mardi 30 juin 2015

Etat chronique de poésie 2517




2517

Tu fais demi-tour
Refuse de voir ce monde
Et sa lente agonie
.
Tu avances rasséréné
Dans le jour printanier
Quelques roses à la main
Rouges sang
.
Qu'importe à la foule
Qui tu es en cet instant
Tu œuvres en ce fleuve
Ecris à perdre haleine

*

Il te faudrait cet état de grâce
Y croire encore
Lorsque tout s'écroule
.
Il te faudrait savoir tenir
Le flambeau allumé
D'une poésie ouverte
Sur l'horizon merveilleux

*

Temps gris et menaçant
Douceur moite d'un matin blême
Printemps étiré en masse nuageuses
.
Le matin parfois s'étire
Tend la corde de vivre
Dès les paupières ouvertes
.
Tu regardes au-dehors
Cherches à lire
Dans les lignes du ciel
Le texte inédit
.
Tes pensées dès lors s'éteignent
Entrent en hibernation
Dans l'entrelacs étrange
De tes neurones engourdis
.
Tu tentes avec peine un petit lever
Avec douleur en tête l'horizon se dérobe
.


21 avril 2015 

© Xavier Lainé, juin 2015, tous droits réservés

lundi 29 juin 2015

Etat chronique de poésie 2516





2516

Pavé battu de mille pieds usés
D'avoir trop oeuvré sous le joug
Ils rêvent d'un pied de biche
A en défoncer les rues

*

Perdu vois-tu
C'est perdu d'avance
Lorsque mémoire flanche
Au bord du précipice
Où se penche foule
Conditionnée en son mal vivre

*

Qu'importe le brin et les clochettes
Puisque désormais n'est plus
Qu'ennui multiplié
.
Le buste courbé
Vont les êtres sans mémoire
Qui ne savent le sens de l'histoire
Ni qu'ils en sont les acteurs

*

Terre fait le gros dos
Laisse jaillir en laves
Sa colère
.
Toujours plus miséreux trinquent
Sous les coups de boutoir
D'un temps désarticulé

*

Aux tempêtes succèdent les pleurs
Avalanches de mauvaises nouvelles
.
Puits à sec d'avoir trop patienté
Lorsque les temps se faisaient avare
.
C'est d'avarice que se repaissent les tragiques
Errant en couloirs dorés sous les coursives
D'un pouvoir illusoire
*
Mais que feront-ils donc
Les chancres
De leurs richesses immenses
Si mal acquises
.


20 avril 2015 

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

dimanche 28 juin 2015

Etat chronique de poésie 2515





2515

Andreas Düben Senior (Gustave Düben), Pugna Triumphalis :



Quelque chose de grave
Sais-tu
.
Quelque chose est venu qui dépasse
Toutes pensées
Tout espoir
.
L'âme se fond
En des nuits éternelles
.
L'esprit divague
Dans l'attente de saisons claires
.
Il te faut évoquer
Puissance et misère
Suivre entre deux portées
L'art et la manière de dire
.
Puisqu'au creuset des arts
Musique suit son harmonie
En des temps avancés
Peut-être trop vite éteint

*

Mais plonge avec délice
Dans les doux souvenirs
.
Puisque ne restent plus qu'eux
Une fois territoires d'avenir
Dépeuplés de leurs rêves

*

Or voilà que les nuées
Font grise mine
Au matin des révolutions
.
Tant démunis qui ignorent
Qu'en un jour se condense
La mémoire et la gloire
.
Pavé battu de mille pieds usés
D'avoir trop oeuvré sous le joug
Ils rêvent d'un pied de biche
.


19 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

samedi 27 juin 2015

Etat chronique de poésie 2515





2515

Tu ne sais rien faire d'autre
Qu'aller de ton pas d'insurgé
Frapper de plume raide
La nuque fétide des nantis
Tu ne vis qu'en cet état fébrile

*

J'ai tenté de feindre
L'effacement et l'oubli
Pioché à même les soupirs
Ma soif de révolte
.
Rien n'est venu
La source des insurrections
Semble tarie
.
Ne nous reste qu'espoir
Muré entre deux certitudes
Que vie ne peut être
Où s'épanchent vaines fortunes
.
Rien n'est venu
La source des insurrections
Semble tarie
.
Dès lors m'en vais jouer
Avec le temps comme simulacre
Puisque rien ne tient en cet instant
Sinon la presque certitude
D'être là où devoir m'appelle
.
Rien n'est venu
La source des insurrections
Semble tarie
.
J'ai brûlé l'ultime page
Jeté aux orties mes derniers rêves
Saisi la truelle et le marteau
Construit les digues
.
Ô si douce solitude
Offerte à l'âme qui cherche
Sans rien savoir
Mais plonge avec délice
.


18 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

vendredi 26 juin 2015

Etat chronique de poésie 2514





2514

Ils viennent avec un dieu défait
Affirmer leur droit au salut
Dans la mort et le sang versé
Des innocents
.
Leur bras est armé
Tu connais les marchands
Tu peux même savoir
Le prix des armes
Mais jamais celui du sang
.
Tu sais pleurer en silence
Lorsque le crépuscule tombe
Parmi les cris de martinets
Eux au moins ne connaissent rien
De la tragédie de se dire humain
Parmi les mufles hideux
.
Ils répètent à l'infini
Les vieux modèles périmés
Les recettes nauséabondes
Où se perdent les âmes isolées
.
Combien de femmes et d'enfants
Sur l'autel du prix des armes
Sacrifiés en toute connaissance
.
Tout le monde
Ou presque
S'en moque

*

L'ultime refuge est un doux vent
Dans les jeunes feuillées
Où se tient tapie
La beauté d'un sourire
.
Tu la regardes
Ne fuit en rien son regard
Glaive planté
Au cœur saignant
Où coule lave violente
.
Tu soupires dans ce murmure
.


17 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

jeudi 25 juin 2015

Etat chronique de poésie 2513





2513

Puis reprendre le fil
Recoudre les morceaux
Puisque ce que nous sommes
N'est que pâle présence
En ce monde hanté
.
Tu ne peux que mesurer
L'ampleur des dégâts
Observer la pente vertigineuse
Devant les roues d'un véhicule sans frein
.
Un mur vient
Plus dur que tous
Dressé de main de maître
En travers de ton chemin
.
Tu sais l'obstacle tout proche
Tu sens le moment du fracas
Tu poursuis pourtant ta route
Dans la feinte insouciance

*

Un printemps pourtant avait mûri
En larges feuillées ébouriffées
Dans le vent frais d'un vain retour
.
Ici commence ton errance
Lorsque puisant aux veines du silence
Les mots se font hésitants
Devant la porte de tes doigts
.
Tu admires l'oeuvre de nature
&
Revenant sur tes pas
Découvre avec stupeur
L'ombre portée des hommes perdus
.
Ici et là se noient
Les plus désespérés
Ceux qu'indignes ont livrés
Aux canons sciés
Des hordes barbares

*

Ils viennent avec un dieu défait
.


16 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

mercredi 24 juin 2015

Etat chronique de poésie 2512





2512

Le grain des mots se meurt
Noyé en des rivières nauséabondes
Ce que tue ce monde
Ne repoussera plus
.
Nous irons donc solitaires
Puisque hommes damnés d'en être

*

Ce n'est pas que tu perdes la voix
Mais c'est qu'il faudrait gueuler tout le temps
.
Alors tu gueules
Tu vocifères en dedans
Tu fais des nœuds avec tes tripes
Tu te retiens d'aller déterrer
Pelle et pioche de guerre
Pour arracher les pavés à nouveau posés
.
Tu rêves de barricades
De drapeaux rouges sang
Alliés au noir de nos désespérances
.
Tu rêves d'un mouvement
Qui ne soit plus souterrain
Gagnant une à une
Les consciences endormies
Sous le flot nauséabond
.
Secouez-vous donc
Gens qui dormez
N'acceptez plus
Ni compromis
Ni soumissions
.
Je rêve d'un temps de fraternité
Où me lever serait apporter pierre
A l'oeuvre commune
D'une humanité en marche
Tenant son destin en mains propres
Une fois le joug soulevé
Et jeté aux orties des indifférences

*

C'est grisant de défier le temps
.


15 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

mardi 23 juin 2015

Etat chronique de poésie 2511





2511

Dans la galerie des faux-culs
Pérorent les couards et les assassins
Mains sanglantes d'avoir tressé
Les couronnes d'épine posées
Sur le front bas de peuple égorgé
Requiem donc requiem

*

L'imposture bat son plein
Elle plane dans les couloirs dorés
Trouve ses ambassadeurs
Largement rémunérés
Sur le dos des peuples
.
L'imposture est normale
En terre de mensonge

*

Ouvrez donc vos yeux
Gens qui vous laissez aveugler
Ne perdez point contrôle
De vos actes et peines
.
Ils vous veulent à genoux
Pleurant sur sort ignoble
Déversent leurs immondices
En vos joies évanouies
.
Ils sont boue eux-mêmes
Les sinistres qui trempent
Au bénitier de leurs austères croyances

*

Dès lors creusant mon sillon de colère
J'irai semer l'ivraie des révoltes
Je me ferai insurgé permanent
Coupable aux yeux du monde
D'en être le fossoyeur
.
Quelque chose se brise en l'écriture
Puisque ténèbres nous gagnent
Chaque jour un peu plus
.
Le grain des mots se meurt
Noyé en des rivières nauséabondes
.
Ce que tue ce monde
.

14 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

lundi 22 juin 2015

Etat chronique de poésie 2510





2510

La révolte n'est jamais définitive
Elle est en perpétuelle recherche

*

Pas un jour sans adrénaline
Pas un jour sans soupeser les pavés
Songer au pied de biche
Ouvrir la porte au flot des colères
.
Puis las m'en retourne
Puisqu'en insipides informations
Va la toile des rêves insinués

*

En fracas de tempêtes intérieures
Mes jours s'écoulent amers
.
Des gouffres sombres s'ouvrent
Où mes pas se déposent hésitants
.
La terre est ferme à qui s'affirme
Sous le vernis brillant de son caractère
.
Qui ne sait vraiment ne peut que s'alarmer
Puis s'effacer sous le scalpel d'un temps absurde

*

J'en ai vu tant agoniser
Pliés sous le joug fatal
Des dominants si sûrs d'eux
.
J'en ai vu tant mourir
Sans l'ombre d'un soupir
De ces bonnes âmes
.
Voyez donc en quelle avarie nous sommes
Puisque mort n'indigne personne
Voyez donc

*

Que nuées noires s'amoncellent
Cachant l'azur délicat de nos printemps
Qui s'en inquiète
Personne
.
Dans la galerie des faux-culs
Pérorent les couards et les assassins
.


13 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

dimanche 21 juin 2015

Etat chronique de poésie 2509





2509

Assis aux bas-fonds
Beauté exquise endormie
Contre paysage qui défile
Loin des fureurs de troisième mi-temps

*

M'en vais de révolte en colère
Gravissant les cimes de désespoir
Mains perdues en des couloirs sombres
.
Où ninjas bleus attendent arme aux pieds
Les petites frappes provoquées
En leurs fiefs de cocaïne
.
Vont et viennent les vigiles
S'attroupent devant sac solitaire
Retardent trains et bus
Sans vergogne ni mots d'excuse
.
Délire à toute heure
Puisqu'il vous faut sécurité
Absolue absence de risque
Où vie n'est qu'aventure

*

M'en vais donc suivre cette route
Otant un à un les pavés
Pour bâtir une histoire moins terne
.
Mes mains vous cherchent
Beautés radieuses
Icônes d'un temps à construire
.
Car rien n'est offert sans amour

*

En territoires de révolte
Il me faut sans cesse reconquérir
Ce qu'hier les vautours ont pillé
.
Toujours remettre à l'oeuvre
Ce qui hier construit
Fut frappé et dévoré
Par chacals du pouvoir
.
La révolte n'est jamais définitive
.


12 avril 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

samedi 20 juin 2015

Etat chronique de poésie 2508





2508

Puisqu'il faut bien vieillir
Prendre l'an qui passe sans retour
Un œil dans le rétroviseur
Voir les actes dépassés
.
De révoltes en insoumissions
Je n'arrive à me guérir
Je rêve

*

Qu'importent sagesse et balivernes
J'arpente le territoire déserté
D'où nulle lutte n'apparaît
Dès lors que chacun en son jardin
Attend que quelque chose tombe
Comme pomme sur tête
De ce brave Newton
.
Mais rien ne vient
A qui jamais ne se met à l'oeuvre

*

Hurlez donc parmi les fauves
A défaut de vous tenir debout
Parmi les justes
.
Ne venez point pleurer
Une fois la porte verrouillée
Sur vos rêves décharnés

*

Une nuit s'étend
Qui ne trouve plus son aurore
Puisque vous ne savez agir
Avec la détermination de justice
.
Je regarde avec attention
La foule qui erre
Aux couloirs sombres
Des métropolitains
.
Quelque chose en la beauté sourit
Sitôt bémolisé de misère endémique

*

A trop courir savez vous ce que perdez
Que jamais ne retrouverez
.


11 avril 2015 

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés