vendredi 23 octobre 2015

Etat chronique de poésie 2621





2621

J'voulais mettre un bon coup de pied
Dans la fourmilière des indifférences
Bien sûr pas toutes et tous
Dans le même panier
Y'a celles et ceux qui déjà ont fait
Bien avant que langues se délient
Que les yeux se décillent
J'voulais mettre un bon coup de pied
Dans la fourmilière des idées toutes faites
.
Remuer un peu l'humus de notre humanité
J'étais prêt à me poster seul avec mon gong
Du Tibet devant les portes où sont gravés
Trois mots "Liberté Egalité Fraternité"
J'voulais ouvrir mes mots aux passants
Qui regardent leurs pieds
Pour ne pas voir les mains tremblantes
Tendues devant sébile vide désespérément
J'voulais gueuler un bon coup
Pour ne pas poétiser en vain
.
Pour ne pas m'endormir sur mes lauriers
Vibrer dehors à l'unisson de mes pages
Qui ne jaillissent d'aucune tour
A l'abri d'un monde perdu
J'voulais et une poignée répond
Et c'est déjà beaucoup
Mais pas encore assez
J'voulais d'un mot faire ronde
Pour briser les chaines écoeurantes
Des paroles de fiel répandues
Aux écrans glauques de nos vies étriquées
.
J'voulais j'voulais et je vous vois approcher
J'peux rien faire d'autre qu'écrire
On n'se refait pas on poursuit sa route
Eternels réfugiés de nos rêves en partance
J'voulais vous ouvrir mes mots
Et chaud au coeur ouvrir ma porte
Un matin de presque automne
Pour que jamais l'hiver ne puisse triompher
De nos fous désirs d'humaine faim
Dame poésie se nourrit d'émotion
Mais puise ses vers dans la terre
Où l'homme naît Homme s'il sait tisser ses amitiés
.


3 août 2015

© Xavier Lainé, octobre 2015, tous droits réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire