prompte
A scier les barreaux
De tes prisons intérieures

*

Tu poses chaque matin
L'équation des rêves
Sur le tableau noir
De tes nuits d'insomnies
.
D'un regard tu interroges le ciel
Cherches en vain une réponse
Où ne se trouve qu'ébauche
.
Que le sentier et dru et étroit
Qui saurait t'ouvrir d'autres portes
Libres et libérées
De ces verrous rouillés
Qui te murent en tes angoisses

*

Dès lors va cherchant petite idée
A planter en tes plate-bandes
Qui puisse faire germer
Les plantes de la révolte
.
Car tu te réveilles
Avec goût de lassitude
Lorsque rien ne bouge
Devant les crimes répétés
.


16 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

mercredi 23 septembre 2015

Etat Chronique de poésie 2602





2602

Are mou Rindinedha
.


.

Difficile de juger
Difficile de distinguer
Le vrai du faux
.
Sinon qu'à la voix
Sonne le ton juste
Où la feinte
.
Le beau jamais
Ne se négocie
Ni se vend
.
Vous pourrez toujours
Sur la table des défaites
Aligner vos colonnes
Blindées de chiffres et billets
.
Le beau jamais
Ne se négocie
Ni se vend

*

C'est cadeau
Que beauté qui sourit
A la lune rieuse
.
Rien à négocier
En l'hôtel de vos ventes
Lors de vos enchères
Où se bradent nos mémoires
.
Riches vous êtes
Sans doute
Qui étalez sur la table
Vos monnaies de papier
.
Nous voici bien plus argentés
D'aller de notre pas insoumis
Semer révolte et libre pensée
Où vous ne connaissez que soumission
.
Nous sommes de ce vent résolument libre
.


15 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

mardi 22 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2601





2601

Katerina Papadopoulou "Amygdalaki tsakisa" (L'Arpeggiata)
.


.

Ils écrasent sous leurs pieds sales
Leur propre berceau de beauté
Ils vocifèrent en tribus de lâches
Tirent dans le dos de leurs origines
Crachent au visage d'une divinité
.
Europe se meurt d'ignorance
Sous le joug des nouveaux maîtres
Aveugles cyniques et corrompus
Europe désespère sous leur férule
Ils tiennent le couteau et le trésor
.
Rendez donc à Europe sa liberté
Entrez donc en résistance
Puisque pire sourds sont ses bourreaux
Endossez le costume des révoltes
Puisque rien ne peut être sans

*

Au rouleau compresseur
Tu réponds par des mots
.
Aux matraques
Tu réponds par des rêves
.
Pied dans la porte entrebâillée
Tu tentes encore d'envoyer
Dans l'espace des insensibles
Quelque gaz hilarant
Qui les détourne de leurs certitudes
.
Ce qui est brisé
Au cœur même des êtres
Combien de temps
Pour en panser les plaies
.
Une vie n'y suffira
Qui passe si vite
Qu'à peine éclos
Te voilà déjà vieux
Assis sur le seuil de ta remise
Dans le silence de ce désert
.


14 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés

lundi 21 septembre 2015

Etat chronique de poésie 2600





2600

Un jour ce sera toi
Peut-être
Ventre gonflé sur une plage
.
Un jour tu en seras
Sois-en certain
Et nul photographe
Ne viendra prendre ta dépouille
Pour la répandre sur les ondes
Soulevant cris d'orfraie
.
Les bien pensants bien sûr
Vont de leurs mots de certitude
Marteler leur indignation
Puis s'en iront voter
Pour les mêmes criminels
.
Un jour ce sera toi
Pitance hideuse
Qui flottera entre deux eaux
Comme tu auras vécu
Le cul entre deux chaises
Profitant du système
Tout en le vouant au gémonies
.
Quelque chose est rouillé
Dans tes forces de réactions
Tu aurais du depuis longtemps
D'un coup de colère
Virer l'engeance prometteuse
Qui tisse en sous-main
Le couperet des misères
.
Qu'importent donc tes vains mots
Tes vingts mots ou plus
Qui tomberont impuissants
En la léthargie d'un temps aveugle
Et sourd à tous les cris
Sourd à toutes tes révoltes

*

Un jour tu viendras
Poussé par les courants
Déposer ta colère pourrie
Sur les plages où d'autres
Se prélassent en vacances d'infamies
.


13 juillet 2015

© Xavier Lainé, août 2015, tous droits réservés