mercredi 29 avril 2015

Etat chronique de poésie 2459





2459

Sous un oeil de lune
Et quelques flocons fragiles
Tu arpentes les sentiers
Solitaires et solidaires
.
Sous un oeil de lune
Et quelques flocons fragiles
Tu déposes en l'âtre froid
Le feu et la braise de vivre
.
Sous un oeil de lune
Et quelques flocons fragiles
Tu dessines en la brume
La minuscule empreinte
.
Sous un oeil de lune
Et quelques flocons fragiles
Tournes et retournes
Entre draps futiles ton âme
.
Sous un oeil de lune
Et quelques flocons fragiles
Ouvre le champ des pensées
Aux surprises jamais vaines
.
Sous un oeil de lune
Et quelques flocons fragiles
Nez en l'air contemples
Dansent les nuées malignes
.
Sous un oeil de lune
Quelques flocons fragiles
Rêves accrochés au ciel
Plume va de ses yeux ouverts
.
Sous un oeil de lune
Quelques flocons fragiles
Danse des flammes
En l'âtre des rêves

*

Ne restent qu'eux
Pour veiller sur nos âmes
Perdues d'avoir trop souhaité
Le meilleur en la place du pire
Dans un train de jouvence
.


4-11 février 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

mardi 28 avril 2015

Etat chronique de poésie 2458





2458

Il te faut apprendre le refus
Ultime rempart lorsque tout
S'écroule et se disperse
.
Ne pas plier sous le joug
Te redresser et regarder
Droit sans baisser les yeux
.
Il te faut apprendre le refus
Apprendre à vivre debout
Sans t'agenouiller ni taire
.
Mettre ton pied rageur
Dans la fourmilière commune
Observer l'agitation qui suit
.
Il te faut apprendre le refus
Tourner le dos au flot banal
Des soumis de toutes croyances
.
N'attendre aucune bénédiction
Dès lors que libre en tes pensées
Tu vas de ton pas léger
Eveiller d'un aiguillon de beauté
Les endormis de tous les temps

*

Aux pensées libres
Ils s'attaquent
Les lâches
.
Aux âmes libres
Ils mettent les fers
Les traîtres
.
Ils n'ont que mort aux lèvres
Sabres au clair
Sombres brutalités
Pour tout passeport
.
Discours creux
Ils sèment sables du désert
D'où toute trace de vie
S'efface sans retour
.
Ils sont la lèpre d'un temps tragique
.


3 février 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

lundi 27 avril 2015

Etat chronique de poésie 2457





2457

Qui ne plante des roses ne peut que pleurer
Regardez donc les visages déconfits

Lorsqu'ivraie pousse au terreau

Que bêtise se répand en vagues
.
Qui ne plante des roses ne peut que pleurer
Lorsque pays se perd en méandres
Ne sait encore à quel vinaigre

Prétendre boire jusqu'à nausée
.
Qui ne plante des roses ne peut que pleurer
Car la récolte vient toujours

A qui ne connaît rien des indices

Petites failles devenues trop grandes
.
Qui ne plante des roses ne peut que pleurer
Ce qui vient lorsque nuit dure

En l'esprit perverti d'un peuple

N'apporte aucune lumière
.
Qui ne plante des roses ne peut que pleurer
Lentement vient le vers dans le fruit
Ronger toute forme de vie éteinte
Pourriture guette au fond des urnes
.
Qui ne plante des roses ne peut que pleurer
L'urne se fait funéraire aux imprudents
Menteurs impénitents et sans remords

Le sol se dérobe sous vos pas
.
Qui ne plante des roses ne peut que pleurer

*

Tu descends en ton jardin
Roses et rosiers fanés
En plein cœur de l'hiver
Ouvre tes pensées
Où s'égarent tes certitudes
.


2-3-4 février 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

dimanche 26 avril 2015

Etat chronique de poésie 2456





2456

Lorsque vient matin
En nuit attardée
Sur les épaules d'un rêve
Tu ne sais ce qui arrive
.
Tu regardes et écoutes
Tant de voix élevées
Clamant la douceur d'un instant
La fragilité d'un moment
.
Tes doigts hésitent
Sur la porte du temps
Vient l'heure de contempler
Si belle jeunesse épanouie
.
Ô va de ton chant ardent
Eveiller nos pauvres indignités
A d'autres utopies à accomplir
Lorsque nuit s'attarde
.
Paupières lourdes
Sur des désirs d'aurore
Tu ne sais quels contours
Dessiner de ta plume involontaire
.
Créer avec ta soif
Créer avec ta faim
N'attendre nulle récompense
Créer avec ton âme
.
Lorsque vient matin
En nuit mutine
T'attardes en tendre soupir
D'un enfant assoiffé

*

De quelle soif
De quels rêves
De quelle nuit
Viens-tu
.
Toi qui est
Qui demeure
Assis dans la nuit
D'un doigt hésitant
Montre les étoiles
.


1er Février 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

samedi 25 avril 2015

Etat chronique de poésie 2455





2455

Mais peut-être est-ce cela
Vivre à l'ombre de tout ces bruits
Marcher sur des chemins de traverse
Eviter les voies trop usitées
Usées d'avoir servi les mêmes maîtres
.
Mais peut-être est-ce cela
Chercher la beauté d'un instant
La saisir sur la toile des rêves
Se défaire des mots répétés
Ouvrir l'oeuvre d'un jour
.
Mais peut-être est-ce cela
Tourner le dos aux foules
Revenir au silence tant peuplé
De ces idées qui ne suivent
Aucune mode aucun défi
.
Mais peut-être est-ce cela
Vivre en poète dans le retrait
Regarder de loin sans brider ses colères
Ouvrir sa porte à l'indigence de ce temps
Cultiver les révoltes à l'abri des regards
.
Mais peut-être est-ce cela
Mots jetés au pavé froid de nos hivers
Cultiver le printemps des pensées
En l'humus fertile de jeunesse impétueuse
Pour ne pas mourir sans avoir vécu
.
Mais peut-être est-ce cela
Avancer coeur ouvert à tous vents
D'une page attentive sentir le printemps
Affleurer sous les couches neigeuses
De jours affligés sous les coups aveugles

*

Lorsque tu te met devant la page
Incertain tu avances à tâtons
Sans rien connaître de ce qui viendra
.
Créer ne se dicte ni se commande
Ne se prévois ni se programme
Créer ne répond qu'à un impératif
Celui de vivre sans masque
Et avancer au grand jour
.


31 janvier – 1er février 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

vendredi 24 avril 2015

Etat chronique de poésie 2454





2454

Un jour je m'en irai très loin
Je pousserai les limites
Franchirai les frontières aveugles
.
Si long le chemin ouvert
Sur les rêves ardents
.
J'irai par celui-là
Qui est le plus étroit
Qui tourne le dos
A toutes les dominations
.
Il leur faut tant de sang
Aux assoiffés d'or
Qu'à ramer sur leurs galères
Tu t'épuises camarade
.
Si long le chemin ouvert
Sur les rêves ardents

*

Voyez en quel climat
Nous faut vivre
Qui ne cesse
De se mentir
.
Démission
Puisque insurrection
Jamais n'arrive

*


Ouvrez donc la cage
Où folles idées volètent
D'un perchoir à l'autre
Derrière les grilles froides
.
Ouvrez donc les frontières
Aimez-vous donc
Sans bornes
Jetez aux orties
Les présomptions coupables

*

Les yeux ouverts sur un matin glacial
Tu vas de tes doigts détricoter
L'écharpe étouffante d'un jour sans gloire
.
Froid en dedans comme au dehors
.


30 janvier 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

jeudi 23 avril 2015

Etat chronique de poésie 2453





2453

Probable sérénité une fois la page tournée
Que l'espoir se lève à l'aurore d'un temps perdu
.
Voix lancée à l'assaut des mondes vacillants
Les certains iront de leurs discours creux
Enflammer la terre de leurs vindictes molles
.
De sérénité tu apprends à border ton espace
Délicat refuge déposé entre les mots tendres
Sur la page de tes trop longs silences enfuis
.
Tu cherches l'impossible réconciliation
Une fois le sang répandu sans raisons
La plaie ouverte jamais ne se referme
.
Dès lors va de ton pas un peu hagard
Boire à la coupe solitaire des songes
Et laisse voguer tes rêves entre deux nuées

*

Pourtant
A quoi bon les rêves
S'ils ne restent que
.
A quoi bon idées et théories
Si ne demeurent que


*

Dès lors que t'absentes
Sur les chemins tors
D'un temps de déroute
Regardes le monde aller
Te poses questions
.
Dès lords que t'éloignes
Vers l'horizon hésitant
D'une distance solitaire
Doux éloignement
Tendres compromis
Entre ce qui est
Pourrait être
Mais demeure en l'état
.
Puisque rêves envolés
Eclatés sur le mur absurde
Tu t'assois transis
De n'avoir rien vu venir
.


29 janvier 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

mercredi 22 avril 2015

Etat chronique de poésie 2452





2452

Il y a toujours un jour d'après
Un jour étrange qui se demande
Sur quel pied danser
.
Bras ballants tu traverses
Les allées solitaires
Pensées en vrac
.
Tu cherches l'harmonie
Ne trouves que grand chahut
D'où n'émergent que récifs
.
Il y a toujours un jour d'après
Qui te permet de mesurer
L'ampleur du naufrage
.
Voies d'eaux ouvertes
En la coque du navire vivant
Tu sais devoir écoper
.
Tu sais devoir écoper
Mais ils ne te laissent
Qu'un dé à coudre
.
Il y a toujours un jour d'après
Un jour où les vaincus
Rageurs te ferment porte au nez
.
Tu reviens dès lors à la distance
Pour ne pas sombrer davantage
Préservant l'essentiel
.
Tu n'en connais pas la teneur
Ne sais de quoi il en retourne
Tu tentes et c'est déjà beaucoup
.
Il y a toujours un jour d'après
Un jour léger d'avoir espéré
Derrière les portes fermées

*


Tu sais devoir aller contre les vents
Souquer ferme contre les courants
Te heurter aux murs des certitudes
Aux barreaux d'acier des prisons intérieures
User jusqu'à la corde tes rêves d'humanité
.


28 janvier 2015

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés

mardi 21 avril 2015

Etat chronique de poésie 2451





2451

A l'aube bleue d'où les mots jaillissent
En petits papiers perdus
Sur les grèves de l'espoir
Il n'est plus de prison où murer nos rêves
.
A l'aube bleue vous nous avez tout donné
Nos mots et nos histoires
Jusqu'au mot espoir
Ecrit en lettres d'or sur les temples
.
A l'aube bleue m'en vais suivre vos pas
Sur le sable des souvenirs
Sur la terre de nos mémoires
Ouvertes à nouveaux sentiers
.
A l'aube bleue me souviens
Reviens au pays d'où les rêves
Emergent en la houle des poèmes
Pour signer l'acte d'une renaissance

*

Qu'il faut en avaler de couleuvres
Avant que peuple enfin debout
Boute hors de sa vue
Tyrans et corrompus
.
Lorsque pensées infiniment ressassées
Ne vont qu'à sens unique
Ne vont qu'à sens inique
Les rêves en berne
Suivent la pente des soumissions
.
Heureux dès lors
Celui qui se lève
Et jette le gant de la revanche
Au faciès des veules pouvoirs

*


Un peuple debout
Qui danse dans la nuit sans fin
Qui ouvre des portes d'avenir
A l'espérance possible
Est un peuple libre
.
Mais regardez donc ce qu'il faut de mépris
Ce qu'il faut d'échecs et de revers
Avant que libre il invite Europe en sa ronde
.


27 janvier 2015 

© Xavier Lainé, février 2015, tous droits réservés