mardi 22 décembre 2015

Etat chronique de poésie 2663





2663

Si nos rêves jamais ne se croisaient
Si nos musiques respectaient les frontières étanches
Si nos langues demeuraient en leurs souches
.
Peut-être ne serions rien
Sinon solitaires agressifs
Perdus en ce monde qui change
Au bon vouloir de nos migrations
Au doux messages de nos métissages

*

De quoi oserais-je encore me plaindre
Je te lis
Tu écris
Incertain d'être en vie encore demain
.
Les bombes pleuvent autour de toi
La mort rode chaque nuit
Entre deux coupures de courant
A chaque barrage
Tu ne sais quelle prison s'ouvre
.
Tu écris
Chaque mot prononcé
Se fait linceul
Pour les morts de la veille
.
Tu écris
Avec les ruines d'Alep
Pour toute résidence
Juste avant qu'aient fuis
Les derniers survivants

*

Bien sûr
Ecrire devant l'âtre
Où s'animent flammes
Loin de l'enfer
Où tant se brûlent
.
Dès lors bien sûr
Ecrire pour oublier
Les longues litanies
Les infinies cohortes
Vouées à perpétuels exils
.
Juste écrire pour ne pas se taire
.


14 septembre 2015

© Xavier Lainé, novembre 2015, tous droits réservés

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