mardi 31 mars 2015

Etat chronique de poésie 2438





2438

Je suis tibétain depuis des lustres
Parfois même chinois mais pas du bon côté
.
Je suis palestinien depuis encore plus longtemps
Mais aussi juif lorsque celui-là paie pour notre inculture
.
Je suis syrien c'est sûr mais côté dictature assassine
Je suis irakien depuis les premières bombes sur Bagdad
.
Je suis russe dans des camps de Sibérie
Ukrainien mort sans trop savoir pourquoi de balles fascistes
.
Je fus chiliens de la première heure mort sous les coups
Grec à l'heure des colonels mais aussi de la Troïka
.
Je suis basque au fond des cachots du post franquisme
Je suis espagnol stupéfait devant les lois liberticides
.
Je suis américain du côté misérable d'un new deal éreinté
Je suis indien des deux Amériques survivant du génocide
.
Je suis haïtien debout sur les ruines héritier de Toussaint
Je suis bengali sous les décombres des nouveaux esclavagistes
.
Timidement je l'avoue devant les ruines de ce monde
Je m'avoue un peu Charlie 
Et surtout pigeon chiant sur les costumes

*

J'voudrais embrasser la terre entière
Ne laisser personne sur le bord de la route
Panser toutes les plaies
Rassurer tous les paumés
.
J'voudrais faire une farandole
Qui d'amour embrasserait l'horizon
Enflammerait chaque cœur
D'une étincelle de bonheur
.
J'voudrais avoir les bras assez vastes
Pour contenir toutes les femmes
Bercer tous les enfants
Lancer petits signes de tendresse
Aux vieillards oubliés
Dans nos vies sans boussole
.
J'voudrais savoir vivre en humain
.


13-18 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

lundi 30 mars 2015

Etat chronique de poésie 2437





2437

Puisqu'il faut toujours un lendemain à l'histoire
Et que chacun rentré dans ses pénates
Aura souci c'est sûr désormais
De changer les bases
Changer de vue
Changer de vie
.
Puisque ce n'est pas tout de marcher
Encore faut-il savoir à peu près
Vers quoi et pourquoi suivre le chemin
C'est beau un peuple réuni
C'est moins beau que naïf il tombe
Entre les griffes des bonimenteurs
.
Puisqu'il faut toujours en revenir
De ces sommets de fraternité
Provisoires et éphémères instant
Qui font regarder un peu devant
Puis vite rentrer au bercail
Des désillusions mortifères
.
Puisqu'il faut redescendre des nuées
Reprendre le collier de chaque jour
Puisqu'il faut vivre et s'accommoder
Des restes et des séquelles
Tandis que devant vont en costume sombre
Les législateurs de nos déchéances
.
Puisque main dans la main ils avançaient
Savaient très bien où mener la foule
Inévitable foule compacte en mal de père
En mal d'avenir et de pensée
Si prompte à confier son destin
Aux mains crochues
Des soutiers du capital
.
Puisque toujours il faut un lendemain à l'histoire
Et que chacun rentré dans ses pénates
Devant le poste qui lave plus blanc
Attendra que ça change
Sans un geste sans un bruit
Pieds au chaud dans ses pantoufles

*

Voici donc le pire
Lorsqu'à l'affolement succède le quotidien banal
.


12-18 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

dimanche 29 mars 2015

Etat chronique de poésie 2436





2436

Regarde un peu et vois donc
Dans les traits de l'homme fatigué
Toute l'histoire d'un monde perdu
.
Quelque chose est brisé
Saurez-vous inventer la colle
Le pansement sur la plaie
.
Avant qu'il soit trop tard
Saurez-vous aussi nombreux
Prendre le chemin de l'étranger
.
Car c'est lui qui vous montre le chemin
C'est lui qui est parti depuis si longtemps
Toujours chassé toujours honni
.
Regarde un peu et vois donc
Dans les traits de l'homme épuisé
L'histoire d'un monde à reconstruire

*

Si les fondations étaient d'amour
Les couronnes seraient de cœurs tressés
La vie palpiterait en ses veines
Le monde serait humain
Petit sourire aux lèvres
Rêves déposés à l'infini de ses surprises
.
Je t'invite
Ami de rencontre
Puisqu'ici tout demeure à inventer
D'un horizon à l'autre
.
La vie nous attend
Tissée en silence et musiques absolues
Elle frémit de nos attentes vaines
Elle nous regarde debout sur ce quai
Puisque nous sommes en éternel voyage

*

Tellement absent que je reste sur le seuil
Pour ne pas déranger tes utopies
Tes rêves d'amour absolu
Ta tendresse apeurée de mes silences
.
Je veille sur tes rives 
J'avance dans le crépuscule
.


11-16 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

samedi 28 mars 2015

Etat chronique de poésie 2435





2435

Entendrez-vous l'appel vous qui marchiez
Ou demain serez-vous rentrés dans vos pénates
Absent à ce qui est de la fabrique de violence
.
Entendrez-vous parler d'égalité vous qui marchiez
Puisque désormais vous voilà tous frères
Nous voilà par la force des choses
.
Entendrons-nous l'appel des morts de froid
Des morts de faim comme des morts de plume
Grelotant dans nos oublis de lendemains qui déchantent
.
Il serait temps de ne plus s'asseoir ni se coucher
De prendre la parole pour ne plus la lâcher
De se parler de s'écouter puisque le chemin est ouvert
.
Ne rentrez donc pas chez vous vous qui marchiez
Et vous qui ne marchiez pas sortez vos regards
Ouvrez vos yeux sur la merveille d'être Hommes
.
Ne rentrez pas chez vous et vous sortez
Et marchez à votre tour chasser les corbeaux
Qui croassent encore sur nos plaines
.
Sortez donc tous et regardez les plumes voler
Ecrire dans le ciel le doux mot d'égalité
Le seul qui vaille au soir des orages
Une fois la stupeur passée

*

N'ayez crainte de ne point savoir
Où le chemin vous mène
Fiez-vous pour une fois
A votre boussole intestine
Qui vous dit le vrai et le juste
Où vos pensées vous en détournent
.
Avancez
La voie est libre
De mains en mains
Transmettez le relai
Fructifiez vos idées
Dans le pot commun de vivre
.
Dispersez vos pensées
Jusqu'à l'ivresse de vivre
.


11-12-14 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

vendredi 27 mars 2015

Etat chronique de poésie 2434





2434

Taisez vous donc
Vous qui hier attisiez la haine
Réduisiez jeunesse à l'horizon fermé
De vos sinistres calculs
.
Taisez-vous donc fauteurs de guerre
Guerre sociale au nom d'économies
Privatisées entre mains tortionnaires
Vous n'avez pas la parole
.
Taisez-vous donc gens de pouvoir
Gens de sombres stratégies
Où l'homme n'est qu'un chiffre
Sur la liste tragique de vos méprises
.
Taisez-vous donc dirigeants du monde
Vous qui avez abreuvé les monstres
Au lait empoisonné de vos mamelles
Hideux appendices de votre histoire rance
.
Taisez-vous donc sinistres gredins
Disparaissez de notre paysage
Où unis nous aimons vaquer
A nos paroles d'avenir
.
Taisez-vous donc pour une fois
Taisez-vous et laissez parler les morts
Ecoutez donc ce qu'ils disent
En riant de vos piteuses pantomimes
.
Taisez-vous donc tristes sinistres
En vos sinistères sans âme
Contentez-vous d'observer
Votre indifférence crasse
.
Taisez-vous et admirez en quelle tragédie
Vous jetez peuples et jeunesses
Prompts dès lors à se jeter sans conscience
Aux mains crochues des monstres subventionnés
.
Taisez vous donc
Vous qui attisez la haine chaque jour
Réduisez jeunesse à l'horizon fermé
De vos sinistres calculs
Derrière vos murs et vos cuirasses
.


11 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

jeudi 26 mars 2015

Etat chronique de poésie 2433





2433

J'n'ai plus 20 ans mais toujours mes illusions
Elles sont ma branche où m'accrocher
En l'hiver des temps sombres
.
J'n'ai plus 20 ans mais toutes mes illusions
Elles sont mon radeau où m'reposer
A l'heure des naufrages programmés
.
J'n'ai plus 20 ans j'me cramponne
A mes illusions d'hier d'aujourd'hui
De toujours car sans elles je crève
.
J'n'ai plus 20 ans j'm'attache à mes rêves
J'm'en vais le nez en l'air sous une pluie de balles
Même pas mal puisque d'illusions j'avance
.
J'n'ai plus 20 ans, plus toutes mes dents
Mais toujours mes rêves et mes pavés tout chauds
Pour les matins d'amertume et de café amer
.
J'n'ai plus 20 ans ha comme ils aimeraient
Que j'n'ai plus non plus d'illusions
Et que j'aille marcher avec les fossoyeurs
.
J'n'ai plus 20 ans c'est sûr mais mon âme
Elle est restée là-bas où nos rêves voguaient
Sur des rives de Seine au fil des flots ardents
.
J'n'ai plus 20 ans c'est vrai mais toujours
Toujours un drapeau rouge en tête
Rouge du sang des sacrifiés des bannis
.
J'n'ai plus 20 ans mais toujours mes illusions
Elles sont ma branche où m'accrocher
En l'hiver des temps sombres
.
J'n'ai plus 20 ans mais toutes mes illusions
Elles sont mon radeau où m'reposer
A l'heure des naufrages programmés

*

Vous ne pourrez jamais rien
Contre le stylo de mon coeur
Celui qui écrit en lettres de sang
Sur le clavier des espérances
La force de nos utopies
.


10 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

mercredi 25 mars 2015

Etat chronique de poésie 2432





2432

Voilà
C'est tout
De la musique et des pleurs
Et la nuit immense
Sur nos têtes ébranlées
.
Voilà
C'est tout
Même pas le silence
Trop douloureux le silence
Sidéré silence
.
Voilà
C'est tout
Et c'est bien mieux que tout
Que surtout les discours
De ceux qui hier
Lançaient les bases
Du crime odieux
.
Voilà
C'est tout
Un peu de musique
Et beaucoup de temps
Pour tenter de comprendre
Comment ils en arrivent là
Pauvres gosses fauchés
D'un temps sans avenir
.
Voilà
C'est tout
De la musique et des pleurs
Et la nuit immense
Sur nos têtes ébranlées

*

Puis un grand vent
Pour balayer le ciel
Faire place nette
Aux belles âmes envolées
.
C'est un matin d'après
Sang et sang et sang
Plus que sang sur des lèvres d'aurore
Plus que sang puisqu'hommes ne sont plus
Plus qu'ombre aux matins d'amertume
.


10 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

mardi 24 mars 2015

Etat chronique de poésie 2431





2431

à Cabu, Charb, Wolinski, Tignous et les autres
.

Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Ne pas tomber dans cette poubelle
Où des hommes précipitent d'autres hommes
Dès lors qu'ils ont décidé de ne pas en être
De n'être que lâches et criminels
Tuant leur dieu autant que leurs victimes
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Crier tant que mots peuvent se faire armes
Armes innocentes et crayons d'avenir
Pour ceux tombés au combat d'être humains
Avant tout être humains si possible encore
Pour ne pas tomber plus bas et plus vil
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Ecrire sans haine qu'un crime ne peut pas nous corrompre
Ne peut pas nous dévier du droit fil de demeurer humains
Et solidaires en humanité par delà nos croyances
Par delà nos errances nos richesses ou notre pauvreté
Ne pas tomber dans les poubelles de l'histoire
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Croire encore qu'un mot un seul est plus fort
Plus fort que tous les crimes
Plus fort que toutes les violences et les haines
Que l'art peut encore nous sauver
De ce chaos où les tyrans de pacotilles
Lâches et sombres imbéciles sans foi ni loi
Voudraient nous tirer à balles perdues
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Surtout ne pas sombrer
.
Parce qu'il ne faudrait pas que vous soyez tombés pour rien
Et que sombrer serait le pire des enterrements
Car ce serait le nôtre qui viendrait derrière
Avec cercueil pour toutes nos libertés
Ne pas sombrer pour que votre rire résonne longtemps
.
Calme et sérénité
Ne pas sombrer
Puisque notre dignité sera plus forte
Plus forte que toutes vos misérables manipulations

*

Survivre au désastre
Survivre
Puisque pas d'autre issue
Pas d'autre alternative
Que survivre
.
Tenter de raison garder
Lorsque tout résolument
S'y oppose
.
Ne rien lâcher de ce fil
Ténue rampe lentement posée
Une vie durant
Sur le chemin périlleux d'exister
Sans trop nuire ni trop faire souffrir
.
Voyez donc ce qu'est ce temps
Qui hier déposait ses vœux
Sous le gui de la malchance
Pour dès le lendemain se réveiller
Avec gueule de bois d'avoir trop
Trop rêvé trop aspiré à
Mais à quoi
.
A quoi désormais puisque
Aveuglés sont quelques fous
En territoire de déraison funeste
D'où seule la chance de bonne fortune
Permet de s'extraire vivant
Tandis qu'en dessous on s'entretue
Entre deux étages où se proclament
Croyances aveugles et idéaux rances
.
En la demeure est le péril qui jaillit sans prévenir
.


8 janvier 2015 

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

lundi 23 mars 2015

Etat chronique de poésie 2430





2430

Il faudrait cette légèreté aigrelette
D'une flûte envolée en l'air froid
Un petit matin morose
.
Pas grand chose à dire de nos errements
De ces délires qui font de l'autre
De l'étranger du pas comme nous
L'objet de toutes les attentions
En territoire de stupides inféodés
Aux idées noires répandues comme traînées
En cervelles lavées d'infects divertissements
.
Il faudrait cette légèreté aigrelette
D'une flûte envolée en l'air froid
Un petit matin morose
.
Puisque tout va toujours de travers
Que le plus simple semble désormais exclu
Au même titre que ces autres stigmatisés
Que tout un chacun est appelé à rejoindre
Lorsque vindicte et ostracisme en auront fini
Avec les uns qui sont d'ailleurs
Avec les autres mécréants
.
Il faudrait cette légèreté aigrelette
D'une flûte envolée en l'air froid
Un petit matin morose
.
Et puis oublier la honte d'être de ce temps
Quand tu as tant oeuvré à en voir un autre
Emerger en lieu et place d'obscures manoeuvres
Plus rien désormais ne t'attache à celui-là
Qui fait de tes amis même et sournoisement
Les véhicules du fiel et et du lisier
Jusqu'en ta demeure
.
Il faudrait cette légèreté aigrelette
D'une flûte envolée en l'air froid
Un petit matin morose

*

C'était calme juste avant tempête
Petite vie rétrécie avant la tourmente
Une guerre se mène par delà les guerres
Qui emporte âmes et esprits
Dans le sillage des morts
.


7-8 janvier 2015

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés