samedi 28 février 2015

Etat chronique de poésie 2411

2411

J'ouvre les portes du jour
Bien avant qu'il ne s'éveille
S'approche sur son nuage
Le temps rêvé d'une enfance
.
Lumières vous dis-je
Allumez les lumières
Fructifiez vos lumières
Celles qui vous poussent
En dedans à rayonner
Un peu beaucoup
Avec passion
.
Qu'est besoin de vitrines
Pour dire un je t'aime
Sous le gui de l'an
Qui s'écoule imperturbable
.
Lumière vous dis-je
Rallumez les lumières
Ne laissez pas s'éteindre
L'art d'être en dedans
A l'unisson de vos oeuvres
Délaissez donc les basses
Et fructifiez en hauteur
.
Nul rêve ne s'accroche
En petites boules dorées
Aux branches d'une vie
Délaissée à d'autres mains
.
Lumières vous dis-je
Allumez les lumières
Fructifiez vos lumières
Celles qui vous poussent
Celles qui vous bousculent
Qui vous font meilleurs
Dans le petit secret d'aimer

*

J'ouvre donc les portes du jour
Met le pied dans l'entrebâillement
Pour que jamais ne se referme l'histoire
.
Pour que jamais ne se referme notre histoire
Celle d'hommes et de femmes détournés sans cesse
.


21 décembre 2014 

© Xavier Lainé, janvier 2015, tous droits réservés

vendredi 27 février 2015

Etat chronique de poésie 2410





2410

Ainsi donc me pliais
Aux vœux d'une belle âme
Qui me laissa brûlant
De lui baiser les lèvres
Mains affolées
Délivrant du carcan d'un caraco
Les seins ardents
Et la peau de velours
.
Ce fut de flamme
Que j'avançais
Dans le crépuscule
Mes lèvres auraient embrassé
Des constellations de rêves
Pour un instant damné
En tes bras imaginés
.
J'allais de mon pas
Somnambule à ce qui est
Funambule du désir
Sur le fil de ta beauté

*


Sauras-tu un jour
Ce que la seule perspective
De ta nue beauté
Offrait à mes rêves
.
Saurais-tu un jour
Démêler l'écheveau
De cette tension sourde
Lorsque ton silence venait
En réponse à mes inquiétudes
.
Je suis las
Las de vivre

*

Las de vivre sais-tu
En ce monde qui ne sait
Dégrafer un corsage
Qu'en viles impostures
Qui ne sait la subtilité
Ni le souffle court
D'un amour sans mauvais fard
D'un désir qui soit partage
Entre deux coeurs attentifs
.


20 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

jeudi 26 février 2015

Etat chronique de poésie 2409





2409

Lors me suis endormi
L'enfant auprès de moi
Posait sa tête menue
Au creux de mon épaule lasse
.
Lors se tournait et se retournait
Avant de prendre distance
Me laissant un livre à la main
Rêvant sur cette lettre
Qu'une inconnue adressa
A son amour
.
Savait-elle
L'inconnue
Qu'en ses heures de crainte
Mon âme éperdue
Viendrait à sa rencontre
Soucieuse de la sauver
Du trépas indifférent
Je ne sais
Je ne sais ni veux
.
Plus tard dans un soupir
L'enfant se retourna
Me laissant indécis
Livre pantois
Théophile à la main
Repartais en mes rêves
De doux minois
De tendres causeries
De badinage aimable
Devant l'âtre brûlant


*


Ainsi donc me pliais
Aux vœux d'une belle âme
Qui me laissa brûlant
De lui baiser les lèvres
Mains affolées
Délivrant du carcan d'un caraco
Les seins ardents
Et la peau de velours
.
J'allais en l'heure qui suit
Délivrer mes rêves en la clef d'une page
.


20 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

mardi 24 février 2015

Etat chronique de poésie 2408





2408

Lorsque crépuscule s'en vient
Mes idées planent et voyagent
Franchissent le mur impénétrable
Des songes doux et tendres
.
Le jour s'efface sous les pas de la nuit
Lentement m'en vais rejoindre l'autre territoire
Où vont les âmes enlacées
.
Lorsque crépuscule s'en vient
A pas de loup et ailes déployées
Je rejoins le territoire des ombres

*

Nuit tendue d'enfant malade
Rêves peuplés de fantômes
De rencontres et d'espoir
.
Ce qui reste matin
Scintille d'étoiles vives

*

Fut-il un temps où la connaissance soit partagée
Fut-il seulement un moment qui ne cherche
A en défaire le cours pour mieux satisfaire
Aux pauvres soifs de domination et d'oppression
Que nous le saurions
.
Que nous le saurions
Si n'était notre besoin et notre soif immense
D'une liberté jamais acquise et toujours à inventer
C'est de la résurrection de notre devoir d'Hommes
Qu'il s'agit de causer aux souterrains actifs
Où demain comme hier nous devrons loger
Le travail de nos espérances un moment ébranlées

*

Que faire encore
Qu'écrire et que dire
Sinon crier
Hurler à la mort
Inviter tempêtes
Eclairs et nuées
Convier les plus dignes colères
Au banquet de nos résistances
.
C'est un flot impétueux
Qu'il nous faut déclencher
.


20 décembre 2014 

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

lundi 23 février 2015

Etat chronique de poésie 2407





2407

Me voilà de la nature des absents.
Le temps se fait court.
Pas un mot ne filtre entre les lèvres serrées du petit jour.
.
Me voilà de la nature des absents.
Les heures me font la tête, résistent à ma soif.
Les mots s'épuisent à gratter au bois de la porte.
.
Me voilà de la nature des absents.
Je sais ne trouver aucun bras où demeurer apaisé.
Troublé j'avance au brouillard de vivre.
.
Me voilà de la nature des absents.
De mes ongles je grave mes ultimes espérances.
Sur les brumes denses de nos hivers.
.
Me voilà de la nature des absents.
J'avance lèvres serrées sous l'effort de vivre.
Balbutie quelques rêves tendres juste avant de m'effacer.

*

Ce serait une bien belle tentation
De ne pas tenir comme tant savent le faire
Les promesses d'hier
.
Répondre au feu qui brûle
Par une flamme en retour
.
Suivons donc le chemin du souvenir
Emu il serpente au secret des soupirs
Frappe à la porte du coeur
S'introduit par la fenêtre
Lorsque les mains tardent
A pousser le loquet des mots
.
Je demeure en l'absence
Puisque tel est mon engagement
Puisque seule la distance
Rapproche les êtres
Blottis dans le silence
Des promesses d'hier
.
Laissons donc le feu couvert
Sous la douce caresse
D'un vent complice
Ouvert à nos menus caprices
.


19 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

dimanche 22 février 2015

Etat chronique de poésie 2406





2406

Je pourrais aussi un jour
Me taire
Ne plus laisser filtrer un mot
Par peur de ma subjectivité
.
Plus un mot donc
Qui dépasse de la norme
Il faut de l'harmonie
En ce monde policé
.
Vivre en subjectif
Ce serait une insulte
A la science
Sans conscience
.
Mais au fait en ai-je
Qui sache marcher
Dans les limites
D'une bienséante harmonie
.
Que nenni ma conscience
Se trouble et s'emporte
Dans le carton des plats tout prêts
Comme pizza de l'homme pressé
.
Je pourrai donc un jour
Fort bien
Ne plus rien dire
Pour éviter la fatwa
Des objectifs
.
Ailleurs on appelle au meurtre
Voire même on tue
Pour la liberté de se conjuguer
Au parfait du subjectif
.
Ici non
Ici on discute
Pour te prouver que tu n'es pas
Du bord des objectifs
Que ta subjection
N'est qu'erreur en deçà
Mort au-delà
.
Dès lors je pourrai
Apprendre à ne plus rien écrire
De peur de cette vague
De subjectivité qui me harcèle
Et qui se fait poème

*

Puis vient le crépuscule
La tendresse aurait-elle su attendre ?
Ou
Désespérée
Est-elle allée voir plus loin
D'autres esprits moins préoccupés ?
.
Puis vient le crépuscule
Les mots se traînent
En la nasse des fatigues
.
On se prend à rêver
D'un élan de folle douceur
De bras tendres
De lèvres avides et de coeurs battants
Juste avant de sombrer
Sous le regard complice des étoiles
.
Puis vient le crépuscule
Sur le rendez-vous manqué
Et l'espoir qui palpite au coeur latent

*

Sans attendre tu vas
Cueille mille soleils
Aux champs des cœurs ouverts
.
Tu chantes à voix couverte
L'hymne d'un temps à inventer
Où âmes errantes
S'inventeraient des mondes
.
Sans attendre tu cueilles
Jeune beauté sous les étoiles
Alanguie aux bras des soupirs
.
Lorsque la nuit s'approche
A pas feutrés tu rêves
De doux enlacement
Sous leur regard complice
.
Un rien vient qui t'affole
.


18 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

samedi 21 février 2015

Etat chronique de poésie 2405





2405

Nous irons jusqu'au bout du quai
Dans un petit mouvement de main
Dirons adieu à tout ce qui était
Une fois les lumières éteintes
Sur la dernière scène
L'ultime musique
La danse invisible
.
Nous irons jusqu'au bout de cette nuit
Regarderons d'un oeil incrédule
S'éloigner nos derniers rêves
Nos ultimes ballets
Nos invisibles symphonies
.
Nous irons jusqu'au bout de ce déchirement
Lorsque plus rien ne trouvera grâce
Aux yeux avides repus en leurs coffres
Il n'y aura plus ni poésie ni théâtre
Une fois leurs appétits comblés
Ne laisseront pour tout souvenir
Que ruine d'un temps sans mémoire
.
Assis au bout du quai
Les dernières fumées évanouies
Nous devrons réapprendre
Le langage de l'amour
Le geste de beauté
Qui sache nous remettre debout
Une fois nos libertés transmises
Aux souterrains de nos clandestines pensées

*

Lorsque nos musiques et nos danses
Nos poèmes et nos œuvres
Ne sauront plus trouver
De lieu où se déployer
Au grand jour de la liberté
Nous irons en semer les germes clandestins
Dans les sous-sols où se réfugie
L'art d'être encore humain
Lorsque barbarie s'en vient
Sous couvert de grandes fortunes
.
Lorsque le papier même
Nous sera interdit
Il faudra nous couper la langue
.


17 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

vendredi 20 février 2015

Etat chronique de poésie 2404





2404

Ouvrir ta porte
Aux nuées tendres
Aux petites larmes de bonheur
Laisser tendresse entrer
Aux matins de brume
.
Serrer les rêves
Entre deux bras hantés
De toutes les absences
Dans l'heure sans retour
Rompre avec douceur
Le silence complice
.
Une couverture de nuit
Etoiles posées au rebord
Où s'égrène nouvel art
De vivre autrement
Soulève le voile du jour
Offre douces harmonies
Aux rêves latents
.
Un enfant de lumière
Avance aux bras de l'aube
Délicat chemin à suivre
Qui ne suit aucun autre
Un enfant de lumière
Se penche sur le jour
En défait les brides
.
Un enfant de lumière s'avance
Déjà se penchent les flammes
Vacillantes dans le souffle
Où un à un s'égrènent
Les petits messages
Les petits mots doux

*

Ouverte la porte des rêves
S'élève grand vent insoumis
Sur la page d'un temps enragé
.
Que petite pluie s'en vienne
N'est que bienfait
Sur le front épuisé
Des luttes à peine germées
Il s'agit de croître et multiplier
.


16 décembre 2014 

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

jeudi 19 février 2015

Etat chronique de poésie 2403





2403

N'est aucun augure
Qui sache se pencher
Sur nos nuits étincelantes
.
Ici un crépuscule vient
Puisque désormais n'attendons
Aucune aurore joyeuse
.
Les augures parlent
Ne disent que banalité
Au lit mal fait d'un temps perdu
.
Ils disent en quels avaries
Vont nos chemins
Puisque sans boussoles allons
.
Toujours tirent rideau sombre
Sur nos yeux qui vacillent
Fatigués de survivre
.
N'est aucun augure
Qui sache ouvrir en nos nuits
La boite radieuse des rêves

*

Peut-être es-tu condamné
Damné poète du dimanche
A toujours errer
Au versant déprimé du monde
.
Tes yeux happés
Ne savent garder le bandeau
Ils voient
.
Chaque jour tu te mouches
Et tes narines ouvertes
Sentent
.
Tu évides avec adresse
Les bouchons de cérumen
Et tes oreilles entendent
.
Ce ne sont que folies
Purin et cris
.
Dès lors tu envies les insensibles
.


15 décembre 2014 

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés

mercredi 18 février 2015

Etat chronique de poésie 2402





2402

C'est tant nuit
Qu'il faudrait gros réveil
Pour mettre un terme enfin
A l'esclavage
Au joug de courtes pensées
Juste un souffle
Avant noyade

*

Je n'en peux plus de ne jamais fermer les yeux
Des cris dans la nuit d'un temps devenu aveugle
.
Je n'en veux plus de ces hurlements d'agonie
Et de mon constat d'impuissance soumise
.
Je ne veux plus qu'en un point de cette terre
Homme ou femme par mon silence complice
Vous creviez sous les coups de nos indifférences

*


Faut-il persister et signer
Avec arrêt de petite mort
A l'orée d'une vie peuplée
De mots tissés en vain
.
Penché sur ta jeunesse
Ebloui de si douce beauté
Reste le pas pesant
Au crépuscule de nos hivers
.
Un cri monte
En la nuit des tourments
Doigts sur le clavier
Du cœur tirent
Un à un
Les fils secrets
Où tant d'âmes pleurent
De ne point vivre

*


D'un doigt gelé
S'ouvre la voie
Des points d'interrogation
.
Qui ose se dire artiste
En est-il ou déjà s'en absente
.
Gagner sa vie c'est peut-être déjà l'avoir perdue
.


14 décembre 2014

© Xavier Lainé, décembre 2014, tous droits réservés