dimanche 31 mai 2015

Etat chronique de poésie 2490





2490

Dépouillés
Vous allez
.
Dépouillés
Ne sachant
.
Dépouillés
Vous votez
.
Dépouillés
Ne savez
.
Ce qu'il en est du beau
Enfoui sous les interdits
Vous voici
Dépouillés
.
Dépossédés
Sauf d'étrange démon
Vilaines impostures
.
Un sursaut
Juste un
Par pitié
Au moins
.
Un dernier pour voir
Si peut-être
Pourrait s'ouvrir
Belle parenthèse

*

Si loin de tous ces bruits
De ces relents nauséabonds
De ces stériles querelles
Une musique vient
Ouvre les portes et nous élève

*

Puis le couvercle retombe
Une fois l'urne des rêves entrouverte
Sur les doigts de poétiques pensées
Se referme la porte abrupte
.
De quoi rêvez-vous donc
En terre d'où avenir se brise
Aux froids calculs sans code d'accès
.


22-23-24 mars 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

samedi 30 mai 2015

Etat chronique de poésie 2489





2489

Perdre pour mieux chercher

Ouvrir les portes du silence

A la vague furieuse du temps

Un clin d'oeil du ciel plombé

Tombe sur nos souvenirs béants

Ici commence l'avenir clair

Sur le pas de ta porte entrouverte
.
Derrière les murs de béton

Voguent la mémoire sans voile

Perdre perdre sans limite

Pour mieux chercher l'introuvable

Perle délaissée sur les rives

Roulant de vague en vague

Infime lumière trop vite étouffée
.
Perdre pour mieux chercher

En l'aube délicatement éperdue

L'âme et le corps en émoi

De n'avoir pas su t'ouvrir

Aux lames de fond d'un temps

Aux abois d'avoir trop attendu

Tes mains tremblent de froid

*

C'est en pure perte
Que salive se démène
Pour articuler sons
En phrase bien tournées
.
Ce qu'il faut
Ne doit rien dire
Du tourment
.
Poésie ne peut clamer
Poésie ne peut entrer en colère
Poésie doit parler de vos rêves
Sirupeux sommeils
Où le monde est si beau
Que nul ne songerait
A en contester les bases
.
Le poète pour avoir sa médaille
Se doit d'aller au pas commun
Ne sortant du lot que par jolies tournures
Où tant pataugent dans la boue
.


21-24 mars 2015

© Xavier Lainé, avril 2015, tous droits réservés

vendredi 29 mai 2015

Etat chronique de poésie 2488





2488

Parfois je m'arrête
Mots en berne
Matinée pluvieuse
.
Parfois m'en vais
Cherchant je ne sais quoi
En marche solitaire
.
Me faut tant de silence
Tant de respiration
Tant de petits vents
.
Puis demeure suspendu
Au dessus des flots gris
Deux pieds dans la boue
.
D'ici contemple le temps
Et son éveil tardif
Et m'en retourne

*

Tu laisses le vide envahir la page
Contemple le silence posé à la ligne
Un point final serait bienvenu
Où mots s'accumulent en fleuve
.
Ne rien savoir faire de ce que main écrit
Laisser en jachère le rythme du temps
Parcourir un instant ce qui fut
Puis retourner au silence implacable
.
Sais-tu seulement pourquoi
Plume et doigts s'accordent
En quelle vanité sacrilège
Tu ajoutes pages aux pages
.
Si tu ne sais apprends à te taire
Tisse les fibres muettes
En voile opaque
.
Ne laisse donc rien voir
De ce flot qui te hante
Fuis
Fuis tant qu'il est temps
Reviens à l'obscur
Et pleure
.


16-20 mars 2015

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

jeudi 28 mai 2015

Etat chronique de poésie 2487





2487

J'ai regardé les larmes du ciel
Couler sur les paupières roses
D'un prunier saluant le printemps
.
Les deux pieds dans la boue
J'ai suivi le cours gris des eaux
Zébrées de branches tombées
.
Un dimanche de brume
Coeur en bandoulière d'avoir trop rêvé
Me suis évadé sur des ailes d'aurore
Goûtant au délice solitaire
De ma ville silencieuse

*


Ici et là s'envolaient
Petits signes de vie
En volutes de fumées
Signant un lent éveil
.
J'oeuvrais à ces petits riens
Qui font que matin se fait beau
Sous les grises pensées du temps

*

J'ai tissé dans le silence
La couronne de douces prières
Laissé dériver au fil du courant
Mes mots perdus en l'antre du jour
.
Aucun livre jamais ne s'en fera mémoire
Ainsi va le sort à qui ne sait pérorer

*

Ouvre donc tes heures
Passant un instant arrêté
Ouvre donc les pores de ta peau
Les pailles de ton esprit
A la douce beauté un instant tenue
Dans la rencontre de deux verres d'oubli
.
Ne détourne pas les yeux lorsqu'amour
Tend ses bras d'infinies tendresses
Au sombre théâtre où s'agitent les ombres

*

En l'ultime silence
M'en vais te rejoindre
Ô sublime offerte
.


15 mars 2015 

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

mercredi 27 mai 2015

Etat chronique de poésie 2486





2486

Te voilà rêveur
En la rencontre de Pétrarque
Et Laure effacée

*

Tes pas sur le sable
Juste avant la marée
En l'équinoxe de ces temps
Cherchent saison favorable
.
Ombres
Ombres sur le tableau
De tes jours perdus
Où d'amour sans
Tu allais
D'exil en exil
Petites larmes versées
Dans les froids matins
De tes révoltes enfouies


*


Désormais tu sais
Tout l'artifice des mots
Le danger de leur marée
Déversée aux heures pâles
.
Tu devines tant de regards
Derrière le paravent des pages
Ouverts à tes errances

*

Ne pas flancher
Ne pas quitter tout à fait
Le territoire des écritures
Perdues et retrouvées
Vaines paroles
Inaudibles
.
Tu voyages
Changes d'horizon
Quittes le blême et le sordide
Où se complaît ton temps
.
Regardez donc
Gens de passage
En quelle amertume nous plonge
Un monde sans échine
Un monde sans grandeur
.


14 mars 2015 

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

mardi 26 mai 2015

Etat chronique de poésie 2485





2485

Puis faire comme si
Comme si tu ne savais pas
.
Pourtant tant de cris
Tant de livres
Tant d'articles
Mais fais comme si
Comme si tu ne savais pas
.
Rien de pire en l'esprit
Que son absence
Et même pire
La triste croyance
En son évanouissement
En la tête des autres
.
Ce qui te permet
De faire comme si
Comme si tu ne savais pas

*

Croire en la bêtise
Ce dieu souverain
Qui domine de ses dogmes
Les tristes servitudes
.
Croire en l'indifférence
Cette pauvre complice
Des temps sombres
Où mufles fulminent
Au-dessus des charniers

*

L'Homme ne brille guère
Sauf en ses lumières
Ephémères brûlots
Dans la nuit de ses actes
.
Il lui faut tomber
Faire naufrage
Sombrer au plus profond
Pour découvrir
En son âme meurtrie

*

Te voilà rêveur
Côtoyant Dante
Et l'ombre de Béatrice
.


11-13 mars 2015

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

lundi 25 mai 2015

Etat chronique de poésie 2484





2484

Vide
Vide abyssal
Où plongent les pensées
En absence d'entretien
.
Manque de graisse
Manque d'huile
Manque de carburant
Sis entre les pages
Qu'aveugles brûlent
En contrées perdues
.
Qu'est la mémoire
Sinon l'absence de preuves
La présence de pierres
Ultimes témoignages
.
Pas anodin
Le plaisir de brûler
La folie de piller
La hantise de détruire
Juste avant extinction
.
Un jour sur planète triste
Ne subsisteront aucune traces
Aucune empreintes
De ce que fut l'homme
Pris de vertige
Dans ses discours aveuglés

*

Rien à opposer
A ces hordes sans esprit
Sinon murmure pitoyables
Une fois les haines déchaînées
.
Vous irez meurtris
Bien évidemment
De n'avoir su ni pu
Empêcher le crime
.
Vous ne verrez jamais
En quel limon infertile
Se sont nourries les haines

*

Dès lors plus rien ne trouve grâce
.


10 mars 2015

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

dimanche 24 mai 2015

Etat chronique de poésie 2483





2483

Sous l'emprise de la beauté
Va cœur soupirant
Cueillir les petits mots de l'aube
.
Que le temps s'évade sous tes pas
Que la parole se fasse vaine
Rien ne change sur ta planète
.
Toujours tu luttes
Tu combats
Par la seule force des pensées
L'ombre terrible des certitudes

*

Quelque chose est grippé
Qu'aucun vaccin ne saurait enrayer
Puisqu'ignoble barbarie se répand
.
Tu voudrais
Parvenu au crépuscule
Répandre parole joyeuse
Laisser tes mains défaire
Le corsage de l'amour
.
N'est que honte et tyrannie
Où l'homme descend d'un étage
A chacune de ses ignominies

*

Combien de poèmes
Ecrits en vain
Clamés dans la rougeur
D'un couchant effrayé
.
Combien de clameurs
Montées à gorges perdues
Dans ce désert d'hommes sans cœur
Sans esprit sinon leur idolâtrie
.
Combien de cris suppliciés
Combien de larmes répandues
Pour qu'un soupçon d'humain
Pointe au détour d'une page
Dans une aurore flamboyante

*

Tu rêves sur cette rive
D'oiseaux heureux
.


9 mars 2015

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

Etat chronique de poésie 2482





2482

C'est un peu court
Un seul jour
Puis l'absurde fermeture
Trois cent soixante quatre autres
.
C'est un peu court
Mais déjà ça
Dire je t'aime
Encourager les luttes
Les voiles tombés
Les nues créations
Contre masculine dictature
.
C'est un peu court
Tu devrais te taire
Se battre pour la liberté
N'est point affaire d'un instant
C'est question de dignité
Question de beauté aussi
.
Qui d'autre que femme
Pour dire avec splendeur
Le nécessaire envol
De pensées sans joug
.
Qui d'autre que femme
Pour avec splendeur
Rabattre l'arrogance
Mâle engeance
Imposant avec suffisance
Brides et licols
Au fin cou libre et fier
.
Dès lors vont les idées
Qu'elles rêvent tout éveillées
D'un monde d'égalité
Où femmes et hommes
D'amour berceraient
Naissance d'un nouveau monde

*

C'est un peu court
Un jour pour te dire
Qu'avec amour et sa vague
Nous irons libres et nus
En l'Eden de nos espoirs
.


8 mars 2015 

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

vendredi 22 mai 2015

Etat chronique de poésie 2481





2481

Tu aurais aimé
Ouvrir grand tes bras
Et qu'intense beauté
S'y blottisse
Comme un signe de printemps
.
Tu aurais aimé
En langoureux baiser
Entamer la route du jour
Temps suspendu
A l'intensité des soupirs
.
Tu aurais aimé
Dégrafer les ultimes attaches
Libérer les somptueux désirs
Déclinés en épaule nue
En courbes avenantes
.
Tu aurais aimé
Couler un temps d'aurore
Sur l'arrondi de folle beauté
Peau effleurée dans la douce clarté

*


Ne t'est resté que goût amer
Lorsque belle enfuie
Murée en étrange silence
Tu demeures en petit matin blême
.
Car n'est plus qu'amour
Pour conjurer les tristes sorts
D'un monde à l'agonie

*

Tu as tant attendu
Bras ouverts et lèvres ardentes
Que vienne se poser le papillon tendre
D'un jour de fol oubli
.
Que vaine fut ton espérance
Chaque jour ressemble au précédent
Lorsque le jour se lève hagard
.
Bras vides tu suis ton chemin
A l'ombre des rêves déçus
Qui font linceul d'une vie
Puisque toujours détournée
.


7 mars 2015 

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés

jeudi 21 mai 2015

Etat chronique de poésie 2480





2480

Il est parfois bon de regarder en face le passé
Avant que nous saute à la figure les bévues
.
Ils savaient ce qu'il faisaient
Ils savaient quoi faire
Et avec qui
.
Le crime est de n'avoir pas vu
D'avoir refusé de voir
Qui était de quel bord
Quel serait le capitaine
Coupable de notre naufrage
.
Il est bon de revoir le passé
Aux lumières du présent

*

Tant de vents contraires
Tant de contrariétés
Qu'à demeurer joyeux
Tu finis coupable
.
Beauté demeure refuge
Lorsque naufrage s'en vient
Lorsque coque déchirée
Le navire tangue et gîte
.
Dès lors face aux nuées
Tu dresses la force des mots
La vigueur des notes soulevées
Voix comme ultime voile
.
De telles harmonies t'invitent
Que rien ne saurait te détourner
De ton sentier d'étroit vertige
D'où jeter tes mots comme sort
.
Tant de vents contraires
tant de contrariétés
Qu'à demeurer joyeux
Tu te sentirais coupable

*

Le poème gît en révoltes défaites
En vêtements épars sur le sol des détresses
Le poème gît en ruines balayées
Où la mémoire se fait poussière
.


5-7 mars 2014

© Xavier Lainé, mars 2015, tous droits réservés